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Violences faites aux femmes : "Notre bataille, c’est que la honte change de camp"

Emmanuelle Piet

Par Emmanuelle Piet, Présidente du collectif fémin contre le viol (CFCV)"Cela fait peu de temps que l’on s’intéresse au nombre de viols en France, les chiffres sont rares. La première enquête officielle date de 2000. Depuis, il n’y a pas eu d’autres enquêtes, la ministre a annoncé, mercredi, qu’il y en aurait une nouvelle. On peut penser qu’il y a beaucoup plus de viols que les 75"‰000 viols de femmes adultes annoncés chaque année, car nos évaluations sont minimales. Nous possédons les chiffres de la gendarmerie et du ­tribunal ou d’enquêtes de victimation. Mais d’une part, peu de ­victimes portent plainte, d’autre part, la honte de parler existe encore chez les victimes. Ainsi un grand nombre de femmes ne disent rien, même à une simple enquêtrice.

Notre bataille, c’est que la honte change de camp. Il est essentiel de modifier le regard de l’ensemble de la société sur le viol. Cela passe par plusieurs actions. La première est médiatique. Notre campagne est axée sur l’idée d’inverser la culpabilité"‰ : quand on a été violée, on n’y est pour rien. Le responsable c’est l’agresseur, pas la femme. Même si elle a bu, même si elle portait une minijupe, l’idée toujours que lorsqu’on dit "non" , c’est "non" . Nous devons donc toujours rappeler que la victime n’est jamais responsable de ce qu’il s’est passé. Car, dans la société, lorsqu’on parle de viol, on dit "elle s’est fait violer" , ce langage révèle implicitement que la victime aurait fait quelque chose pour être violée, qu’au fond, elle l’aurait un peu cherché"‰ ! On devrait dire "elle a été violée" . La société, les médias déplacent la responsabilité sur les ­victimes. Ce qui contribue à rendre impossible leur parole. Et même quand elles ­arrivent à en parler à leur entourage, par exemple, on leur dit qu’elles n’auraient pas dû partir toute seule, à cette heure-là , s’habiller comme ça, aller dans ce quartier-là … En somme, c’est toujours leur faute"‰ ! Et puis faire changer la honte de camp, ne pas se sentir responsable, coupable, c’est le premier pas pour se reconstruire. Pour faire changer la honte de camp, il faut changer radicalement les mentalités. Et pour modifier les mentalités, il faut à la fois agir au niveau de la prévention, de l’éducation et de la loi.

Si on prend l’exemple des violences conjugales, nous devons d’abord prendre conscience que les enfants qui voient leur père tabasser ou forcer leur mère à la maison ­risquent d’apprendre à reproduire le même comportement. Les violences conjugales sont une école de violence pour les enfants. Pour avancer de ­façon efficace et collective, je pense qu’il faut réussir à protéger les enfants, les aider à parler et savoir écouter leurs paroles.

Au niveau du changement de mentalité des adultes, cela passe par une meilleure et plus large formation de l’ensemble des professionnels"‰ : travailleurs sociaux, de l’éducation, de la police, de la gendarmerie, de la santé et des magistrats…

Puis, il faut renforcer la loi. Nous, Collectif féministe contre le viol, avons quatre grandes revendications. La première, c’est l’arrêt de la correctionnalisation judiciaire des viols en France. La pratique est généralisée, il s’agit de taire les éléments caractérisant le viol - c’est-à -dire la pénétration non consentie - pour ­requalifier l’infraction en agressions sexuelles, c’est-à -dire en délit. On ne peut pas avoir une pensée et une action cohérentes en affirmant d’un côté que le viol est un crime et de l’autre côté correctionnaliser les trois quarts des viols. Deuxièmement, en mars"¯2010, l’article de loi définissait le viol comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ou inceste" . Or, le Conseil d’État a invalidé l’inceste en septembre"¯2011. C’est insupportable. A chaque fois qu’on parle d’inceste, il faut prouver la menace et la contrainte. Comment un enfant de six ans peut-il prouver cela"‰ ? Nous souhaitons que l’inceste revienne dans la définition du viol. Troisièmement, nous revendiquons le retrait de l’autorité parentale quand un viol est commis par l’un des ­parents. Enfin, nous militons pour une prise en charge des soins à 100"¯% concernant les victimes."

