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Pour une nouvelle alliance entre animaux, éleveurs et mangeurs !

Paul ARIES, Josef ZISYADIS, Jean ZIEGLER, Carlo PETRINI

L’année 2018 commence par un double signal.
La famine menace à nouveau presque un milliard d’humain.
Nous ne pourrons nourrir 8 et bientôt 10 milliards d’humains que si nous choisissons d’avancer vers une alimentation bonne, saine et juste, ce qui suppose déjà de nous prémunir de deux dangers relatifs à notre alimentation carnée.

Le premier danger serait de nous laisser imposer une alimentation toujours plus carnée, le second danger serait d’accepter les viandes artificielles issues des biotechnologies. Nous refusons ces deux aspects d’un même productivisme. Nous faisons, au contraire, le pari qu’il est possible de manger certes moins de viandes mais meilleures, car garantissant le bien-être animal, de bonnes conditions de travail aux éleveurs, aux salariés des abattoirs, et, le maximum de plaisir, de partage et de santé aux mangeurs.

Une alimentation moins carnée

La viande représente environ 50 % de notre impact sur l’environnement au titre de notre alimentation alors que son apport en nutriments est infiniment plus faible : le taux de transformation des calories végétales en calories animales est de 4 pour 1 pour la production de porc et de poulet et de 11 pour 1 pour le bœuf et le mouton. Toutes les viandes n’ont pas le même bilan carbone : il faudrait au regard de ce seul critère préférer le poulet au porc, le porc au mouton, le mouton au bœuf, le bœuf au veau. Le choix des viandes les moins nocives n’est, cependant, pas aussi simple au regard d’autres critères. Il faudrait, par exemple, préférer la viande de veau et de bœuf au porc et à la volaille, car ces derniers, omnivores sont des concurrents directs des humains alors que les ruminants, grâce à leur système de digestion, transforment des aliments grossiers à base d’herbe en protéines utilisables par les humains et ceci, sur des surfaces (plateaux montagneux, plaines inondables) où il serait impossible de réaliser du maraîchage ou des céréales. La viande de bovin est, en outre, beaucoup moins chargée en résidus de pesticides et de produits chimiques que les autres. La production de 1 kilo de viande de veau rejette, cependant, la même quantité de gaz à effet de serre qu’un trajet automobile de 220 kilomètres contre 30 km pour 1 kilo de porc. Pour une même surface, une alimentation végétale nourrit 30 personnes, une alimentation à base de viande, œufs, lait 5 à 10 personnes, et, si ce repas comprend surtout de la viande rouge, 2 à 3 personnes. Nous ne devons pas oublier, cependant, les services indispensables que les animaux d’élevage rendent en matière d’aménagement des territoires mais surtout de qualité des sols. Sans élevage, nous serions acculés à une fuite en avant vers toujours plus d’industrialisation et d’artificialisation agricoles.

Le piège des biotechnologies

L’autre grand danger est l’invention d’une agriculture sans élevage avec le développement de substituts industriels aux productions animale, qualifiées d’élevage « biotech ». Ces premières viandes artificielles pourraient être introduites sur le marché sous forme de carpaccio avant d’être commercialisées, dans dix ans, sous forme de morceaux produits in vitro. Cette solution présentée comme miraculeuse ne va pas sans menaces : produire de la viande artificielle entraînerait des coûts exorbitants, nécessiterait d’énormes quantités d’hormones pour favoriser la croissance et d’antibiotiques pour éviter les contaminations. Depuis le début du XXIe siècle, on ne compte plus cependant les brevets déposés pour produire de la viande soit par clonage soit en cultivant en laboratoire des cellules musculaires de poulet, de bœuf ou de porc, comme on le pratique, déjà, pour fabriquer de la fausse bière ou des faux yaourts. Les promoteurs de cette agriculture sans élevage se recrutent au sein des grandes firmes. La fondation Bill Gates soutient ainsi Beyond Meat et Hampton Greek Foods qui proposent, déjà, des ersatz de poulet sans poulet, de bœuf sans bœuf, des œufs qui n’en sont pas, etc.

L’alternative à ces deux dérives productivistes est bien d’inventer un nouveau mariage entre les humains et les animaux, les premiers donnant de bonnes conditions d’élevage et les seconds offrant leur viande, dans le respect de la chaîne alimentaire.

Paul Ariès,
politologue, auteur de « Une histoire politique de l’alimentation du paléolithique à nos jours », Max Milo, 2017.

Josef Zisyadis,
ancien député, Président de Slow Food Suisse, membre du Comité national suisse de la FAO.

Jean Ziegler,
ancien rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation, vice-Président vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
Carlo PETRINI, président de Slow Food international.

COMMENTAIRES  

20/03/2018 16:44 par Georges SPORRI

N’ayez pas peur : demain les pauvres mangeront des mouches et des vers et les riches des bonnes viandes bio ...

20/03/2018 19:13 par Xiao Pignouf

Une alliance entre mangés et mangeurs ? Ben voyons !

