Quand je repense à mon enfance, je me souviens des années 1957 et 1958 comme des "deux bonnes années". Ce sont les seules années où ma famille de ploucs de la classe ouvrière a connu une réelle embellie, et cette embellie s’est produite grâce aux syndicats. Après avoir été ouvrier agricole, chauffeur de taxi à temps partiel à Ploucville et avoir eu, cahin-caha, des dizaines d’autres emplois, mon père s’est acheté un semi-remorque d’occasion pour effectuer le transport de marchandises pour le (…)