(*) Le CFCV gère la permanence téléphonique Viols Femmes Informations 08"‰00"‰05"‰95"‰95.

Ce dimanche : journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes

Propos recueillis par Anna Musso

Source : http://www.humanite.fr/societe/violences-faites-aux-femmes-notre-bataille-c-est-que-la-honte-change-de-camp-509346

COMMENTAIRES  

26/11/2012 10:51 par Dwaabala

Nuances

« Il est essentiel de modifier le regard de l’ensemble de la société sur le viol » dites-vous.

Il est essentiel que la société change son regard sur elle-même et qu’elle commence par discerner la première des violences : celle de la classe des exploiteurs sur celle des exploités même si l’hypocrisie de la méthode démocratique la masque en temps de "paix sociale" ; violence qui engendre la corruption et la misère dont découlent pas mal de vilénies.

Il ne s’agit évidemment pas ici de critiquer les actes de défense de telle ou telle catégorie de la population, bien au contraire ! mais de constater la grande confusion idéologique dans laquelle tout baigne.

« Plus la démocratie est développée et plus elle est près, en cas de divergence politique profonde et dangereuse pour la bourgeoisie, du massacre ou de la guerre civile. " Lénine La Rév. prol. et le ren. K.

Ce qui montre a contrario qu’il n’y a pas eu depuis longtemps en France de "divergence politique profonde et dangereuse pour la bourgeoisie".

26/11/2012 15:07 par Romane

merci Dwaabala de me confirmer que certains hommes de gauche ne sont pas des frères de lutte en ce qui concerne les problèmes spécifiques que sont les violences faites aux femmes.

26/11/2012 17:53 par Dwaabala

à romane

1) Je ne revendique pas l’appartenance à « la gauche ».
2) Sans doute obnubilée par ma conclusion, ne m’avez-vous sans doute pas bien lu : je ne critique pas les mouvements revendicatifs quand ils me paraissent justes, donc je les soutiens.
3) Par contre, je critique la confusion idéologique dans laquelle baigne la gauche (pas les femmes du peuple qui manifestent contre les violences qui leurs sont faites, je ne suis pas idiot : j’ai eu mère, j’ai soeur, femme, fille et petite-fille), gauche qui se noie dans le "sociétal" en oubliant avec complaisance des vérités criantes élémentaires.
4) Je vous pose une question : comment vous situez-vous vous-même ? Soutenez-vous politiquement "vos frères de gauche" ?

Ceux, celles qui divisent le peuple sur des questions de race, de religion, de sexe, de genre, etc. pour masquer l’essentiel : la lutte des opprimés contre l’oppresseur, ne sont pas des amis, des amies du peuple.

26/11/2012 18:31 par calame julia

Comme les femmes battues qui cherchent un toubib en pleine nuit (22 heures) parce que c’est
ce jour-là , cette nuit-là qu’elles ont les marques qui le prouvent et qu’elles ne trouvent personne !
- tentative de strangulation- par exemple.
Après (le lundi) il sera forcément trop tard pour les traces et personne ne prendra une plainte
ou un témoignage au sérieux ! On arrête de rigoler et les toubibs n’ont qu’à convoquer les
délinquants concernés.

26/11/2012 21:25 par Sheynat

@ Dwabala
Faire passer l’exploitation au premier plan et la discerner comme la première des violences, entièrement d’accord.
D’ailleurs, on peut rappeler la définition de ce terme :
«  profiter de façon abusive »
Et puis, on peut observer dans les faits quelle est la classe la plus exploitée ou abusée :
- exploitée sexuellement : les femmes
- abusée sexuellement (viols) : les femmes
- exploitée au travail : les femmes
- exploitation domestique : les femmes
- exploitation médiatique : les femmes
Il apparaît donc, pour clarifier toute confusion idéologique, qu’en terme d’exploitation les femmes le sont doublement. La cause défendue dans l’article devrait donc en toute logique, passer doublement au premier plan.
Pour plus d’infos, voir ici : Doublement exploitées, doublement révolutionnaires
Au cas où un doute subsisterait, un extrait de cet article :
«  Comme de nombreux rapports l’ont montré, même si toutes les couches populaires sont concernées, les femmes subissent plus durement les mesures d’austérité ».

