33 

Une petite crapulerie de Jacques Attali

Jeudi 25 avril, l’émission "Des Paroles et des Actes" recevait Jean-Luc Mélenchon. Cette émission est un exploit physique et intellectuel. L’invité doit répondre, deux heures durant, sans jamais faiblir, à un feu roulant de questions posées par des interlocuteurs successifs. Il va de soi que Mélenchon est reçu sur ce plateau de manière moins urbaine que d’autres politiques.

Dès sa prise de parole, le tout petit Pujadas (beaucoup de choses furent petites durant ces deux heures) présenta le co-président du Front de gauche en disant qu’il « éructait ». Ce qui signifiait qu’il renvoyait par la bouche des gaz contenus dans l’estomac (éructer appartient à la même famille que rot). Une personne qui éructe est pour le moins excessive : « Dans ce "oh" éructé du fin fond de la gorge, un monde de haine tenait » (Courteline). Mélenchon ne releva pas l’insulte.

Nous eûmes droit à la médiocrité de Nathalie Saint-Cricq, chef du service politique de France2 (ah, le grotesque de sa séquence people !). Ce cadre important du service public tenta, pendant vingt minutes, de désarçonner Mélenchon à propos de certaines expressions fortes et colorées qu’il affectionne, comme le « coup de balai », qu’il a effectivement utilisé, et le « salopard », prononcé par un de ses camarades et qu’il a assumé. Mélenchon justifia ce terme en expliquant que des ministres européens qui enfoncent le peuple grec dans la misère se conduisent de manière moralement répréhensible (ce qui est le propre du salaud). Il qualifia également son ancien contradicteur Cahuzac de « voyou », qualificatif désormais entré dans la doxa. Le bouillonnement intérieur de Saint-Cricq exsudait de la haine.

Nous eûmes droit au questionnement obsessionnel (« je vous pose simplement la question ») de François Lenglet, rédacteur en chef à France2, ancien des Échos, de La Tribune, de BFM, un « libéral », comme le qualifia justement Mélenchon. Je passe rapidement sur Hélène Jouan, qui resta dans les clous de la joute normale en la matière, et sur Benoît Apparu qui, comme son maître Alain Juppé, est, en politique du moins, un artiste de la psychorigidité.

J’en viens à Attali. Il se dirigea lentement vers son siège et s’adressa de manière très courtoise à son contradicteur. Je cite de mémoire : « J’ai beaucoup de respect pour votre action et votre pensée ; je vous rejoins parfois ; nous allons dialoguer à un certain niveau. » Tout cela accompagné de regards par en-dessous, doucereux. Mélenchon – ce qui m’étonna car Attali est coutumier du fait – ne flaira pas le coup de poignard dans le dos que l’ancien conseiller de Mitterrand prépara pendant vingt minutes. À la fin d’un échange sans concessions mais correct, Attali quitta la table du débat sur un « Vous allez faire de la France la Corée du Nord ».

Attali affectionne cette image grossière. Outre qu’elle révèle à quel point il est un bien petit homme (je n’aurai pas la cruauté de rappeler les accusations de plagiat portées à son encontre), elle montre qu’il fait preuve en l’occurrence de la plus parfaite hypocrisie. Politiquement, ni même intellectuellement, il ne croit pas une seconde à cette assertion. Il s’agit pour lui de faire frissonner Neuilly, son monde. Accessoirement de tenter de déstabiliser son adversaire. Comme Mélenchon est l’un des rares hommes politiques français capables de développer une pensée politique globale en contradiction avec celle du capitalisme financier, il est nécessaire pour un homme comme Attali de lui envoyer son mépris. Ce faisant, il dit aux siens : « Ne vous en faites pas : cet individu et ses idées relèvent de l’aberration, de la camisole de force. Faisons mumuse en lui accordant la grâce d’un dialogue mais rappelons-lui qu’il est dans le délire. »

Comme cela échappa à Hélène Jouan, Mélenchon, pour tous ces suppôts du système, c’est « la rue ».

http://bernard-gensane.over-blog.com/

COMMENTAIRES  

26/04/2013 10:43 par Jeremie Y

Je ne pensais pas un jour me faire l’avocat d’Attali, tant je vomis sa pensée. En fait, je n’vais même pas m’en faire l’avocat, juste évoquer un procédé d’écriture que l’auteur de cet article utilise et que je trouve aussi "petit" que ce qu’il dénonce. Pour nous faire comprendre qu’Attali est un bien pauvre bonhomme (intellectuellement hein, pour son compte en banque je n’me fais pas trop de soucis), l’auteur nous assène un :

"Outre qu’elle révèle à quel point il est un bien petit homme (je n’aurai pas la cruauté de rappeler les accusations de plagiat portées à son encontre)".