20/03/2018 19:19 par Paco

Après avoir dit beaucoup de choses navrantes voire fausses, à propos des vegans sur Libé (voir la réponse faite par Mr Mondialisation à cet article ), Paul Ariès continue dans son délire. Que ne ferait-on pour défendre son entrecôte frittes envers et contre tout, envers y compris la perspective imminente d’effondrement de cette civilisation !

Je suis par ailleurs très surpris que Jean Ziegler ait co-signé le présent papier, lui qui a passé je crois tant de temps à la FAO, et qui à ce titre sait à quel point, seule une agriculture destinée à une alimentation végétarienne aurait la capacité de nourrir équitablement les milliards que nous seront bientôt. Et encore faudrait-il que cette agriculture-là soit respectueuse de l’environnement, ce qui en effet est loin d’être gagné. A fortiori, l’élevage étant la première cause mondiale de déforestation, de pollution des eaux et des océans et d’asséchement des nappes phréatiques, je vois mal comment l’objectif d’harmonie avec le biotope pourrait être atteint dans l’hypothèse barbaque.

Là où ça devient pathétique c’est "un nouveau mariage entre les humains et les animaux". Tout de suite on imagine un beau ciel avec un arc en ciel en fond, surplombant une vaste étendue de prairie ou s’ébatte des animaux heureux. Il y a aurait un gentil boucher souriant, les veaux lui léchant la main, et en fond dans la brume rose, un bâtiment accueillant comme une arche de Noé (genre Titanic), surmonté d’une effigie indiquant "Salles des mariages" vers lequel convergeraient joyeusement des colonnes entières d’agneaux élevés sous la mère, de chevaux dont on a plus besoin dans les manèges et les haras, d’ânes, de poules de réforme, des vaches laitières, de chiens et chats (ben oui, allons jusqu’au bout !), de porcelets, etc..

Bref cet article a eu le don de me foutre en rogne. Jusqu’à présent je ne suis que végétarien, mais je crois que je crois qu’il va contribuer à me rendre antispéciste, au pire cannibale.

20/03/2018 22:07 par Xiao Pignouf

L’alternative à ces deux dérives productivistes est bien d’inventer un nouveau mariage entre les humains et les animaux, les premiers donnant de bonnes conditions d’élevage et les seconds offrant leur viande, dans le respect de la chaîne alimentaire.

Alors, celle-là, je dois dire, elle est corsée... Je suis pas en désaccord avec ce que tout l’article expose, mais cette conclusion, en sus du titre, fiche par dessus bord l’argumentation qui précède... Alors va falloir assumer d’être des viandards, y a pas mort d’homme comme dirait l’autre, au lieu d’essayer de promouvoir une vision selon laquelle les animaux seraient candidats au sacrifice pour finir en offrande dans notre assiette... c’est positivement et ridiculement new age...

Pour le reste, et c’est dommage, je dis d’accord : la nécessité d’offrir des conditions d’élevage qui joueraient sur la qualité de la viande, viande qu’il est urgent de consommer en bien moindre quantité, quoique je ne sois pas persuadé que cela règle en aucune manière la faim dans le monde, parce qu’à mon avis la bonne bouffe sera réservée à ceux qui ont la chance de vivre près des producteurs ou ceux qui ont assez de fric pour s’en payer. Le reste continuera à acheter les fruits pourris de Monsanto.

On peut en penser ce qu’on veut, mais l’une des clefs du changement de société voire de monde, particulièrement pour la civilisation industrielle, c’est le végétarisme, car il allie de façon radicale humanisme, protection de l’environnement et santé publique... Là où l’élevage à taille humaine tend à disparaître, il permettrait peut-être de concentrer les tirs de barrage vers les conglomérats agro-alimentaires dont le but ultime est de nous empoisonner à petit feu.

20/03/2018 22:46 par J.J.

Mes ancêtres étaient des chasseurs cueilleurs, je ne vois pas en vertu de quel ukase on voudrait me culpabiliser de consommer de la viande (avec modération).
Depuis que le monde existe, les carnivores et les omnivore ont consommé des nourritures carnées.
Les vegans, qui consomment ce qui leur plaît, et c’est leur droit, vont-ils condamner le chat de la voisine à brouter du ray-grass et à manger des carottes ?

20/03/2018 23:27 par Xiao Pignouf

@JJ

Je ne vois personne ni dans l’article ni dans les com qui cherche à vous culpabiliser de consommer de la viande.

Faudrait juste pas que les auteurs de l’article se fassent passer pour autre chose que de vulgaires consommateurs de viande en maquillant ça d’un délire babacool.

Comme vous le dites bien vos ancêtres étaient chasseurs cueilleurs, mais pas dans les rayons de supermarchés. Le fond du fond du problème n’est pas de consommer, mais de surconsommer en poussant les conditions de l’exploitation animale jusqu’aux extrêmes de la barbarie, ce qui devient discutable et qui est probablement à l’origine de l’émergence du véganisme... et d’un fort sentiment de culpabilité des mangeurs de viande qui pour certains confèrent à leur régime un caractère quasi politique.