Ce qu’explique Voltairine est toujours d’actualité, malheureusement :
«  Modifier en profondeur les relations hiérarchiques et autoritaires qui articulent notre société implique une réorganisation du rapport entre sphère publique et sphère privée, rapport au centre duquel se trouvent sexisme et patriarcat. »
(Voltairine de Cleyres/écrits d’une insoumise -la Gauche Verte )

A mon tour donc de nuancer votre propos :

Ceux, celles qui divisent le peuple sur des questions de race, de religion, de sexe, de genre, etc. pour masquer l’essentiel : la lutte des opprimés contre l’oppresseur, ne sont pas des amis, des amies du peuple

En déclarant :
Celles, ceux qui divisent le peuple en masquant l’essentiel, c’est à dire que la lutte des opprimés contre les oppresseurs est autant une question de la sphère publique (exploitation sociale) que de la sphère privée (abus sexuels) ne sont pas des amies, des amis du peuple.

26/11/2012 22:04 par Anonyme

A Dwaabala,

Et quand nous disions « Il est essentiel que les discriminations racistes soient sanctionnées par la loi (les agressions étaient déjà censées l’être) » répondiez-vous déjà , avant que des lois n’établissent de telles sanctions, que "Ceux, celles qui divisent le peuple sur des questions de race, de religion, de sexe, de genre, etc. pour masquer l’essentiel : la lutte des opprimés contre l’oppresseur, ne sont pas des amis, des amies du peuple." ?

Et quand nous disons, "il est essentiel que les agressions israéliennes contre le peuple palestinien" soient sanctionnées par la communauté internationale" répondez-vous encore que "Ceux, celles qui divisent le peuple sur des questions de race, de religion, de sexe, de genre, etc. pour masquer l’essentiel : la lutte des opprimés contre l’oppresseur, ne sont pas des amis, des amies du peuple." ?
Nous expliquerez-vous qu’il faut commencer "par discerner la première des violences : celle de la classe des exploiteurs sur celle des exploités même si l’hypocrisie de la méthode démocratique la masque en temps de "paix sociale" ; violence qui engendre la corruption et la misère dont découlent pas mal de vilénies." ?

Faut-il renoncer à lutter contre l’oppression spécifique des gazaouis sous prétexte de ne pas diviser les opprimés (le peuple israélien aussi est opprimé par la classe des exploiteurs ; il a même lutté l’an passé contre cette dernière, et la tromperie dont il est victime de la part de ses exploiteurs risque de lui coûter très cher dans un proche avenir) ?

Ce n’est pas comparable, n’est-ce pas ?
En êtes-vous sûr ?

27/11/2012 14:32 par Safiya

@ Anonyme

C’est qui-quoi les Gazaouis, de quelle planète viennent-ils. Ras-le-bol des violons qui ne servent qu’à mieux "innocenter" ceux de l’autre côté du mur dont ils sont les artisans. Le coup des exploités, on me l’a fait il y a des années avec les soit-disant "panthères noires" de l’entité sioniste, alors basta !

@ Sheynat

Merci pour ta clarté et tes liens, bien que celui de Voltairine soit "illisible", une grande page de pub impossible à fermer empêche la consultation du texte.

Perso, j’ai saisi le sens du com de Dwaabala et n’en ai point été choquée mais ta nuance peut servir aux pressé(e)s ou "empressé(e)s", c’est selon.

@ Dwaabala

Solidaire avec toi camarade, jusqu’au bout de mes ongles que je porte très courts et parfaitement limés. Une grande et sororale bise !