Je suis toujours ravi lorsqu’on met le nez de ce genre de personnage dans sa propre merde. M’enfin si vous teniez à nous rappeler ces accusations de plagiats, M. Gensane, faites-le sans détour, sans faux-semblant, sans nous faire croire "que vous n’auriez pas la cruauté de le faire". Je crois que personne ici ne vous en voudra. J’imagine bien que ce n’était qu’une tournure mais elle m’a dérangée, alors que je souscrit quasi à l’entièreté de l’article. Voilà, j’avais juste envie de le signaler. Keep up the good work !

26/04/2013 10:44 par reneegate

Dans ce cas Attali a très mal joué son coup, car son intervention, et surtout sa déférence ont permis de revenir sur le champ politique à un moment où la production s’attardait plus sur les petits signes d’exaspération des journalistes que sur le sujet.
On a pu constater aussi que ces journalistes là, triés sur le volet, étaient plus que "border line", à la limite de la faute professionnelle. Le manque de respect affiché est tout à fait révélateur.
S’ils n’avaient pas reçu des ordres ceux là n’auraient jamais osé.

26/04/2013 10:47 par babelouest

Attali ? Pour ce genre de comportement, il y a un précédent célèbre : Voltaire répondant à Rousseau de civile façon, mais le transperçant de poignards à chaque instant. Bien entendu l’élève n’atteint pas le maître, de loin.

L’un est resté dans les livres de littérature, pour l’autre...

26/04/2013 12:11 par Libre Plume

Crapulerie, le mot est parfaitement trouvé !

Nathalie Saint-Cricq avait littéralement monté un traquenard grotesque avec des images allant crescendo sur des propos piqués ça et là. C’était nul et extrêmement malhonnête. Elle était ridicule, mais vraiment ridicule.
En effet, Lenglet .... heu, pardon..... Môsieur Lenglet ..... a été comme d’habitude, doucereux, libéral et parfaitement arrogant.
Le top du top, c’était Attali, qui s’est posé en "grand intellectuel" souhaitant échanger et qui s’est avéré être un intello imbus de lui-même, bref, il était là pour s’écouter et savonner la planche à son interlocuteur.
Décidément rien ne change, les journalistes reçoivent un invité en le désignant d’emblée comme "celui qui n’aime pas les journalistes" sous-entendant ainsi la France (ils en connaissent quoi de la France les journalistes dans leur cocon de bien-pensants psycho-rigides ?), ils posent des questions avec les réponses déjà suggérées et surtout, ils sont formatés pris dans une corporation... quand le comprendront-ils ?
Apparu ? Parfaitement incolore, inodore face à un personnalité comme celle de Jean-Luc Mélenchon. Brouillon, énervé, croyant avoir des bons mots car il fallait "se payer" Mélenchon, franchement ses attaques étaient insultantes, inutiles et basses.

Mélenchon a raison, la vraie violence n’est pas où on croit.
Non, mais vraiment, qu’ils s’en aillent tous !

26/04/2013 14:00 par Bernard Gensane

À Jeremie,

Attali fut accusé par Elie Wiesel (excusez du peu). À lire, par exemple :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Verbatim_(Attali)
http://www.humanite.fr/node/250341
Lorsqu’on prend le parti d’écrire quelque chose de bref, on ne peut entrer dans tous les détails.
"Je n’aurai pas la cruauté de", c’est une sorte de figure de style. Cela dit, à sa manière, Attali est un monument, quelqu’un de très impressionnant. D’ailleurs, il s’est un peu moins trompé qu’Alain Minc dans ses prévisions économico-géopolitiques diverses, multiples et variées depuis 40 ans. Mais là, je vois que je dérape de nouveau.

Bernard Gensane

26/04/2013 14:15 par anne

Aucun des journalistes de cette émission n’a été correct , tous ont été petits et lamentables tant face à leur "invité" que tant face aux téléspectateurs. Ou est l’information dans ce fatras de haine et en effet le visage de St-Cricq était éloquent ! L’empire du mal était là. Tristesse.

26/04/2013 14:26 par Yves

Au "grand journal" à propos du "mur des cons" Attali assimile ce mur à une liste et, dit-il, quand on fait des listes on sait où ça nous mène !... (raccourci classique)
Alors moi j’suis emmerdé, demain j’voulais faire des courses mais j’ose pas faire une liste de peur d’être traité de néo fasciste !

26/04/2013 14:34 par claude bellity

Cet article n’est en aucun cas une analyse mais un commentaire partisans ..
c’est frustrant comme la plume rend trop léger ce qui en découle !