Les végans dérangent parce qu’ils exposent des faits : l’exploitation animale et l’indifférence face à la souffrance incommensurable qu’elle provoque est une horreur absolue que l’on ne veut pas voir. Ce sont des lanceurs d’alerte, mais pour une cause encore largement inaudible : celle des animaux qui sont produits pour nos assiettes. Ce qui est d’autant plus bizarre, c’est que ceux qui se contrecarrent du destin d’un boeuf, d’un porc ou d’un poulet, sont les mêmes qui se scandalisent de voir qu’on bouffe les chiens ou les chats dans d’autres cultures...

21/03/2018 00:48 par Georges SPORRI

Mon vécu : j’ai acheté un sachet de couscous légumes marque " Jardin Bio " que j’ai cuit au micro ondes / Ce n’était pas mauvais, mais triste et ennuyeux comme la pluie de novembre en Lorraine ... Il me restait un sachet de lardons bio-équitables que j’ai frits et déglacés avec un mélange Xeres (95 %9 et balsamique (5%)... Cela n’était pas suffisant alors j’ai ajouté une pincée de piment d’Espelette . Je ne regrette rien ! Et mon adhésion au néo puritanisme alimentaire se fera après ma mort ( testamentaire ce truc ).

21/03/2018 07:05 par guy

@ J J
Mes ancetres étaient consanguins , je ne vois pas en vertu de quel ukase on voudrait me culpabiliser d’engrosser ma cousine ....

21/03/2018 08:50 par J.J.

Guy@
Mes ancêtres ont été consanguins parce qu’ils n’avaient pas le choix, et moi j’ai besoin de ma ration de protides animales. Je ne puis me satisfaire des mornes "steaks" végétaux, ça me rappelle les ersatz qui "enrichissaient" notre nourriture durant l’occupation.

D’autre part si l’on en croit certains historiens ou généalogistes, en remontant à l’époque de louis XIV, nous serions tous cousins, donc bon gré mal gré, l’hypothèse d’engrosser notre cousine n’est pas à écarter à priori.

A propos, quelle est l’action des vegans sur la question de la corrida, et de l’abattage rituel halal dont on parle, ou casher, dont on ne parle pas ?
Ce qui me dérange dans ce mouvement végan, c’est le côté sectaire et totalitaire qui en émane lorsque j’entends s’exprimer certains membres.
Peut être ceux ci trahissent-ils l’esprit du mouvement et peut être sont-ce les seuls à qui l’on donne la parole ?

La souffrance animale est certainement une réalité, mais avant de s’y attaquer, ne serait-il pas judicieux de militer d’abord pour l’amélioration des conditions de vie de nos malheureux frères humains qui tentent de survivre en Syrie, en Turquie, au Yémen et dans tant d’autres lieux. ?
Quelqu’un s’est-il jamais soucié du cri sourd du poireau que l’on arrache ?

« Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras ;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

21/03/2018 09:13 par pierre

@ JJ
le chat de votre voisine serait peut être concerné s’il avait transformé la pratique de la chasse en industrie destructrice de l’environnement, dangereuse pour la santé et provoquant inutilement une souffrance dont la majorité des gens n’ont qu’une vague idée tant qu’ils n’ont pas visionné les vidéos de L214.
Si le chat de votre voisine se nourrissait comme le font les consommateurs de viande industrielle il ne ferait pas de vieux os. En se référant aux animaux sauvages comme exemples, allez donc voir ce qu’est la vie d’un carnivore. Que serait votre alimentation si vous deviez la chasser ?

21/03/2018 10:25 par Assimbonanga

@Georges, il vous appartient d’acheter des saloperies de plats cuisinés. C’est pas parce que le commercial a eu la bonne idée d’y tamponner dessus les trois lettres BIO, que cela vous assure une conduite écologique. Les magasins, c’est du commerce, d’abord. Des petits malins qui s’engouffrent dans le bio par opportunisme, il y en a de plus en plus. Tous les ploucs s’y mettent dorénavant. Bientôt, ils seront plus savants que les pionniers des années 60 qu’ils ont fait chier tant qu’ils ont pu.

21/03/2018 10:35 par Assimbonanga

Cette phrase n’est pas possible ! Elle est bâclée : "les premiers donnant de bonnes conditions d’élevage et les seconds offrant leur viande, dans le respect de la chaîne alimentaire."
Aucun animal n’offre sa viande. C’est absurde. Du coup, cette phrase mal foutue fout en l’air tout le raisonnement.
L’agriculture peut être un compromis. Faire profiter toutes les parties de l’animal du beefsteak à la peau en passant par le suif, ce serait une logique si c’est dans un esprit de frugalité et de non gaspillage. Ce qui ne va plus du tout dans nos sociétés, c’est la déshumanisation, les échelles industrielles, les tueries de masse, les sociétés capitalistes transnationales basées sur le rendement.
Le groupe Doux est en passe d’être racheté par une société ukrainienne, une usine d’abattage et boucherie gigantesque, des patrons imbus d’eux-mêmes, de leur réussite, persuadés qu’ils détiennent la vérité. Voilà qui doit susciter notre préoccupation, l’existence même de ce niveau d’inhumanité.
J’aime mieux des semelles de cuir que des semelles de plastique. Et faire durer les chaussures jusqu’à usure. Comment les véganes s’accommodent-ils de cette ponction pétrolière et de ses pollutions ? Portent-ils des tongs ?