27/11/2012 14:47 par Dwaabala

L’ État est tiré à hue et à dia.

D’un côté des lois et des punitions plus sévères pour les bougres qui tabassent chez eux, et contre les malades asociaux qui violent.
Surtout, surtout sans se poser la question de savoir pourquoi ces bourreaux et ces victimes.

De l’autre, libéralisation des liens juridiques, dans le sens d’une sorte de droit civil à la carte en matière de statut familial et de fragile filiation.

Moins d’État pour vivre sa subjectivité idéalement déliée des contraintes institutionnelles, en libre service,
et plus d’État répressif et thérapeute pour ramasser et recoller les morceaux, les lambeaux, les victimes des pauvres types et des criminels non civilisés. C’est la rengaine libérale libertaire : plus d’État, moins d’État.

Pas sûr que ce besoin de quadrillage répressif et thérapeutique face à la destruction du tissu social dont elle est la responsable puisse être satisfait de manière efficace par la démocratie bourgeoise dans sa déliquescence actuelle.

27/11/2012 18:47 par Anonyme

@ Safiya

C’est qui-quoi les Gazaouis, de quelle planète viennent-ils. Ras-le-bol des violons qui ne servent qu’à mieux "innocenter" ceux de l’autre côté du mur dont ils sont les artisans. Le coup des exploités, on me l’a fait il y a des années avec les soit-disant "panthères noires" de l’entité sioniste, alors basta !

Merci d’expliciter le sens de votre commentaire et d’opposer des arguments compréhensibles aux propos dont vous semblez contester le contenu, d’autant que ceux-ci s’adressaient clairement à un autre lecteur qui, lui, s’est abstenu d’y répondre et que vous ne semblez pas les avoir très bien lus.

27/11/2012 21:11 par Sheynat

@ Dwaabala
«  Je ne revendique pas l’appartenance à «  la gauche »
Bah au moins c’est clair et quelque part j’en suis soulagée, car je commençais à me dire que j’étais en train de découvrir le «  machisme de gauche » et que je pouvais le résumer ainsi :
Dès qu’il s’agit de la cause des femmes, qui représente pourtant la classe la plus exploitée à tous les niveaux et dans toutes les couches sociales, il est récurrent d’avancer qu’il y a plus essentiel, important, etc. : «  la lutte des classes ».
Pour la cause des femmes, et pas pour les autres causes : c’est ce qu’a tenté de démontrer Anonyme par ses questions.
Et si elles répliquent avec pertinence comme l’a fait d’entrée Romane, on leur demande des comptes : tu-fais-quoi-toi-pour-nos-frères-de-gauche
Autrement dit, elles n’auraient pas mieux à faire ? Assez typique... mais on ne va pas leur demander à eux, combien de temps ils passent scotchés à l’écran à longueur de journée en "floodant" sur le web (si, si tout plein de commentaires hyper-importants), ce serait totalement odieux car manquer de la féminité la plus élémentaire (celle qui est attendue : ne pas riposter).

Donc, encore une fois, on se retrouve en face du légendaire : taie-toi-la-femme-tu-ne-te-rends-même-pas-compte-que-tu-divises-avec-tes-luttes-personnelles-même-si-elles-sont-légitimes.

Pour condenser encore mieux cette attitude je cite cette fois un homme, Vincent Cespedes :

«  Méfiez-vous de l’Angélisme, Mesdames, vos voies seraient totalement approuvées par de purs machos. Ils diront «  ouai elles ont raison » mais ça ne changera rien. Ils diront «  le débat était intéressant, allez, bobonne, maintenant tu fais la bouffe ».