26/04/2013 14:35 par Quidam

Ca me fait toujours marrer quand j’entends ou je lis de prétendus progressistes se plaindre de la machine médiatique propagandiste, quoique ça ferait presque pitié…

Ben oui c’est nineteen eighty-four, même un môme comprendrait que c’est précisément pour cela qu’elle a été inventée !

C’est comme si vous entendiez un héroïnomane vous conter ses petits malheurs, vous lui diriez quoi au gus ? Les dealers sont des ordures ? L’héroïne est hors de prix ? La justice est trop dure ? Les flics sont corrompus ? Non, j’imagine que vous lui diriez que c’est la pire des saloperies & que hormis arrêter de toute urgence d’en consommer & ne plus jamais y toucher il ne sert à rien de geindre ni de tergiverser.

Ben avec la machine à décérébrer c’est pareil Bernard, si tu possèdes un récepteur TV, paies ta redevance, te bouffes cette merde quotidiennement – publicité comprise - ça ne sert à rien de couiner, tu en as pour ton pognon & les connards qui te gonflent, c’est toi qui les paies comme des nababs en plus avec ta redevance, la pub & tes impôts, alors de quoi te plains-tu ?

26/04/2013 14:37 par Arthurin

Si Mélenchon est dans le délire, s’il n’est le porte voix que de 11%, s’il n’est que l’écho de la plèbe de la rue, s’il n’est que l’ombre du populisme (dont on a appris finalement, d’un italien, qu’il est l’art des phrases faciles), s’il n’est que cela, quelle crainte anime la volonté d’Attali au point de ne pas laisser la répartie à son si faible interlocuteur ?

C’est parce qu’il sait que sur le fond il a tort et que la menace [de ne pas payer la dette] sera mise à exécution si nécessaire (ssi), d’où l’importance d’essayer de "griller" Mélenchon maintenant, avant qu’il soit very trop dangerous ; c’est certainement la conscience du temps imparti pour cela qui l’a conduit à une telle bassesse, en agissant de la sorte il se poignarde lui-même.

26/04/2013 14:39 par morvandiaux

Attali : c’est à lui tout seul le symbôle de l’IMPOSTURE !! de ces pseudo-experts normés et blablateurs...
Attali conseiller pas trop stages, Attali patron très très stages
Faites ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais. En tant qu’homme de gauche chargé de mission par Nicolas Sarkozy, Jacques Attali est un farouche opposant à la surexploitation des stagiaires. Mais le président de l’ONG PlaNet Finance ne se prive pas d’utiliser de nombreuses jeunes recrues à des postes très qualifiés...
http://www.rue89.com/2009/08/06/attali-conseiller-pas-trop-stages-attali-patron-tres-tres-stages

Le Monde pointe l’attitude contradictoire de Jacques Attali, qui préside une association, PlaNet Finance, recourant à l’emploi massif de stagiaires alors qu’il s’est déclaré contre ce type de pratique. Génération Précaire souligne avoir déjà dénoncé cette situation en janvier 2008. ...
http://tempsreel.nouvelobs.com/social/20090807.OBS6761/recours-aux-stagiaires-chez-planet-finance-d-attali-rien-n-a-change.html

26/04/2013 14:47 par Bonjour

Décevant Attali. S’il veut connaître la situation de la Corée du Nord, il devrait s’adresser au responsable qui soumet ce pays à des "tests" de résistance militaire, à un harcèlement militaire et psychologique permanent pour mettre la population à bout de nerfs, en plus de l’étouffer avec un embargo.

Pour être juste, Attali aurait dû désigner la responsabilité de Washington. Oserait-il ?

Une fois de plus la servilité à l’impérialisme donne le ton de nos pauvres débats.
Il ne faut pas chercher beaucoup plus loin la raison de la fausseté qui en ressort.

26/04/2013 15:14 par Jeremie Y

haha, j’ai ri, merci Yves !

Merci Monsieur Gensane pour vos liens, après relecture de mon commentaire je me rends compte qu’il parait plus "sévère" qu’il ne se voulait. Je comprends bien qu’un article succin ne peut pas être aussi documenté qu’un "10 000 signes". C’est juste que, à première lecture, je trouvais que la technique employée, l’ "allusion en passant", ressemblait fort à celles utilisées par ces vils communicants. Bon, la différence, qui n’est pas moindre, c’est que les leurs sont souvent calomnieuses.

M’enfin je chipotte, j’en suis conscient ... Au plaisir de vous lire.

