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Renoncer à la viande peut sauver la planète (Countercurrents)

Colin Todhunter

Quand on parle de réchauffement climatique la plupart des gens pensent au tort causé à la planète par les raffineries de pétrole, les centrales électriques au charbon, les voitures et les usines qui crachent de la fumée. Mais selon l’Organisation pour la Nourriture et l’Agriculture des Nations Unies, le bétail est responsable de 18% des gaz à effet de serre, c’est à dire plus que les voitures, les avions et tous les moyens de transport réunis.

Devenir végétarien pourrait être le meilleur moyen de diminuer notre empreinte écologique, de réduire la pollution et d’économiser l’énergie et l’eau. En tous cas, c’est ce que croit le Docteur Rajendra Pachauri, président du Panel Intergouvernemental de l’ONU pour le Changement Climatique. Cet économiste indien dit que réduire sa consommation de viande ou carrément la supprimer est un des choix personnels les plus importants qu’on puisse faire face au changement climatique.

Etre végétarien a parfois été considéré comme une lubie ou un luxe dans certains pays, mais c’est pourtant en train de devenir une nécessité, selon le Dr Pachauri.

L’impact environnemental

La quantité de viande que les êtres humains consomment est énorme. En 1965, 10 milliards d’animaux ont été tués. Aujourd’hui ce chiffre est de 55 milliards. Il y a plus de poulets tués aux Etats-Unis chaque année que de personnes sur terre et il y a un milliard de têtes de bétail en vie, ce qui représente deux fois le poids de toute la population humaine.

Tout ce bétail a besoin de terre, ce qui se fait au détriment de la vie sauvage et des forêts. Le bétail est le plus grand utilisateur de terre au monde. Les pâturages occupent 26% de la surface non gelée de la terre et la culture de la nourriture du bétail monopolise environ un tiers des terres arables.

Cette production de viande nécessite des quantités énormes de terre, d’eau et d’énergie sans comparaison avec la production de nourriture végétale et ce n’est pas surprenant que dans son rapport de 2010, l’ONU explique que le mode d’alimentation occidental qui privilégie la viande deviendra insoutenable dans l’avenir étant donné l’accroissement prévu de la population mondiale. La demande de viande devrait doubler vers 2015. La consommation de viande est déjà en train d’augmenter régulièrement dans des pays comme la Chine qui autrefois avaient des habitudes alimentaires à base de végétaux plus supportables pour la planète.

Quelqu’un qui se nourrit principalement de protéines animales a besoin de 10 fois plus de terre pour subsister que quelqu’un qui se contente de protéines végétales. La production de viande nécessite infiniment plus d’énergie que celle des plantes parce que le bétail consomme 16 fois plus de grain qu’il ne produit de viande : il faut 16 kilos de grain pour faire un kilo de boeuf.

L’élevage des animaux absorbe environ 40% de la production mondiale de grain. Aux Etats-Unis,c’est presque 70% de la production de grain. Si l’humanité continue à manger de plus en plus de viande, cela accentuera la pression sur la terre et augmentera la consommation d’eau, et on fabriquera toujours plus d’engrais et de pesticides. Cela générera donc encore plus de pollution et de gaz à effet de serre.

Les fermes modernes (qu’elles se consacrent à la culture ou à l’élevage) sont obligées d’utiliser beaucoup de produits chimiques qui émettent les principaux gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone qui provient du fuel utilisé par les machines et des produits chimiques, l’oxyde d’azote (300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone) qui provient des engrais et du méthane (éructé par le bétail).

Le bétail est à l’origine d’environ 9% des émissions de dioxyde de carbone, 37% des émissions de méthane et 65% des émissions d’oxyde nitrique de toute l’humanité. Cela inclut les émissions de dioxyde de carbone dues à la déforestation en Amérique centrale et Amérique du sud dont l’élevage est responsable.

Si on pense que 5 litres d’essence sont nécessaires pour produire un demi kilo de boeuf nourri au grain, on s’aperçoit tout de suite que la production de viande est une industrie dévoreuse de pétrole et d’énergie.