Pour moi il a assez bien cerné le problème de fond : le clivage entre le discours social et les actes dans la sphère privée.
Son erreur -d’après moi- est qu’il s’adresse aux femmes alors que c’est aux hommes qu’il devrait témoigner sa dissidence à ce qu’il nomme le «  communautarisme masculin ».
Il dénonce leurs dépendances au «  paradigme de l’hyper-performance qui les castre et que l’entreprise valorise ».
D’après lui les chiffres catastrophiques témoignant de la violence sexuelle faite aux femmes proviendrait de la dépendance masculine dont l’effet est de s’approprier leur ventre. Car l’autonomie d’une femme, sa sexualité libérée, est insupportable à grand nombre d’hommes.
«  Pourquoi ne pas parler de sexualité alors que c’est pour cela qu’on les frappe et qu’on a énormément de violence avec elles ? »

On retrouve cette même notion essentielle de dissociation entre domination et liberté, dans la présentation du film «  Jusqu’à un certain point » (Tomà s Gutiérrez Alea) avec cette chanson basque :
«  Si je voulais, je pourrais lui couper les ailes et elle serait mienne,
Mais elle ne pourrait plus voler, et ce que j’aime c’est l’oiseau. »

Dans votre dernier commentaire vous parlez de «  malades associaux » : grosse erreur de votre part.
D’après les statistiques, la majorité des violeurs sont des «  monsieur-tout-le monde-père-de-famille-avec profession ». Plus rarement l’inconnu croisé dans une rue sombre, encore moins un «  associal ». Ce sont des pères, des grand-pères, des beaux-pères, des voisins, des maris, des amis, des camarades de classe ou même de lutte, en bref, des hommes que leurs victimes connaissaient et côtoyaient sans se méfier.
Pour s’informer : Ces idées reçues sur le viol
Si j’ai bien compris votre théorie, changer la société en la rendant juste et égalitaire pour tous résoudrait ces problèmes de violence. Autrement dit, dans un monde où tout le monde est épanoui et heureux, il n’existerait pas de violences sexuelles, c’est ça que vous mettez en avant ?
Si c’est cela, c’est une évidence.
Mais il faut aller plus loin en proposant comment la changer et pour cela il faut cerner le noeud sans tourner autour du pot.
Je laisse encore un homme y répondre, pourquoi un homme ? Parce que c’est un des rares de la classe et de la culture des hommes, à proposer quelque chose de concret.
«  On veut changer la société, oui il faut changer les mentalités et l’organisation de la société, c’est un combat politique. Or, qui tient la société que vous voulez changer ? Les hommes. On ne peut pas changer la société sans changer le masculin. »

28/11/2012 01:10 par Safiya

Ce qui me désarme le plus, aujourd’hui, est l’instrumentalisation des violences faites aux femmes. Il y a un excellent papier qui l’évoque : "Femmes du Mali : Disons non à la guerre par procuration"

www.mondialisation.ca/femmes-du-mali-disons-non-a-la-guerre-par-procuration/5313197

Je n’oublie pas que le sort fait aux femmes a servi aussi d’alibi à l’envahissement de l’Afghanistan alors chat échaudé craint l’eau froide...

28/11/2012 01:25 par Romane

Pour prolonger le commentaire de Sheyra à propos de liberté et de sexualité, Paul Moreira, journaliste documentariste, a publié un article aujourd’hui sur un documentaire qui sera diffusé sur C+ "Printemps arabes : pourquoi la femme libre est devenu le pire ennemi des salafistes." A propos des révolutionnaires syriens qui se battent pour la liberté. Il a donc fait une "enquête consacrée à la place des femmes dans les régimes qui couronnent les islamistes" "Comment le sexe est-il devenu le sésame pour la liberté ?".

Et Moreira a interrogé un rebel syrien :

"Ce film, il y a longtemps que j’y pensais. Je me souviens avoir parlé de femmes avec des insurgés syriens. A vivre dans la même cachette depuis dix jours, nous étions devenus amis. Ali m’avait demandé en plaisantant si je ne connaissais pas, dans mon entourage, de jeunes femmes, musulmanes et françaises, disposées à l’épouser lui, un jeune combattant pour la liberté syrien.