21/03/2018 10:54 par Assimbonanga

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l’autre non.
C’est de qui ces vers ?
Ferrat Bien sûr, la montagne.
Ils mangeaient des patates, des châtaignes, les légumes et les fruits de saison.
Mais la tomme de chèvre et le chevreau aussi.
Et la poule et l’œuf.
Et un cochon par an.
Comment auraient-ils pu faire mieux ?
Et si l’on s’en tenait à cette frugalité ce serait pas si mal.
Mais on mange des burgers emballés dans des cupules de plastique qui vont durer cent ans dans les décharges et les océans.
Sur l’autoroute, on s’achète son sandouiche végane et on se débarrasse du package sans y penser ?
Si on s’asseyait et qu’on réfléchisse au lieu de clouer au pilori un pignouf parce qu’il n’appartient pas à votre chapelle ?

21/03/2018 12:01 par Autrement

Jean-Jacques Rouseau raconte dans ses Confessions que la passion de la Justice s’est éveillée en lui lorsqu’il était tout jeune, au spectacle insoutenable d’un paysan qui frappait son âne (surchargé) jusqu’au sang.
Cet article veut simplement montrer que le respect des animaux (et des hommes par la même occasion) est incompatible avec l’élevage industriel tel qu’il se pratique dans le cadre de la seule recherche du profit.
Les brutes qui opèrent dans les abattoirs, selon la description lue dans un autre article, les montre pour ce qu’ils sont : de pauvres laissés-pour-compte eux-mêmes, incultes et barbares, incapables d’empathie et de respect du vivant parce que leurs conditions de travail les mutile et les abrutit (au sens propre).
Quant au titre, c’est une allusion heureuse.
La Nouvelle Alliance est un essai coécrit par Ilya Prigogine et Isabelle Stengers en 1978.
Wiki résume assez bien :

Une des thèses essentielles du livre est que les sciences et la culture sont en interaction. Les auteurs s’opposent aux philosophies qui parlent des sciences en rupture avec la culture, ou aux préjugés selon lesquels la science doit être protégée de la politique, de l’économie, de la philosophie.
Le sujet principal du livre est que nos idées sur la nature ont changé. Nous sommes passés d’un monde où la nature est comme un automate et où l’homme est placé en dehors, à un monde qui situe l’homme dans le monde. Prigogine et Stengers reprennent la thèse de Koyré selon laquelle c’est le dialogue expérimental qui constitue la pratique originale qu’on appelle « science moderne ». La science classique fut la découverte de la « stupidité » de la nature et engendra le désenchantement. Ses présupposés sont que le microscopique est simple. Le connaissant, on connaît tout l’univers, son passé, son présent, son avenir.
Or la science est devenue l’exploration locale et élective d’une nature complexe et multiple. Le temps n’est plus où les phénomènes immuables focalisaient l’attention. Aujourd’hui, ce sont les évolutions, les instabilités qui intéressent.

Les auteurs de l’article souhaitent eux aussi une "nouvelle alliance" (évidemment débarrassée du capitalisme prédateur et meurtrier), entre les hommes et leurs conditions de vie, et même de survie, dans la nature dont ils font partie.

21/03/2018 12:04 par Paco

@Georges SPORRI :
Nul aujourd’hui ne peut plus ignorer qu’il existe une gastronomie végétarienne tout à fait capable de rivaliser avec la "gastronomie traditionnelle". D’ailleurs beaucoup de recettes jusqu’au 20eme siècle, étaient essentiellement végétariennes. Prenez le couscous ou le tajine par exemple : on ne tuait au Maghreb ou au proche-orient une bête qu’en de très rares occasions au court d’une vie d’homme. Aussi votre "témoignage" en matière de végétarisme, quoiqu’assez burlesque, fait plutôt preuve de mauvaise foi.

21/03/2018 13:12 par Dominique

Jean Ziegler est un socialiste suisse. Pendant des années il a prétendu être copain avec Guaddafi et il est venu en direct à la télé suisse déclarer que Guaddafi était fou. C’était une semaine avant que l’Empire ne se rue à l’assaut de la Libye.

Josef Zisyadis est un politicien du POP (Parti Ouvrier Populaire) qui après être devenu millionnaire grâce entre autre à la politique a pris sa retraite. Maintenant il milite pour que les gens prennent le temps de manger lentement de la bouffe que beaucoup n’ont pas les moyens de se payer. Facile à dire quand on est blanc, européen et millionnaire !