Selon l’Organisation pour la Nourriture et l’Agriculture, "la déforestation causée par l’élevage est une des causes principales de la disparition d’espèces animales et végétales spécifiques aux forêts tropicales d’Amérique centrale et du sud ainsi que de l’émission de carbone dans l’atmosphère".

Selon le rapport de 2010 du Panel International du Management des Ressources Soutenables du Programme Environnemental des Nations-Unies : "Les impacts de l’agriculture sont susceptibles de s’aggraver fortement à cause de l’augmentation de la population et de la consommation de produits animaux... Il serait possible de réduire substantiellement ces impacts en changeant les habitudes de consommation et en cessant de consommer de la viande."

Selon la Fondation pour la Population des Etats-Unis, "Chaque citoyen étasunien consomme environ 180 kilos de viande par an, le taux le plus haut du monde. C’est environ une fois et demi de plus que la consommation moyenne des pays industrialisés, trois fois celle de l’Asie de l’est et 40 fois celle du Bengladesh".

Les chercheurs de l’Université Cornell ont souligné que les Etats-Unis pourraient nourrir 800 millions de gens avec le grain que mange le bétail.

Une viande qui nécessite énormément d’eau

La production de viande exige énormément d’eau, une ressource qui pourrait se faire rare dans les années à venir. John Anthony Allan, professeur à l’Ecole des Etudes orientales et africaines de l’université de Londres, prétend que le consommateur de viande étasunien consomme environ 5 mètres cubes d’eau, le double d’un végétarien. Mais toutes les viandes n’ont pas besoin d’autant d’eau.

Il dit que le boeuf nécessite 15 500 litres d’eau par kilo et le poulet 3 900 litres. Par conséquent les consommateurs pourraient au moins réduire leur consommation de boeuf étant donné que c’est la viande qui nécessite la quantité d’eau la plus insoutenable.

Dans son livre, Stolen Harvests, (récoltes volées) l’environnementaliste Vandana Shiva dit que pour chaque livre de viande rouge, volaille, oeufs et lait produits, la culture perd environ 5 livres de bonne terre de surface. Elle dit aussi qu’il faut environ 950 litres d’eau par jour pour élever un animal, soit 10 fois la quantité d’eau dont dispose une famille indienne normale par jour pour celles qui ont de l’eau.

Le grand aquifère Ogallala est la nappe d’eau potable la plus grande au monde. Son eau vient de la fonte des glaciers de l’époque glacière. Il ne reçoit pas d’eau de pluie. L’écrivain John Robbins note que chaque année 65 000 milliards de litres d’eau sont prélevés sur l’aquifère. On utilise plus d’eau de l’aquifère pour la production de boeuf chaque année qu’on en utilise pour cultiver les fruits et légumes de tous les Etats-Unis. Robbins dit que ce n’est qu’une question de temps avant que la plupart des puits du Kansas, Nebraska, Oklahoma, Colorado et New Mexico ne s’assèchent et que des pans entiers de ces états ne deviennent inhabitables.

C’est un rappel salutaire de ce qui attend d’autres pays si leur consommation de viande explose.

Le bien être des animaux

Il existait bien sûr des arguments contre la consommation de viande et de produits animaux, bien avant que le changement climatique ou le réchauffement climatique n’arrivent sur le devant de la scène. Différentes religions et traditions philosophiques ont enseigné aux hommes à ne pas tuer, estropier, torturer ni exploiter des créatures vivantes pour se nourrir ou pour d’autres raisons.

Mais nous tuons, estropions, torturons et exploitons quand même. Il y en a beaucoup d’exemples, mais prenons les poulets. Pendant les 50 dernières années il y a eu deux sortes de poulets - les poulet à viande et les pondeuses. Ils ont des corps différents, mis au point pour des ’fonctions’ différentes. Les pondeuses font des oeufs et les poulets à viande de la viande. Au cours des 50 dernières années, ils ont été formatés pour grandir plus de deux fois plus en moins de la moitié du temps. Autrefois les poulets pouvaient vivre de 15 à 20 ans, mais on tue le poulet à viande moderne à environ 6 semaines. Ils grandissent chaque jour environ 400 fois plus vite qu’avant.