26/04/2013 15:14 par Bernard Gensane

À Yves : un article amusant de Jean-François Kahn sur le Mur :

http://www.huffingtonpost.fr/2013/04/26/mur-des-cons-kahn_n_3162073.html?utm_hp_ref=tw

BG

26/04/2013 16:03 par corcovado4

A propos de cet Attali, n’a t’il pas déjà été surnommé "Attila" !? Sous entendu, partout ou passe la pensée ultralibérale de ce ci-devant, rien ne repousse. La révolution citoyenne et la VIeme République se chargera de balayer tous ces médiocres, Attila-tali compris.

26/04/2013 16:46 par do

J’ai moi aussi été écoeurée par la manière dont s’est déroulé ce débat. Le bellâtre Pujadas qui touche des fortunes d’argent des contribuables pour sourire bêtement à la TV en débitant le catéchisme du politiquement correct, La sotte St Cricq toute fière du mauvais tour qu’elle pensait jouer à Melenchon avec ses petites vidéos de 4 sous et ses fausses questions dont elle connaissait les réponses, le vide sidéral du prétentieux Lenglet sans cesse occupé à ménager la chèvre et le chou derrière son air définitif, le petit taureau d’Apparu qui a au moins posé une bonne question (que fait Mélenchon aux côtés des Solfériniens ? Il y est quoiqu’il dise puisqu’il a appelé à voter pour lui et promis de ne pas signer de motion de censure) et cerise sur le gâteau le goujat Attali.

Quand je l’ai vu apparaître se tortillant comme un serpent et commencer à flatter grossièrement Mélenchon en lui jetant des coups d’oeil pour vérifier s’il s’engluait bien sous l’épaisse couche de pommade qu’il lui mettait afin d’en remettre si d’aventure Melenchon s’ébrouait, j’ai eu peur sachant combien les hommes en vue sont vulnérables à la flatterie . Et pendant quelques minutes (pendant que Melenchon se demandait sans doute si c’était du lard ou du cochon) j’ai cru qu’il allait réussir à désarmer le lion fatigué par presque deux heures de lutte acharnée et réussir à nous débiter sans contradiction son catéchisme néo-libéral de gôche qu’il prétendait tactiquement que Melenchon partageait avec lui. Mais dieu merci, alors que le serpent constricteur était sur le point d’étouffer le grand lion, celui-ci s’est secoué et l’a fait lâcher prise. c’est pourquoi Attali, maître/courtisan adulé habitué à ce que tout plie devant lui, s’est vengé par une belle petite saloperie, qu’il a jetée par dessus son épaule tout en se sauvant comme le peteux qu’il est.

Pour en revenir à Mélenchon, j’admire son ardeur combative, sa force et sa ténacité, j’admire le fait qu’il soutienne Chavez envers et contre tout et qu’il ose avoir des opinions différentes du politiquement correct. Mais j’ai parfois l’impression qu’il ne les assume pas vraiment. Par ex pour le Mali. Pourquoi n’a-t-il pas dit : Moi je n’y serais pas allé parce que ....(les arguments qu’il a fini par donner quand il a été acculé sans jamais vouloir dire s’il fallait y aller ou non) Pareil avec la question des droits de l’homme (la tarte à la crème des salonards progressistes au nom de quoi tout est permis) et du Tibet. Ce qu’il a dit du Tibet était parfaitement vrai et anti politiquement correct mais là aussi il a commencé par louvoyer au lieu d’assumer pleinement.
Et sur l’Europe sa position non plus n’est pas claire. Peut-on vraiment être contre tout ce que fait, est, engendre l’Europe et refuser d’en sortir ?...

26/04/2013 18:09 par babelouest

@ do
Bien d’accord, il n’assume pas suffisamment certaines contradictions, c’est d’ailleurs là-dessus que je le critique. Par moments, on dirait presque qu’il assume à peu près son oui à Maastricht, mais qu’il regrette son non au TCE. En fait, sur tout ce qui concerne la politique extérieure je le sens mal. (y compris ce qui a trait à l’union européenne)

Curieusement, ce n’est pas là-dessus que les hyènes l’attaquent.

26/04/2013 23:11 par patrice sanchez

Crapuleuse attitude de l’Attali, le suppôt de zitoire !
Que toute cette immonde engeance bouffeuse à tous les râteliers umps pro NOM profite encore, car avec la crise qui va s’accélérant le peuple risque de se radicaliser et j’espère ardemment que les masques tomberont et qu’ils passeront pour ce qu’ils sont : des traitres à la nation !

27/04/2013 09:15 par Esote

« ...Monsieur Attali, écoutez-moi, de quelle manière peut-on solder une dette de cette importance... ?

-Par la croissance, par la guerre, par l’inflation. Voilà les trois façons...

-Et... vous oubliez un cas, c’est curieux, vous ne l’avez pas prévu... Rembourser... en faisant une politique d’austérité. C’est ce qu’ils font... ».