Cela me rappelle la citation sur le socle de la statue de Pierre Vinet à Lausanne (un bourgeois local) : Le christianisme apporte la liberté. Facile à dire quand on est blanc, bourgeois et suisse.

21/03/2018 13:28 par biophil

Sans élevage, nous serions acculés à une fuite en avant vers toujours plus d’industrialisation et d’artificialisation agricoles.

euh… faudrait p’têt qu’ils s’informent un peu sur la permaculture ces politologues de bureau… et aussi qu’ils expliquent, par exemple, comment on pourra faire de l’élevage demain en Belgique sans importer du soja par convois de bateaux entiers, alors que nous sommes pas moins de dix personnes par hectare de terre agricole ???

les seconds offrant leur viande

J’imagine le tableau : vaches et moutons se pressant devant l’équarrisseur pour se faire égorger…braves bêtes, va !

21/03/2018 13:36 par J.J.

Pierre@ "Si le chat de votre voisine se nourrissait comme le font les consommateurs de viande industrielle il ne ferait pas de vieux os."

Ne vous en faites pas pour lui, c’est un dur à cuire ! Depuis le temps qu’on le nourrit de Ronron, il n’est pas encore mort !

21/03/2018 13:55 par Georges SPORRI

@Paco / Que penses tu à propos du poulet basquaise au piment d’Espelette, du foie de veau à la provençale, des tournedos grillés servis avec des courgettes et des oignons frits, des croquettes de viande à la niçoise servies avec une ratatouille, du bœuf bourguignon servi avec 1 ou 2 verres de Clos-Vougeot, de la saucisse de Morteau, de la dorade rose au vin blanc cuite au four avec confit d’oignons et de citron, des anchois grillés à 1500m d’altitude avec des brindilles de mélèze, du canard laqué pékinois, des merguez de chez Aït-Youssef, ...etc. ???

21/03/2018 22:17 par Xiao Pignouf

@Assimbonanga,

Je ne me suis pas senti clouer au pilori, mais c’est gentil, merci.

@George

Soyez pas si binaire, nul besoin de brandir un steak, il s’agit seulement de répondre à une absurdité citée dans un article. Pas de vous contester le moindre droit. Ne croyez pas que dès que quelqu’un refusant de se nourrir de viande s’exprime, c’est pour mépriser les carnivores. La paranoïa vous pousse à le penser mais, au bout du compte, c’est vous qui vous moquez du régime non carné, en faisant en plus preuve d’ignorance (et c’est normal) sur la question. Au lieu de respecter ce choix, vous essayez de le discréditer... et on entend de ces noms pour qualifier les vegans ! Néo-puritains ? Ayatollah du goût ? Terroristes ? Vous faites ça avec tous ceux qui n’ont pas les mêmes pratiques que vous ? Ah oui, c’est vrai, ce sont eux les empêcheurs de ripailler en rond... c’est que les poireaux et les choux-fleur, ça rend agressif.

@JJ

La souffrance animale est certainement une réalité, mais avant de s’y attaquer, ne serait-il pas judicieux de militer d’abord pour l’amélioration des conditions de vie de nos malheureux frères humains qui tentent de survivre en Syrie, en Turquie, au Yémen et dans tant d’autres lieux. ?

Les deux ne sont pas incompatibles, mais l’un possède une solution plus directe que l’autre, vous n’avez peut-être juste pas envie, donc prendre nos malheureux frères humains comme prétexte...

Quelqu’un s’est-il jamais soucié du cri sourd du poireau que l’on arrache ?

Et ça c’est du lourd comme argument.

21/03/2018 23:51 par taliondachille

Les végétaliens ne voient pas de problème à faire venir du soja et du quinoa sur 12000kms, produits par des esclaves qui ne choisissent pas ce qu’ils sèment et qui ne peuvent plus s’acheter ce quinoa devenu trop cher et qui était leur base alimentaire.
La majorités des paysans du monde utilisent la traction animale et ceux qui ne l’utilisent pas cultivent à la main.
Le fumier est le meilleur engrais bio qui soit.
Pour déplacer les paysans-éleveurs qui n’auront plus le droit de sévir sur leurs terres trop pauvres pour faire autre chose, il faudra détruire des terres agricoles pour les reloger.
La faim dans le monde : et si on arrêtait de bétonner à tout va, de chasser les paysans, de les pousser au suicide ? A voler leurs terres par millions d’hectares ? A faire des agro-carburants ? Des zones pavillonnaires monstrueuses ?

Sporri, tu fais chier, tu m’as fait saliver à 23h50

22/03/2018 09:50 par Assimbonanga

Je suis désolée du malentendu Xiao Pignouf, mais j’avais mis un pignouf, nom commun et non pas Pignouf vous. En fait, il me semble que chaque fois qu’on a un article signé Paul Ariès, c’est le bashing assuré pour lui. Il déclenche l’ire. L’est pas de la bonne chapelle.