Tous les poulet pondeurs mâles qui naissent aux Etats-Unis, c’est à dire plus de 250 millions de poulets par an, sont détruits en les aspirant pour la plupart à travers une série de tuyaux vers une plateforme électrifiée. On en jette une partie dans de grands containers en plastique. Les plus faibles sont piétinés par les autres et suffoquent lentement au fond et les plus forts suffoquent lentement au dessus. D’autres sont envoyés vivants dans les broyeurs.

Par conséquent, si le réchauffement global ne suffit pas à nous faire réfléchir et à nous inciter à devenir végétarien ou à réduire nôtre consommation de viande, penser aux traitements cruels infligés aux autres espèces peut peut-être nous décider.

A beaucoup d’égards et grâce à ses différentes traditions, l’Inde a une longueur d’avance en ce qui concerne la non consommation de viande. C’est aussi bien si l’on considère que 17% de la population mondiale y vit sur seulement 2 ou 3% de la terre de la planète et que le pays doit déjà faire face au manque d’eau et au manque d’espace pour la vie sauvage.

Selon une Etude sur l’Etat de la Nation de 2006, 31% des Indiens sont végétariens et 9% consomment des oeufs. L’Inde a un système de marquage des produits de consommation constitués uniquement d’ingrédients végétariens (non animaux) : c’est un point vert dans un carré vert.

L’agriculture chimico-industrielle en général

Mais ne nous laissons pas obnubiler par la production de viande. La profonde dépendance à l’énergie fossile montre que le système de nourriture moderne, qu’il soit à base de viande ou de plantes, est généralement nocif pour l’environnement.

Au cours des 100 dernières années, le système mondial de nourriture a subi un changement radical. On est passé d’une production de nourriture locale soutenable à un système industriel dépendant du pétrole. De fait l’agriculture a davantage changé en deux générations qu’au cours des 12 000 années précédentes et l’industrie agricole moderne génère des gaz de serre dans presque tous les domaines.

James E McWilliams pense que beaucoup de gens s’en sont rendu compte et se sont tourné vers de la viande, des oeufs et des produits laitiers non industriels. Depuis 10 ans, on constate l’accroissement du nombre des animaux élevés en plein air et nourris à l’herbe. C’est le fait de petites fermes organiques qui utilisent des méthodes de production plus humaines et qui semblent, en tous cas, être plus en harmonie avec la nature.

Vandana Shiva souligne l’impact catastrophique de la production moderne de viande sur l’environnement et elle va même jusqu’à affirmer que c’est le mode d’agriculture moderne lui-même qu’il faut changer. Pour elle, il ne s’agit pas seulement de remplacer la viande par le repas végétarien suggéré par McDonalds ou trouvé au rayon fastfood surgelé du supermarché local pour faire du bien à la planète et à nous-mêmes.

En Inde, les gens doivent savoir que leur prochain repas de riz et de légumes est susceptible de contenir 40 fois plus de pesticides que le même repas pris par un Américain. C’est parce que l’Inde est un des plus gros utilisateurs de pesticides. Les gombos, les choux, les tomates et les choux-fleurs notamment peuvent en contenir des taux dangereusement élevés et les fruits et les légumes sont aspergés et manipulés pour accélérer leur maturation et leur donner de plus belles couleurs. Selon des chercheurs de l’Ecole de Sciences Naturelles et d’ Engineering de l’Institut National d’Etudes Avancées de Bangalore, en 2008, de nombreuses récoltes destinées à l’exportation ont été rejetées internationalement à cause du taux élevé de résidus de pesticides.

Shiva affirme que ce type d’agriculture intensive industrielle et chimique qui nécessite énormément d’eau, d’engrais, de pesticides, etc, détruit la biodiversité et contribue au changement climatique non seulement en Inde mais dans le monde entier. Cette agriculture a peut-être amélioré la production sur le court terme mais au prix d’une dégradation épouvantable de l’environnement et de toutes façons elle est insoutenable sur le long terme.