Lors de cet échange, qui m’a ravi, Attali, pris au piège de sa propre suffisance, tente, tel le fayot moyen , d’ interrompre le maître pour « réciter, avant lui, la bonne réponse ».
Hélas pour lui, il commet un énorme lapsus, immédiatement relevé par un Mélenchon olympien.

Par chance, la camera saisit l’ombre fugace de haine qui traverse le regard d’Attali lorsqu’il réalise à quel point son socle argumentatif vient d’être ébranlé par cet oubli.
La salle ne s’y trompe pas non plus. Tout le monde jubile...
Cette petite séquence, je trouve, est un vrai régal...

Excellent article. Bravo Bernard.

27/04/2013 11:00 par gérard

Non !
Je suis pourtant un inconditionnel de Mélenchon (autant si ce n’est plus qu’Ariane), ainsi que des analyses de Jacques Généreux,http://www.miltha.lautre.net/2012/04/19/14-questions-a-j-genereux-retranscription/14-questions-a-jacques-genereux-11/
Mais devant cet article, décidément non !
Avec cette représentation qui est donnée de Jacques Attali, vulgairement parlant, je dirai...qu’on marche à côté de nos pompes.
Degré d’analyse de texte sur Attali ? Pour être gentil je dirai...bof, bof, bof, tout en précisant bien quand même que je suis en parfait accord sur tout le fond de cet article, sur le degré inqualifiable des autres "journalistes".

Il y a un parti pris évident dans cet article : il ne retient de l’intervention d’Attali que cette phrase sur la Corée du nord, il a oublié que durant tout le début du débat entre eux, Attali a donné son agrément sur tout ce que disait Mélenchon et pas que sur des broutilles !
Et je suis certain que ce n’était pas de la "pommade" de sa part.
Pour la seule et unique fois de la soirée, nous étions dans le "cœur de la centrale", dans le fond du fond du problème, car il y a urgence absolu a réagir contre l’oligarchie financière mondiale, mais comment ?

Quelles étaient donc leurs divergences profondes ?
Pour résumer schématiquement :
Attali a évoqué de son côté que les objectifs économiques du Front de Gauche (du non paiement de la Dette) se heurteront à la Finance Internationale et point indéniable aussi, qu’une partie de cette dette de la France était détenue par des Français, et donc que cela ne simplifiait pas les choses, loin s’en faut...
Sa thèse était que si la France se retrouvait seule, elle serait laminée, et qu’elle risquerait de se trouver dans une position d’isolement type... " Corée du nord". Il n’était pas du tout question dans cette "phrase assassine" d’effectuer une quelconque comparaison avec ce type de Régime, mais là, Mélenchon avait suffisamment exagéré en ne le laissant pas parler (c’est la meilleure méthode pour pousser quelqu’un à bout) ; il m’avait moi aussi un peu exaspéré (ce qui est extrêmement rare de sa part !) car je voulais écouter dans le détail ce que voulait dire Attali, même si c’était des conneries, je voulais quand même les connaître ! Je n’en ai pas eu le temps...
Mélenchon, j’ai le regret de le dire, a réagi à côté de la plaque, il a pour ainsi dire...raté le coche ; puisque Attali était d’accord sur les valeurs, il fallait le prendre au mot et le questionner sur les solutions qu’il envisagerait si lui aussi se retrouvait premier ministre...Avec Attali il ne fallait pas jouer du tribun, mais le prendre sur son terrain, la conversation "tranquille" !

Depuis très longtemps j’ai bien examiné les propositions du Front de Gauche, ma conclusion est qu’il faudra et que c’est inéluctable, que "quelque chose" se passe au niveau de l’Euro ; son éclatement m’a toujours paru comme étant la condition sine qua non pour reprendre le pouvoir au Système. Mais là, il faudrait déjà une boule de cristal pour prédire quelles seraient alors les réactions des autres États Européens face à un forcing de la France, la suivraient-ils ?

Il y a bien ce Postulat Généreux/Mélenchon, comme quoi la France pourrait parvenir à être la "locomotive" pour entraîner une partie de l’Europe , mais une scission de l’Euro nord/sud en serait la conséquence (encore) inéluctable.

Ce "postulat" est pour moi le seul et unique valable, il n’y en a pas d’autres ; il est impératif de le risquer le plus tôt possible, et surtout avant d’y être obligé, car à ce moment là il sera trop tard pour éviter une crise mondiale qui serait alors bien pire en puissance que celle de 1929...

Je ne partage pas du tout l’analyse de Jacques Attali, et sa vision "supra-nationale, européenne ou mondialiste, je la pense carrément "bisousnours" (Je ne vais pas entrer dans sa psychologie, mais simplement dire que tout le monde ou presque a tout faux à son sujet ; en le diabolisant ainsi on se goure complètement de cible, il y a vraiment bien pire que lui).