22/03/2018 10:04 par J.J.

Asimbananga :Quelqu’un s’est-il jamais soucié du cri sourd du poireau que l’on arrache ?

Et ça c’est du lourd comme argument.

Certes, c’est un peu facile, mais j’ai vu pire et ce n’est pas parce qu’on traite d’un sujet sérieux que l’on est obligé de se montrer guindé, sérieux comme des papes (qui ne sont en réalité pas si sérieux que d’aucuns le prétendent, surtout quand ils s’amusent à faire des bulles ...).
Je n’ai d’ailleurs aucune confiance en les gens qui se croient importants parce qu’ils ne rient jamais, c’est pour ça que j’aime bien Théophraste.

22/03/2018 10:53 par Paul Ariès

Ce texte publié dans Libé était bien sûr une provocation... à penser qui a plutôt bien fonctionné.
Ce texte dans Libé sera suivi d’autres dont cette déclaration avec mes amis Jean Ziegler, Carlo Petrini et Josef Zisyatis.

Le véganisme n’est pas la poursuite du végétarisme/végétalisme avec simplement d’autres mots.
C’est ce qu’ignorent beaucoup de personnes de bonne volonté se disant végans/véganes.
C’est ce qu’ils cherchent à faire oublier en instrumentalisant la souffrance animale bien réelle.
Peter Singer, le penseur principal du véganisme, mange d’ailleurs de la viande élevée dans des conditions "humaines" (sic).
Le véganisme est la cache sexe du courant antispéciste.
L’enjeu est de remettre en cause la frontière entre humains et animaux en ne distinguant plus que des animaux humains et des animaux non humains avec des conséquences effroyables puisque c’est l’unité même du genre humain qui se trouve mise en cause. Un chien en bonne santé a ainsi plus d’intérêt qu’un grand handicapé, qu’un nourrisson...
Ce courant de pensée est conscient que supprimer la consommation humaine de viande serait une simple goutte d’eau (sauf à ne parler que de morale/moralisme ; ce que refuse justement les penseurs de l’antispécisme) dans le total de la prédation, c’est-à-dire de la chaine humaine. C’est pourquoi certains prônent de supprimer les grands prédateurs, de les rééduquer, pourquoi pas de les modifier génétiquement et de pleurer sur les gros poissons qui continueront à manger les petits.
L’antispécisme n’est pas une extension de la sphère de l’égalité mais le symptôme de sa crise.
C’est une posture paradoxalement anthropocentrique et de toute-puissance infantile
en imaginant par exemple de réduire drastiquement la prédation animale.
Je vous conseille de lire les Cahiers antispécistes, revue théorique de cette mouvance... Vous serez effrayés.
Je vous conseille de vous renseigner sur les attentats terroristes de l’ALF (Front de libération animale).. Vous serez aussi effrayés.
L’antispécisme est un utilitarisme (courant philosophique à la base du capitalisme et du productivisme).
Il le revendique haut et fort...et je comprends qu’il ait la haine de la logique du don et du contre-don.
Je suis aux côtés des éleveurs, des commerçants qui se font systématiquement insultés, menacés.
Le courant antispéciste est à l’origine de milliers d’attentats dont un cette semaine à Grenoble.
Les animaux n’ont rien à gagner à l’antispécisme. Les humains ont tout à y perdre !

22/03/2018 12:25 par Xiao Pignouf

Ce texte publié dans Libé était bien sûr une provocation

J’en suis baba, et l’utilité du truc, elle est où ? c’est proprement malhonnête.

Un chien en bonne santé a ainsi plus d’intérêt qu’un grand handicapé, qu’un nourrisson...

Allez, on peut essayer et avec beaucoup de précautions... autant d’intérêt qu’un grand handicapé (?), qu’un nourrisson (??)... et pourquoi pas qu’une personne, tout court ?

C’est pourquoi certains prônent de supprimer les grands prédateurs, de les rééduquer, pourquoi pas de les modifier génétiquement et de pleurer sur les gros poissons qui continueront à manger les petits.

C’est à mourir de rire... vous prenez les délires de certains dingos extrêmistes pour une généralité ? M. Ariès, soyez... comment dire ? Honnête ?

Je vous conseille de lire les Cahiers antispécistes, revue théorique de cette mouvance... Vous serez effrayés.
Je vous conseille de vous renseigner sur les attentats terroristes de l’ALF (Front de libération animale).. Vous serez aussi effrayés.
L’antispécisme est un utilitarisme (courant philosophique à la base du capitalisme et du productivisme).

Quel rapport avec le fond de votre article ? Pourquoi ne pas avoir aborder ce sujet de front, au lieu de tendre ce piège ?

Je suis aux côtés des éleveurs, des commerçants qui se font systématiquement insultés, menacés.

