Révision de la Directive Européenne de 1986 (86/609)

Comité scientifique Pro Anima

... 20 ans de progrès pour la protection des animaux de laboratoires dans les états européens sont sur le point d’être sabrés par des députés qui ont décidé de rendre un service zélé aux laboratoires.
Beaucoup d’amendements très négatifs ont été proposés dans la Commission recherche et industrie (ITRE) du Parlement, quand à la Commission agriculture (AGRI), le rapporteur Neil Parish a complètement capitulé et proposé tous les amendements que l’industrie de la vivisection demandait. Non seulement le résultat sera bien inférieur à la proposition initiale de la Commission, mais aura pour effet de démanteler les législations nationales.
Par exemple le projet de Neil Parish propose de limiter la demande d’autorisation de procédure aux primates et aux expérimentation de catégorie de souffrance maximale. C’est-à -dire qu’il n’y aura plus besoin d’autorisation pour plus de 95% des expérimentations sur les animaux, alors qu’au Royaume-Uni, toutes les procédures sont soumises à autorisation.
Mais il y a encore du temps pour se battre, et des dizaines de groupes sont en ce moment en train de se mobiliser.

Il est urgent d’écrire aux députés de la Commission Recherche et Industrie et la Commission Agriculture pour leur faire savoir que nous n’acceptons pas cela.
Le vote dans la Commission ITRE est le lundi 9 mars, et le vote dans la Commission AGRI est le 31 mars (puis la session plénière votera probablement fin avril ou début mai). Il y a 91 députés dans AGRI et 107 dans ITRE.
Voici les points clefs à mentionner dans la lettre, mais n’hésitez pas à les adapter ..

1. Vous êtes écoeurés que certains députés tentent de supprimer les mesures progressistes proposées par la Commission pour protéger les animaux et faire avancer la science, au lieu de les renforcer.

2. Vous soutenez les initiatives visant à protéger les primates, y compris l’abolition totale de l’utilisation des grands singes et des singes capturés à l’état sauvage, et vous voulez un mécanisme efficace pour re-évaluer l’utilisation de tous les primates, en vue de mettre fin a leur utilisation.

3. Toutes les expérimentations sur l’animal doivent faire l’objet d’un contrôle et être expressément autorisées par une autorité indépendante. C’est déjà le cas dans de nombreux pays européens.

4. La transparence et les droits des citoyens à l’accès à l’information concernant la recherche sur l’animal doit être garantie.

5. Les mécanismes de partage des données doivent être améliorés et appliqués pour éviter la duplication des tests.

6. Vous soutenez une harmonisation "par le haut’ des standards de bien-être animal en Europe : il faut s’aligner sur les pays les plus avancés, pas sur ceux qui sont à la traine. Il n’y aucune preuve que cela provoquera une fuite des cerveaux hors Europe. Sinon cela aurait déjà eu lieu a l’intérieur même de l’Europe. La recherche suisse ou britannique (qui ont les règles les plus strictes) n’est jamais partie en Europe du sud ou en Europe centrale ou les règles sont beaucoup plus laxistes. Le nombre de chercheur dans un pays donné n’a rien a voir avec la protection des animaux dans la recherche, c’est une question de financement.

7. La nouvelle directive doit activement encourager les méthodes de recherches sans animaux grâce aux laboratoires de référence nationaux pour les méthodes de substitution.

8. Il faut des révisions régulières et thématiques de la Directive, impliquant tous les intéressés, pour parvenir à diminuer puis à mettre fin, pas-à -pas, à l’expérimentation animale dans chaque domaine ou cela est pratiqué.

9. Dites-leur que vous serie choqués d’apprendre que les députés européens s’activent pour accéder à tous les voeux des lobbyistes de l’industrie pharmaceutique, aux dépends de la science et des animaux.

COMMENTAIRES  

22/04/2009 14:49 par des chercheurs fatigués des mensonges et de l'ignorance

Consterné à nouveau de voir la confusion portée par les manipulateurs de pro anima entre recherche, industrie, profit et connaissance sauf lorsqu’il s’agit de promouvoir quelques faibles produits brevetés qu’ont à vendre certains de leurs membres en matière de méthodes alternatives (la plate forme européenne ECOPA de validation reconnait qu’au mieux ils réduiront de 5% les 12% d’animaux qui sont utilisés en toxicologie). Regardons quelques chiffres en face : 12 millions d’animaux par an en recherche c’est un animal pour 37 habitants, 11000 singes c’est un singe pour 37500 habitants en Europe : au cour de toute votre vie si vous vivez 80 ans on aura utilisé pour soutenir votre santé celle de vos animaux et la sécurité de l’environnement 1,5 souris et 1/2 rat. (ramenés aux 10 milliards d’animaux du cheptel Agro-alimentaire c’est bien peu de chose même si c’est toujours trop). Le progrès c’est la communauté scientifique qui l’a toujours porté dans ce domaine, en inventant le concept des R énonçé par les deux ingénieurs responsables d’un des plus grands centres de génétique de mammifères en grande bretagne en 1959 , en mettant en place des comités d’éthique qui ont devançé la loi, en découvrant et appliquant chaque fois que cela est possible des méthodes alternatives (2 fois plus de publications scientifiques recensées avec "In Vitro" que avec In Vivo), en maintenant constant depuis dix ans le nombre d’animaux utilisés alors que la production scientifique double tous les trois ans.
Le respect des animaux et leur protection et une obligation qui doit être prise en compte avec sérieux et gravité, le texte que la direction environnement avait proposé était répétitif, contradictoire, incomplet. Il a été amendé sous la direction d’un membre éminent de l’Eurogroup for animals qui a lui a donné les moyens d’être applicable , utile et en prise avec le réel. Ces amendements redonnent au chercheur sa responsabilité et sa dignité et rétablissent de façon efficace la balance entre besoin des personnes, et protection des animaux.

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