Sans "électrochocs" déjà, rien ne serait possible au niveau de l’Union Européenne, alors que dire au niveau mondial...La confrontation par un "électrochoc" n’est pas dans le tempérament d’Attali, mais je pense qu’il faut au moins respecter son opinion ; Attali a au moins le mérite dans le fond de sa philosophie de partager les mêmes aspirations, les mêmes valeurs (?) que Mélenchon. Dès sa prise de parole je le redis, il l’indique d’ailleurs très clairement : "j’ai beaucoup d’intérêt pour votre action et votre vision du Monde"...etc. Et je ne pense pas comme disent certains que ce fut juste pour ensuite asséner ce " coup de poignard" à Mélenchon. Ce n’est pas du tout le style d’Attali, mais une réaction que tout le monde a eu un jour ou l’autre, après une polémique, celle du style : "allez vous faire f..tre !"

Pourquoi donc avoir tant mis le projecteur-négatif principalement sur Attali (en le présentant par exemple sur une photo avec Sarkosy), alors qu’avec lui s’était établi le seul dialogue constructif de la soirée, et que les autres "adversaires" de Mélenchon étaient soit superficiels soit insupportables, ou soit les deux à la fois (tel Jef Wittenberg) ?

La question de la "crédibilité du pouvoir de la menace" soulevée par Attali, de sa crédibilité est d’autant plus réelle qu’il y aurait alors une attaque directe sur les pouvoirs fondamentaux du Système, et qu’il ne se laisserait évidemment pas faire, faut le comprendre !
C’était donc bien une question à poser ; mais personnellement je pense plutôt que c’était une question à ne SURTOUT pas poser, car il y n’a pas de réponses à cette question ! Trop d’inconnues dont la suite des événements, comme je l’ai déjà dit, les réactions des autres Pays Européens, mais hélas... pas que d’eux !
L’inconnue principale, car encore une fois , elle est inéluctable, que se passerait-il en cas de bouleversement sur l’Euro ?
Si quelqu’un a une réponse non dogmatique, qu’il la donne...

Il y a bien cette solution qui est apparue il y a pas mal de temps de cela et que je viens de retrouver sous une forme bien concrète :
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3899
Elle mérite à mon avis de sérieuses réflexions
Heu...sur les différents moyens de remboursement de la Dette, il faut relire ou lire Généreux, il est question de ne JAMAIS la rembourser ; de toute façon elle n’est pas remboursable ou sur un délais non en rapport avec l’ampleur de la crise, et elle correspond au cumul des intérêts depuis, depuis 1973 ; comme a dit Généreux, en parlant des prêteurs, de mémoire : "ils ont joué, ils ont perdu !"
http://www.dailymotion.com/video/xday9w_j-genereux-lesprit-de-munich-a-enva_news

27/04/2013 11:05 par bouboule

attali ?il aime insérer la peur et les doutes dans l’esprit des gens ; comparer la france à une future corée du nord ,c’est un peu gros ; il en est de certaines personne qui ne méritent vraiment que l’on s’intérresse à leurs dires et attali en fait partie ;

27/04/2013 11:10 par Vagabond

Est-ce que je me trompe ou ça ressemble à un culte de la personnalité ?

27/04/2013 11:48 par hassinus

Attali ? Pour ce genre de comportement, il y a un précédent célèbre : Voltaire répondant à Rousseau de civile façon, mais le transperçant de poignards à chaque instant. Bien entendu l’élève n’atteint pas le maître, de loin.
Enfin voilà quelqu’un qui a la même opinion que moi sur Voltaire que je considère comme le fondateur de la dynastie des intellectuels à la BHL idéologue et grand maître des tours de passe-passe et des formules brillantes mais creuses ( despote éclairé ou cultiver votre jardin) pour défendre reines et rois et fustiger leur victimes ( Les esclaves ? - mais c’est de leur faute ! La religion - elle empêche mon tailleur de me voler ) et ça ne va jamais plus loin ! Merci donc.
Quant au reste, c’est mal aborder le problème dès qu’on affabule du titre de "journalistes" ceux qui ne sont que des agents de communication et de propagande - fiers d’être des serviteurs du grand capital ! C’est vrai qu’ils sont superbement rémunérés pour leur travail !