A ce compte-là, moi aussi. Ceux dont vous parlez sont une minorité furieuse, mais il existe, M. Ariès, un entre-deux (majoritaire, j’en suis convaincu) qui laisse les mangeurs de viande tranquilles, qui respecte les éleveurs et souhaite qu’ils aient de meilleures conditions de vie aussi. Jouer la comédie pour étendre votre apparente colère à l’ensemble des végétariens/végétaliens, c’est contre-productif.

Désolé, mais là, je ne vous suis pas.

c’est pour ça que j’aime bien Théophraste.

Oui, mais c’est parce qu’il est drôle, lui se renouvelle. Parce que la blague du poireau (ou de la carotte, c’est selon) qui crie quand on le coupe, elle est usée jusqu’à la corde.

22/03/2018 12:30 par Xiao Pignouf

@ Assimbonanga, y a pas de mal

il me semble que chaque fois qu’on a un article signé Paul Ariès, c’est le bashing assuré pour lui. Il déclenche l’ire. L’est pas de la bonne chapelle.

Je n’ai rien contre lui ni sa chapelle, et je crois bien que je n’ai jamais contesté ce qu’il dit, jusqu’à aujourd’hui.

Seulement faut pas raconter n’importe quoi et pire encore, venir après coup dire que c’était une perche tendue aux vegans...

22/03/2018 15:42 par J.J.

Xiiao Pignouf @ Les deux ne sont pas incompatibles, mais l’un possède une solution plus directe que l’autre, vous n’avez peut-être juste pas envie, donc prendre nos malheureux frères humains comme prétexte...

Hypothèse hardie et inattendue, mais moi je n’ai pas fait mes études chez les jésuites.

22/03/2018 18:11 par Xiao Pignouf

Je ne crois pas qu’il faille se jeter à la gorge des uns des autres. La controverse entre mangeurs et non-mangeurs se déroule entre les plus radicaux ou les plus médiatisés d’entre eux. On a tous autour de nous quelques amis végétariens et on ne se fout pas sur la gueule au moindre barbecue. Tout est généralement question de tolérance et d’organisation. Qui plus est, les motifs de changement de régime sont variés et pas toujours idéologiques.

On peut ceci dit discuter de la valeur d’une alimentation carnée alors même qu’elle n’entre plus dans les conditions de la survie. L’homo sapiens est omnivore, donc opportuniste, or où est l’opportunisme quand on slalome entre les rayons boucherie de notre supermarché ?

Donc, et Georges nous en a donné un bel exemple, manger de la viande n’est qu’une question de plaisir, non plus de besoin. J’émets cependant une réserve pour les enfants, auxquels je me garderais d’imposer un régime non carné, et je ne sais pas si la médecine s’est prononcée là-dessus.

Que l’on préserve nos éleveurs et nos petits commerces, oui, 100% d’accord, que l’on fasse notre possible pour qu’ils survivent avec dignité, itou. Pour que celles et ceux qui souhaitent manger de la viande puissent s’en procurer de bonne qualité. Mais ils disparaîtront (ils disparaissent déjà) si l’on ne s’attaque pas politiquement aux vrais problèmes : hyper-concentration des terres dans les mains de super-fermiers, dictature des grandes surfaces, FNSEA, Europe, herbicides, mondialisation et j’en passe. Sinon, c’est bien le véganisme qui sera un moindre mal nécessaire face à la généralisation déjà bien entamée des produits de merde, carnés ou non. Et là, cher Georges, vos enfants pourront toujours chercher un bon poulet ou de vrais anchois.

22/03/2018 21:35 par Paco

"Le courant antispéciste est à l’origine de milliers d’attentats dont un cette semaine à Grenoble." :
@Paul Ariès :
Pouvez vous citer vos sources ?
Qu’entendez-vous par "attentats" ?

22/03/2018 21:59 par Paco

"Que penses tu à propos du poulet basquaise au piment d’Espelette, du foie de veau à la provençale, des tournedos grillés servis avec des courgettes..." :
@Georges :
j’en pense certes que c’était succulent. Je n’en ai toutefois guère profité vu que chez moi on ne mangeait pratiquement ce genre de mets que les dimanches et fêtes. J’en pense après coup que c’était une autre époque : celle des nantis, des bourgeois, celle de l’occident colonial gavé, un autre temps, un accident de l’histoire.

22/03/2018 22:52 par J.J.

Xiao Pignouf @ C’est vrai que le coup du poireau, à premiére vue, il a l’air un peu ressassé. Cependant, à défaut de lire entre les lignes, il eût fallu savoir lire entre les mots. Pas forcément à la portée de tout le monde....

22/03/2018 23:18 par rafjan

Quelqu’un s’est-il jamais soucié du cri sourd du poireau que l’on arrache ?

"Et ça c’est du lourd comme argument."

Pas plus lourd que les végans qui refusent de consommer du miel pour ne pas exploiter les abeilles ou qui refuse le lombricompostage au nom de la liberté du ver de terre .