Les fermes industrielles modernes dépendent de l’énergie fossile depuis les machines agricoles aux produits chimiques utilisés pour donner une fertilité artificielle au sol, protéger les récoltes contre toutes les nuisances et détruire les mauvaises herbes. C’est l’usage du pétrole dans les fermes et la fabrication des engrais et autres produits chimiques agricoles qui détruit l’environnement. Pour Shiva, la solution est de revenir au modèle basique en encourageant des méthodes biodiverses, organiques et locales de production de la nourriture.

Elle affirme que dans les petites fermes organiques et biodiverses, surtout dans les pays moins développés, il n’y a pas la moindre trace de pétrole. L’énergie nécessaire aux travaux de la ferme est fournie par les animaux et non par des machines ou des engrais fabriqués dans des usines locales polluantes, et le sol est fertilisé par le recyclage des matières organiques.

Toutefois renoncer aux méthodes modernes de production de la nourriture peut se révéler plus facile à dire qu’à faire. L’industrie agroalimentaire, connue pour son manque de scrupules et ses appuis politiques très puissants, a beaucoup investi dans la fabrication des engrais, pesticides et semences (sans oublier le secteur des graines génétiquement modifiées) et elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir le très lucratif système actuel. Il ne faut pas oublier que l’industrie de l’huile de moutarde locale a été délibérément détruite en Inde à la fin des années 1990 par la main ’invisible’ de l’industrie agroalimentaire mondiale. Il ne faut pas oublier non plus que l’arrivée de Monsanto en Inde a détruit la vie de millions de personnes du secteur agricole.

Mais revenons à à notre sujet de départ : la viande. L’auteur James E McWilliams soulève une question éthique de première importance quand il dit que ce qui importe n’est pas tant la manière dont nous produisons les produits animaux, ce qui importe en fin de compte c’est de savoir s’il faut en produire du tout.

Pour résoudre ce dilemme il faut s’interroger en profondeur sur ce que cela nous fait, à nous personnellement, d’exploiter et de massacrer massivement les créatures vivantes avec lesquelles nous partageons cette planète. Même si cela ne nous fait ni chaud ni froid, tout porte à croire que, sur le long terme, l’équilibre écologique de la planète, lui, n’y résistera pas.

Colin Todhunter

Colin Todhunter est né dans le nord ouest de l’Angleterre et a vécu en Inde de nombreuses années. Il a beaucoup écrit pour le Deccan Herald (basé à Bangalore), le New Indian Express et le Morning Star (britannique). Pour consulter son site web : http://colintodhunter.blogspot.com

Pour consulter l’original : http://www.countercurrents.org/todhunter140812.htm

Traduction : Dominique Muselet

COMMENTAIRES  

17/08/2012 21:17 par Sheynat

Merci pour cet excellent article.

Selon une Etude sur l’Etat de la Nation de 2006, 31% des Indiens sont végétariens et 9% consomment des oeufs. L’Inde a un système de marquage des produits de consommation constitués uniquement d’ingrédients végétariens (non animaux) : c’est un point vert dans un carré vert.
(...)
En Inde, les gens doivent savoir que leur prochain repas de riz et de légumes est susceptible de contenir 40 fois plus de pesticides que le même repas pris par un Américain. C’est parce que l’Inde est un des plus gros utilisateurs de pesticides.(...)
Par conséquent, si le réchauffement global ne suffit pas à nous faire réfléchir et à nous inciter à devenir végétarien ou à réduire nôtre consommation de viande, penser aux traitements cruels infligés aux autres espèces peut peut-être nous décider.

Pour compléter, l’Inde fait partie des plus grands producteurs de cuir pour répondre à la demande de consommation en particulier de la France, l’Allemagne, les USA, l’Australie, et les tanneries sont génératrices de pollutions chimiques importantes ; cela a des incidences directes sur la santé des ouvriers et sur l’environnement.

Le cuir, un produit écologique et éthique ?

On pourrait presque penser que c’est le cas. Or, il n’en est rien. L’impact environnemental de cette industrie se révèle être désastreux. En effet, son développement intensif a nécessité de remplacer le tannage traditionnel à base de végétaux, long (2 ans) et donc coûteux, par un tannage au chrome, associé à plus de 300 substances chimiques (réalisable en seulement 2 jours). Ainsi, ce sont 10 000 tonnes de chrome qui sont déversées annuellement dans le seul Gange, les eaux polluées issues de 75% des tanneries n’étant soumises à aucun traitement, avant d’être rejetées dans les lacs et rivières.