27/04/2013 13:31 par Bernard Gensane

A Gérard ;
Si j’ai rédigé ce court article, c’est parce qu’Attali avait précédemment proposé au moins deux fois cette comparaison : France de Mélenchon = Corée du Nord. Comme il ne peut plus aujourd’hui dire "les cocos à Moscou", il propose encore pire. Dès qu’il s’est dirigé vers la table du débat, j’étais sûr qu’il balancerait cette petite saloperie. Dans sa tête, le quart d’heure qui a précédé était bidon et ne visait qu’à cela.
Cela dit, ce que vous dites sur la politique de Mélenchon dans le reste de votre intervention est plus qu’intéressant et alimente le débat.

27/04/2013 13:51 par mandrin

Attali un salopard ?

Je pense que le qualificatif a toute sa pertinence et d’autant plus qu’il se produit dans son habit de prélat obséquieux missionnaire, fidèle serviteur de son carnet d’adresse.

27/04/2013 15:01 par Dwaabala

@ babelouest

En fait, sur tout ce qui concerne la politique extérieure je le sens mal. (y compris ce qui a trait à l’union européenne)
Curieusement, ce n’est pas là-dessus que les hyènes l’attaquent.

Je vous sens très bien... et me perds en conjectures.
Peut-être n’est-il pas attaqué parce qu’elles n’ont pas grand-chose à redire, et que jouer les avocats du diable serait aller trop loin contre le consciensius... comme disait Madame ma gargotière.
Ceci dit, il y a longtemps que j’ai déserté ces émissions.

27/04/2013 16:24 par calamejulia

J. Attali est rentré dans le jeu de J.-L. Mélenchon pour ce qui est du choix de vocables
percutants et ici donc un pays Corée du Nord !
Mais ne nous y trompons pas. Si ce Monsieur a choisi ce pays c’est sans doute parce qu’il
en connaît certains potentiels et que, pour l’instant, ceux-ci lui sont inaccessibles.
N’ayant pas regardé D.P.et D.A. j’en resterai là.

27/04/2013 20:04 par gérard

@ Bernard Gensane

France de Mélenchon = Corée du Nord. Comme il ne peut plus aujourd’hui dire "les cocos à Moscou", il propose encore pire.

Je n’ai pas plus envie que cela de défendre Attali, mais je suis persuadé que cette analyse est un contre sens absolu.
Attali entend signifier que si "la France de Mélenchon" sort de fait de l’Euro par ses objectifs, et surtout toute seule, elle risque de se retrouver totalement isolée...comme la Corée du Nord. C’est le sens de son analyse. Là je ne comprend pas le sens des "cocos à Moscou", cela n’a strictement rien à voir.
Par contre le risque est quand même grand d’un réel isolement de la France, il ne faut pas le sous-estimer.
Comme je l’ai dit, c’est un risque qu’il faut prendre car il n’y a pas d’autres solutions pour combattre le Système qui nous envoie droit dans le mur. Ce dernier entend bien que les États "restent dans les clous" de leurs récessions, stratégie du choc oblige...
Ce que je n’ai pas pu connaître d’Attali, c’est sa recette pour sortir de ce guêpier, et c’est vraiment dommage, car Jean Luc Mélenchon aurait pu alors argumenter. Face à quelqu’un comme Attali, il est largement plus constructif d’opposer "tranquillement" arguments contre arguments, que de le jouer tribun.
Attali, je l’attendais à l’avance comme un piège, et ça n’a pas raté. Si je suis à fond pour Mélenchon, il subsiste quand même en moi un doute non pas sur le bien fondé de ses objectifs, mais sur leur faisabilité face à un système dont il ne faut surtout pas sous-estimer les pouvoirs de nuisance...
Croisons les doigts.

27/04/2013 21:34 par Arthurin

@ gérard

Le pouvoir fédérateur qu’aurait la venue du FDG au pouvoir n’est pas à négliger non plus, les points d’appui sont là mais encore timides, tout le monde se dit la même chose "on ne peut pas faire ça, on sera isolé".

La tautologie est parfaite, il faut la briser maintenant, je rejoins tout à fait ton raisonnement.

@ vagabond

Si, un peu, il ne faut pas se leurrer, l’humain est ainsi fait. Ceci dit, Mélenchon a rappelé à plusieurs reprises (et pas seulement lors de l’émission) qu’il ne faisait que se mettre au service du FDG, je crois qu’il le vit comme ça.

28/04/2013 13:03 par Cunégonde Godot

Il n’y avait aucune différence sur le fond entre MM. Attali et Mélenchon. Seulement sur des points de détails.
Le fond c’est quoi ? L’Europe. Ils sont d’accord. L’Europe c’est quoi ? La mondialisation et son corollaire la disparition des Etats-nations. Ils sont d’accord là aussi. La perte de souveraineté de la France débouche inéluctablement sur son impuissance - Hollande (et Sarko en son temps) en sait quelque chose. MM. Attali et Mélenchon le savent tous les deux également, mais M. Attali en tire les conséquences : le renoncement de notre pays à toute politique indépendante et sa dilution définitive dans la mondialisation capitaliste. M. Attali est logique et cohérent. Pas le leader du "Front" de gauche. Un changement radical de politique commencerait par la sortie de l’Europe - et de l’OTAN. M. Mélenchon le sait. Mais d’avance il y renonce et par-là se condamne à l’impuissance. En attendant, il fait du bruit, beaucoup de bruit. Un peu fatigant à la longue...