23/03/2018 06:57 par Xiao Pignouf

@Rafjan

Pas plus lourd que les végans qui refusent de consommer du miel pour ne pas exploiter les abeilles ou qui refuse le lombricompostage au nom de la liberté du ver de terre .

Oui, mais en quoi cela dérange-t-il vos principes ? En quoi cela vous pose-t-il un problème ? En quoi cela nuit-il aux abeilles ou aux lombrics puisque ceux-ci continueront à faire ce qu’ils font dans la nature ? Ce sont des choix militants qui, même s’ils peuvent paraître aux yeux de certains ridicules et loin de la réalité humaine, sont respectables.

23/03/2018 09:39 par J.J.

Je me suis modestement documenté sur le spécisme et l’antispécisme et à l’instar de Claude Nougaro, je trouve des arguments intéressants partout.
Quand certains prêchent pour que l’on reconnaisse la nature divine de l’homme (dieu a crée l’homme à son image...) je me sens très antispéciste.
Par contre, dans certains autres domaines, je ne suis pas l’idée.
J’appartiens moi même à une chaîne alimentaire, l’évolution technologique a placé l’homme a son sommet, ce qui n’est pas forcément une bonne chose et cela n’a pas toujours été le cas, dans des temps ou l’équilibre naturel était plus équitable.
Il faut accepter bon gré mal gré la situation. C’est une grand orgueil, une grande prétention que de penser que l’humain, malgré toutes ses techniques sophistiquées pourrait agir sur le cours de l’Evolution, sauf à provoquer des catastrophes.
Il est vrai que dans ce domaine aussi, il a acquis une grande maîtrise qui amènera peut être justement la fin de l’humanité.
Quant au poireau, personne n’a pensé que les végétaux font partie du vivant ?

Bine sûr, c’est une idée complètement farfelue, comme l’étaient le spécisme et l’antispécisme il y a un siècle....

23/03/2018 11:11 par Assimbonanga

Pour un jeune de notre époque, protégé, repu, la conscience des méfaits qui se déroulent dans les abattoirs force à réfléchir sur la mort et la souffrance des animaux C’est traumatisant. De là à extrapoler sur les limites, le miel, le lombricompostage : ok. Mais cela nous mène à l’intégrisme, à force.
Y a des limites et à certaines époques, les gens sont perturbés et ont du mal à savoir où elles sont. Si on ne mange plus ce que la nature produit de vivant, que pourra-t-on manger ? Et de quoi se vêtira-t-on ? De produits pétroliers ? Non, là, on arrive au non sens. Je retourne en cuisine.

23/03/2018 11:39 par Assimbonanga

Est-ce acceptable ? Michelle Tironne a-t-elle le droit d’exploiter ses chats pour de la propagande ? Est-il normal cet endoctrinement ? Comment se permet-elle de prendre la parole à leur place ? Je vous laisse seuls juges face au scandale : https://www.youtube.com/watch?v=3Q0JZo1cKQA

23/03/2018 15:45 par rafjan

@ xiao pignouf
Oui, mais en quoi cela dérange-t-il vos principes ? En quoi cela vous pose-t-il un problème ?

Que connaissez vous de mes principes ? Je suis quasi végétarien, il m’arrive de bouffer des grillons ou des vers de farine grillés et quand je suis invité je ne fait pas chier mes potes, ce midi je me suis fait un burger à base des déchets secs de mes laits végétaux, bref je suis loin du viandard, alors le problème c’est que ce genre de caricature ne me permet pas d’affirmer sereinement certains de mes principes .

23/03/2018 22:55 par Xiao Pignouf

@Rafjan

C’est justement ce que vous ne voyez pas : je n’ai que faire de vos principes, de votre régime, que vous mangiez de la viande ou non, que vous soyez ceci ou cela, comme vous le dites à demi-mot, je ne vous connais pas, que pourrais-je alors conclure ? Rien. Il en est de même pour les personnes dont j’entends qu’elles font des choix alimentaires, agricoles ou idéologiques qui ne me viendraient pas à l’esprit. Du moment que cela ne fait de tort à personne, qui serais-je pour m’y opposer ? Dans ce que vous dites, la seule ouverture serait de débattre de la valeur qu’on donne à la vie de certains êtres vivants qui nous sont d’apparence bien inférieurs... En ce qui concerne les abeilles, elles sont pas trop mal placées dans la hiérarchie que notre espèce attribue au vivant... Eh, le lombric a le handicap de son physique mais il est bien utile ma foi, ceux qui ont un potager en savent quelque chose.

C’est vrai que j’ai utilisé le terme viandard au début de ce post, mais à mauvais escient. Je ciblais d’abord de manière sarcastique les auteurs de cet article pour réclamer qu’ils assument leur goût pour la bidoche au lieu de parfumer leur barbecue du week-end au patchouli. Loin de moi l’idée de cibler le consommateur de viande lambda. Chacun voit midi à sa porte. Mais se figurer une farandole vers l’abattoir, il y a quand même des limites. Enfin, au bout du compte, c’est du pipeau, mais c’est pire.

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