__Si, bien sûr, j’en connais une, avais-je répondu.

__Ah bon, avait dit Ali, ne plaisantant presque plus... Et elle est comment ?

__Jolie. Et libre surtout...

__Libre !?... (La voix d’Ali s’était brisée) Ah non, pas libre, je veux pas libre !!!

Ali risquait sa peau toute la journée pour la liberté. Il criait "heurya !" (liberté) à pleins poumons dans les manifestations. Il combattait dans l’Armée Libre de Syrie. Il voulait la démocratie politique. N’était pas islamiste. Mais le mot "libre" résonnait comme une menace dès lors qu’il était attaché à une femme qu’il aurait pu aimer. Une femme libre est forcément une femme dont la sexualité est libre. Et il n’y a rien de plus terrifiant que la sexualité libre."

Voila, voila. Comment se battre pour la liberté et être incapable de comprendre la liberté de l’autre. C’est pour ça que les révolutions sont ratées. Parce que tous ces hommes aux avant postes des révolutions ne comprennent pas que la liberté ne se limite pas à la leur.

On a connu çà chez nous en 1789. Eh ouais. Notre révolution à nous est inachevée puisque les femmes en ont été exclues. Et mai 68 + les années 70 sont un fiasco pour les femmes puisqu’on en est toujours au même point concernant les violences faites aux femmes, ici le viol, dont Dwaalala se fout comme de sa première chaussette et qui est en plein dans les mythes de viol.

Si vous voulez lire l’article en son entier, c’est par là :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/719825-printemps-arabes-pourquoi-la-femme-libre-est-devenu-le-pire-ennemi-des-salafistes.html

28/11/2012 07:00 par Maxime Vivas

@ Romane

Paul Moreira est un journaliste pour qui les sujets traités doivent assurer sa gloire et gonfler l’Audimat. C’est une sorte de Robert Ménard sans RSF. Il surfe sur des vagues porteuses pour flatter la bête.

Il y a quelques années je lui avais écrit pour protester contre un reportage incroyablement crapuleux qu’il avait présenté sur Canal+ et qui caricaturait Cuba. Il m’avait répondu une assez longue lettre d’où il ressortait que j’étais un stal et qu’on n’avait pas la même conception de la démocratie. De la déontologie journalistique et du respect du lecteur, aurait-il dû écrire.

Voici comment son reportage était présenté : « Enquête clandestine sur l’apartheid cubain. Pour échapper au contrôle de la police politique sur les Cubains qui parlent aux journalistes étrangers et montrer l’apartheid qui sépare implacablement les Occidentaux de la population locale, une équipe de « 90 minutes » s’est introduite clandestinement dans l’île, où la révolution « romantique » a viré au cauchemar ».
Clandestine, apartheid, contrôle, police, introduite clandestinement, cauchemar. Le tout en quatre lignes. C’était l’annonce d’un reportage pire que ça.

Pour plus de détails : viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php ?article256

Tout récemment, Moreira traficotait pareillement par tweet : Paul Moreira " @PaulMoreiraPLTV
Pour Mélenchon, Cuba n’est pas une dictature, Guaino est un penseur (l’homme du discours de Dakar) et il vomit sur les tibétains... y’a pb

Je suis bien d’accord avec Jean-Luc Mélenchon sur Cuba et sur le Tibet (et aucun de nous deux ne « vomit sur les Tibétains »).

Le reportage de Moreira sur les violences faites aux femmes plaira sans doute aux femmes qu’il importe de séduire et puis, ce brevet obtenu, il pourra repartir à l’assaut de sujets à massacrer pour complaire aux néo-conservateurs.

Pfff ! Mépris.

MV

28/11/2012 08:48 par Anonyme

A Safiya,

Je n’oublie pas que le sort fait aux femmes a servi aussi d’alibi à l’envahissement de l’Afghanistan alors chat échaudé craint l’eau froide...

Moi non plus ! Mais je n’ignore pas non plus qu’en Afghanistan comme en RDC ou au Mali, les hommes utilisent le viol comme arme de guerre. Ni que ce sont souvent les mêmes femmes qui dénoncent les violences dont les femmes sont victimes, y compris de la part de "nos" soldats (ce sont les vôtres autant que les miens, je le précise car je vois déjà venir votre prochaine tentative d’intimidation), et leurs manipulations, y compris par leurs compatriotes. Ce ne sont pas les témoignages qui manquent à ce sujet, notamment dans les pays africains riches en ressources convoitées par l’occident.