Source : Le cuir Polluant et non équitable

Comme pour la viande, on pourrait réduire facilement la consommation du cuir.

Concernant le cas des traitements inutiles et cruels infligés aux autres espèces on ignore le sort réservé aux vaches indiennes.
Voici un petit extrait de retranscription du documentaire Earthlings datant de 2005 (vidéo d’une heure et demie aux images d’agonies à la limite du soutenable, donc je préviens avant d’inviter d’aller voir en 46 : 00)
"Des milliers de vaches indiennes sont tuées chaque semaine pour leur peau, achetées à des familles pauvres d’une partie rurale de l’Inde qui les vendent seulement avec l’assurance que ces animaux vivront leur vie dans des fermes.
Pour déplacer les animaux vers un Etat où ils peuvent légalement être tués, puisque l’abattage du bétail est interdit dans la majeure partie des territoires de l’Inde, ils doivent être ferrés et encordés en préparation pour une «  marche de la mort » extrêmement pénible, qui peut durer plusieurs jours."

(je passe sur les journées de marches sans boire ni manger et celles de transport avec le cassage de leur queue pour les remettre debout, fractures du bassin en les tirant pour les obliger à les garder en mouvement durant les étapes du convoyage, ainsi que du piment placé dans leur yeux).

"La moitié des animaux meurt avant l’arrivée à l’abattoir" (taillés, sciés avec des couteaux mal aiguisés sous les yeux des autres vaches). "Ensuite la peau de ces animaux est envoyée aux tanneries qui utilisent des substances toxiques comme le chrome pour stopper la décomposition ; rappelez-vous, le cuir est de la peau morte, qui donc se décompose et pourrit à moins d’être traitée par des substances puissantes comme celles-ci. Et pour les gens, dans ces tanneries, les effets sur la santé de ces produits pour répondre à la demande de ces produits, est encore un autre problème. Finalement le cuir de bétail indien finit dans les magasins du monde entier, la plupart des grosses chaînes vendent du cuir indien, du cuir qui provient de vaches complètement différentes de celles qu’on mange."
Source :EARTHLINGS - TERRIENS

17/08/2012 21:33 par calame julia

Dommage pour le titre qui se voudrait accrocheur !
Parce que le mot "renoncer" sauf à avoir connu l’une des misères qui font
la vie sur Terre, ne trouvera point d’écho favorable.

Un état des lieux qui peut faire frémir à certains passages alors que
nous sommes prévenus depuis quelques décennies déjà . Lorsqu’on fréquente
d’un peu plus près l’infiniment petit ou petit on n’a plus envie de
goûter à leur chair. Comment en est-on arrivé à élever pour tuer et, pire,
"dévorer" ?
Toute cette culture des légumes, fruits et féculents complètement laissée
à l’abandon... parce que l’on n’a plus le temps de se consacrer à des
tâches simples !
Je me demande sincèrement si l’Inde résistera à cette vague de planifica-
tion des envies et désirs...

18/08/2012 23:52 par kristo

même si renoncer à la viande peut sembler impossible à beaucoup, diminuer la consommation ne serait-ce que de la moitié aurait certainement déjà de bons impacts sur la planète...
en 50 ans, la consommation de viande en France a été multipliée par 5. jusqu’où ira la courbe ascendante ? jusqu’à la ruine de la planète ?
Nous avons tous la possibilité de réduire déjà de 2 fois par jour à une fois, puis de tous les jours à 5 fois par semaine etc... et cela parce-que l’on agit en tant que citoyen responsable, et conscient que la défense de la planète et l’écologie ne sont pas que des discours mais aussi une pratique quotidienne, et ce, même si l’on n’est pas sensibilisé à la situation des animaux dans les abattoirs...
De plus, réduire la consommation de viande est indéniablement bon pour la santé.
Les végétariens ont une espérance de vie plus grande et évitent certains types de cancer (côlon par exemple).