28/04/2013 14:50 par legrandsoir

Un peu fatigant à la longue...

Un peu comme vos critiques contre J-L M ?

Et toc.

28/04/2013 16:38 par Annie Stasse

J’avoue que j’attendais JLM avec plaisir pour l’entendre les ramasser tous comme il y avait si bien réussi une fois précédente durant la campagne électorale… je suis donc persuadée qu’ils avaient chacun une revanche à prendre sur lui, pour enfumer mieux que précédemment les télé-spectateurs… n’y ont-ils pas réussi cette fois ? car finalement c’est ça qui compte : ce que le téléspectateur moyen en retient.

Je n’ai pas lu de sondage sur le résultat de cette émission, s’il y en a un je serais curieuse de le connaitre, car je pense que le tweet qui disait "je comprends rien", n’était malheureusement pas l’exception.

Ils ont réussi leur coup, d’après moi, mais si je suis trop pessimiste, concernant le téléspectateur moyen s’entend, le convaincu d’avance ne m’important que peu.

Il est vrai que parmi toutes les insanités et couleuvres qu’on a voulu lui faire avaler celle de Attali fut la plus indigeste, je l’ai encore sur l’estomac, merci donc pour ce billet.

29/04/2013 22:53 par Ogotemmêli

Cet article dit le contraire de ce que j’ai compris de l’épisode Attali !

L’auteur de l’article n’a pas réagit à ce qu’a dit Attali, mais plutôt à la réaction que le propos d’Attali a provoquée chez Mélenchon : le nouveau champion de la Gauche si attristé d’avoir été renvoyé à la Corée du Nord par quelqu’un dont auparavant il s’enorgueillissait tant de recevoir le certificat du sérieux des propositions du FdG...

Souvent, Mélenchon me fait l’impression d’un bon soldat du système UMPS, qui s’est rebiffé la mort dans l’âme ; tant les "Solfériniens" ont ruiné les apparences et autres simulacres de l’opposition Gôche-Droite...

Corée du Nord :
Où sont les preuves directes, indépendantes de la propagande merdiatique impérialiste, dont dispose M. Mélenchon sur la nature criminelle-dictatoriale de la Corée du Nord ? Ce dont il a cru qu’Attali l’accusait, à savoir une dictature sanguinaire nord-coréenne, est-il rigoureusement établi par lui-même ? Ou bien là encore, il se fie aux trombes de mediamensonges et procédés de diabolisation ourdis sur la Corée du Nord par le même système que Mélenchon dit (feint ???) de combattre ???

Les mêmes louvoiements persistent à de nombreux endroits du discours de JLM ; ce qui me laisse une amère impression de fausse monnaie...

Droits de l’homme en Chine :
En rechignant à répondre franchement à la question relative aux droits de l’homme en Chine, Mélenchon accrédite insidieusement avec la meute merdiatique l’idée que la Chine est pire que la France ou a fortiori les Etats-Unis sous ce critère. Pourtant, il y a eu plus d’exécutions de condamnés à mort aux EUA qu’en Chine ; la proportion de citoyens emprisonnés pour diverses raisons (y compris les plus farfelues) est beaucoup plus forte aux EUA qu’en Chine. Bref, demanderait-t-on sempiternellement à François Hollande de se prononcer sur les droits de l’homme aux EUA chaque fois qu’il va rendre visite au petit Luo de la Maison Blanche ???

En somme, lors de cette émission, j’ai eu l’impression que Mélenchon a été encore victime de ses propres turpitudes, insuffisances et apories :
- être contre l’intervention militaire au Mali, puis laisser entendre/dire que cette intervention aurait été un succès. Foutaises du même acabit que son soutien à l’agression de la Syrie !
- Etre pour une nationalisation de la monnaie (ou plus exactement pour une monétisation de la dette publique), mais accepter l’idée - péremptoirement assénée par Attali - que celle-ci ne devrait jamais se faire qu’au plan européen ; y compris avec l’accord de pays non membres de l’€uroland (ex. Grande-Bretagne), voire en espérant qu’un tel accord soit favorisé par une Allemagne gardienne (et surtout unique bénéficiaire) du système BCE actuel...

Flippant !!!

(Commentaires désactivés)