19/08/2012 09:08 par Yannick

Je ne sais pas à quelle espèce l’auteur appartient, mais pour ce qui me concerne, et bien que je n’en sois pas spécialement fier compte tenu du comportement général de mes congénères, c’est à celle d’un grand primate nommé très étrangement Homo sapiens, bien que la sagesse ne m’ait pas semblé notre trait dominant.
Homo sapiens c’est tel que la nature l’a fait un grand singe carnivore et omnivore, il est bâti en conséquence avec des canines - soit moins impressionnante que celles de votre chat, mais tout de même - et un tube digestif suffisamment long lui permettant de se nourrir aussi de graines, de fruits, de tubercules, etc.
Pourquoi donc voudrait-on donc qu’alors que la nature nous a construits pour manger entre autres choses de la viande nous n’en mangions pas ? Pour le même genre de raisons qui ont amené des tarés à nourrir des vaches avec de la viande pour s’apercevoir tardivement et en catastrophe que ce n’était pas une idée très lumineuse ? Ou pour un délire du style de ceux qui tendent à normaliser des perversions de l’instinct comme étant les choses les plus naturelles du monde ?
Mon plat à midi ça sera bavette à l’échalote accompagné d’une piperade, bon appétit d’avance à tout le monde !

19/08/2012 10:18 par legrandsoir

moi, ça fait trois jours de canicule que je mange du café, bois des clopes et fume des pastèques, et je ne me suis jamais senti aussi bien.

19/08/2012 15:34 par Yannick

Pour sauver la planète Homo sapiens ferait bien plutôt de commencer à penser très sérieusement à gérer sa démographie d’une manière moins délirante et suicidaire, le seul problème est là et très étrangement à peu près personne n’en parle, il sera bientôt trop tard pour en parler...

19/08/2012 15:59 par calame julia

Lorsqu’il m’arrivait de lire comment les Indiens vivant dans les immenses terres d’une partie des
Amériques, traitaient les animaux sauvages qu’ils allaient sacrifier pour leur nourriture, je pensai
que nous étions loin, très loin de cette notion de respect du vivant dont nous ne connaissons pas
grand chose ; alors que leur chasse était raisonnée puisqu’ils avaient parfaitement intégré que
chaque animal (insectes inclus) avait son utilité pour la bonne marche de la planète Terre.
(Oui, je prends soin de tout préciser à cause des étiquettes...) !
Manger de la viande d’un animal traumatisé tué par balles donc stressé à mort, est un plaisir
raffiné qui convient à certain-e-s et pas à d’autres ! Ah ! oui, j’oubliais yapasquelachasse !
Pire sont les transports pour l’abattoir !
Que durent : melons, pastèques et autres raisins en ces jours de canicule...

20/08/2012 12:06 par Sheynat

@ Yannick

Homo sapiens c’est tel que la nature l’a fait un grand singe carnivore et omnivore, il est bâti en conséquence avec des canines - soit moins impressionnante que celles de votre chat, mais tout de même - et un tube digestif suffisamment long lui permettant de se nourrir aussi de graines, de fruits, de tubercules, etc.
Pourquoi donc voudrait-on donc qu’alors que la nature nous a construits pour manger entre autres choses de la viande nous n’en mangions pas ?

Si vous voulez dire par là que ce sont les grands bouleversements climatiques de Mère Nature qui ont provoqué un changement de régime alimentaire dans l’urgence de survivre sur le terrain, et par conséquent, engendré une évolution relativement rapide des mâchoires et des dents (tout comme logiquement 1 de nos descendant -qui était contemporain de l’Homo Sapiens- , le Néandertalien, était de corpulence courte et trapue pour s’adapter à l’environnement montagneux et plus carnivore que son "cousin" le Sapiens, et qui se serait uni à lui selon les dernières découvertes et suppositions qui en découlent), je suis d’accord.
L’homme a prouvé ses capacités d’élasticité pour une meilleure adaptation au terrain, et les dernières théories tendent à penser qu’il "fut ce qu’il mangeait" et non l’inverse. Et que les plus spécialisés avaient plus de difficulté d’adaptation à la survie.
Mais je me demande si vous, dans la suite de votre commentaire, vous ne considérez pas qu’il devrait choisir sa nourriture en fonction de ses capacités physiologiques actuelles (qui pourtant ont changé en suivant les changements naturels) et donc s’y arrêter, sans envisager que justement, doté d’appareils "multifonctionnels", et devant le danger de ne pas survivre aux habitudes alimentaires actuelles puisqu’elles menacent la planète, il aurait tous les moyens fonctionnels de modifier un régime alimentaire devenu inadapté au contexte actuel ?
Ce que je trouve assez dingue d’ailleurs, c’est que d’après des préhistoriens les derniers survivants existeraient encore : les Bushmen. Et ils sont menacé d’extinction à cause de leur frères humains alors qu’ils ont pu survivre par le passé à un fléau naturel...

20/08/2012 13:14 par rouge

En france les animaux recoivent un complement alimentaire bien legale mais peu connu du grand publique : La methionine. Sans rentrer dans les explication wikipediesques (je hais la wikipedification de notre savoir !!... ) et pour faire simple : Un animal recevant en complement cet acide aminé fera moins de caca mais plus de viande. Bon appetit, et pensez y la prochaine fois que vous faites les courses ou mangez au resto.

20/08/2012 17:17 par Yannick

@20/08/2012 à 12:06, par Sheynat
Non... je ne voulais pas dire plus que ce que je disais... Ce que je dis c’est qu’Homo sapiens c’est un primate omnivore, construit par la nature pour manger aussi bien de la viande que des légumes, des fruits, des graines, des tubercules, etc. Ce n’est pas un ruminant, ça se saurait !
Ceci dit je pense que ce qui pose problème, ce n’est pas ce que l’on mange, c’est notre nombre tout simplement !
Prenez des Indiens primitifs de la forêt amazonienne qui vivent comme l’on vivait il y a plus de 10 000 ans, que mangent-ils ? Du singe, des fruits, des racines, des tubercules et des Migales frites les jours de fête ! S’il n’y avait qu’eux ont ne parlerait même pas de problèmes écologiques, avec eux seulement ça pourrait continuer sans soucis pendant encore 10 000 ans...

20/08/2012 22:38 par Anonyme

des Indiens primitifs de la forêt amazonienne qui vivent comme l’on vivait il y a plus de 10 000 ans

Qui en connaît ? Des vivants, bien entendu..
Il est vrai qu’ils ne s’appellent pas eux-mêmes « Indiens », comme dans les westerns faits par les Yankies, cette dénomination découlant d’une erreur des conquistadors qui croyaient avoir « découvert » les habitants de l’Inde. Ils s’appellent « Indigènes », et parfois « peuples originaires ».
Il est vrai aussi et qu’ils s’expriment très rarement en français, rarement en langue yanki, mais plutôt en espagnol et en quechua.
Les Mapuche, par exemple, sont des Indigènes résidant principalement au Chili et qui comptent de nombreux poètes. Mais ils ne sont jamais mentionnés, comme le sont dans la presse française et occidentale, ceux de Bolivie, par exemple, car l’Empire ne juge pas nécessaire de faire un coup d’état en s’appuyant sur eux au Chili. En effet, la Constitution établie par le dictateur Pinochet est toujours en vigueur et les protestations des Chiliens sont fortement réprimées.
Anecdote : les « Indiens primitifs », à l’instar d’ Evo Morales (tribu Aymara), président de la Bolivie, répugnent à porter un noeud coulant autour du cou comme il est obligatoire de le faire chez les « Occidentaux » si on veut paraître « classieux ». Cette répugnance semble constituer pour les Occidentaux, qui ne comprennent pas, un signe de « primivitivité ». Cependant, la Bolivie respecte la terre et ses ressources, et, en particulier, ne les gaspille pas pour alimenter « les marchés » et les actionnaires avides des multinationales.

21/08/2012 14:36 par Anonyme

"...des Mygales frites les jours de fête..." Nooon ! et où jetaient-ils l’huile de friture !
Vous regardez trop de films hollywoodiens !

21/08/2012 14:52 par Yannick

20/08/2012 à 22:38, par Anonyme
Qui en connaît ?

Des anthropologues...

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