Mais de ces témoignages-là , vous n’aurez pas connaissance, vous ne les trouverez pas dans la presse, pas même sur notre cher GS ! Il faut militer pour les entendre, participer, par exemple, aux luttes des sans papier, ce que vous n’avez sans doute pas le temps de faire, vu le temps que vous passez à distribuer des bons et des mauvais points aux auteurs et aux lecteurs de vos journaux préférés.

28/11/2012 10:24 par Maxime Vivas

Mais de ces témoignages-là , vous n’aurez pas connaissance, vous ne les trouverez pas dans la presse, pas même sur notre cher GS

On publie ce qu’on reçoit.

On attend votre article témoignage ou d’autres que vous pourriez avoir trouvés.

Donc, c’est ouvert...

vous n’avez sans doute pas le temps de faire, vu le temps que vous passez à distribuer des bons et des mauvais points aux auteurs et aux lecteurs de vos journaux préférés

Vous êtes sûre que LGS passe son temps à ça ? Hmm ?

28/11/2012 10:08 par calame julia

Deux et peut-être trois journalistes de la télémoche feraient mieux de ne jamais aborder
certains sujets et notamment celui des violences faites aux femmes car on pourrait
se demander pourquoi ce sont les hommes qui en parlent le mieux !

28/11/2012 12:43 par Safiya

@ Anonyme 27/11/2012 à 18:47

"Merci d’expliciter le sens de votre commentaire et d’opposer des arguments compréhensibles aux propos dont vous semblez contester le contenu, d’autant que ceux-ci s’adressaient clairement à un autre lecteur...", etc.

Je me rends donc à votre injonction et vous répond que j’ai trouvé par trop perfide la comparaison :

"Faut-il renoncer à lutter contre l’oppression spécifique des gazaouis sous prétexte de ne pas diviser les opprimés (le peuple israélien aussi est opprimé par la classe des exploitateurs ; il a même lutté l’an passé..." , etc. ;

ainsi que les questions : "Ce n’est pas comparable, n’est-ce pas ? ; En êtes-vous sûr ? auxquelles je réponds non, ce n’est pas comparable, nous ne pouvons renvoyer dos à dos l’agresseur et l’agressé et donc l’opprimé (le Palestinien de Gaza dont la novlangue ne l’évoque que sous le vocable de gazaoui repris en coeur par la majorité et exit par là Gaza de la Palestine) et l’oppresseur (qui est celui qui spolie les terres du Palestinien en les occupant).

Comparez ou renvoyer dos à dos est des plus malhonnête et d’aucuns diraient que c’est manière d’agir de la hasbara ou des sanayim.

Je fais du deux en un, je pense que vous êtes aussi :

@ Anonyme 28/11/2012 à 08:48

"(...) y compris de la part de "nos" soldats (ce sont les vôtres autant que les miens, je le précise car je vois déjà venir votre prochaine tentative d’intimidation (...)" ;

J’en rirais si ce n’était aussi tragique... Quand au reste qui est de la même veine, à quoi bon... Juste ceci, j’ai toujours préféré être à paraître, les attaques, les coups bas et autres ma laissent froide.

Je vous offre un proverbe légué par mes ancêtres, non pas les Gaulois mais les vrais, les Amazighs :

"Elli qarih eddib, 7hafdhah essloughi" ("Ce que projette (ce que fomente) le renard, le sloughi*, d’avance, le perçoit") !

*Lévrier du Maghreb

28/11/2012 16:34 par Anonyme

A Maxime Vivas

Vous êtes sûre que LGS passe son temps à ça ? Hmm ?

Excusez-moi, je n’avais pas encore compris que Safiya et LGS ne faisaient qu’un.

29/11/2012 08:15 par Maxime Vivas

J’ai dû vous lire trop vite. :-(

28/11/2012 19:15 par Sheynat

Romane : «  Et mai 68 + les années 70 sont un fiasco pour les femmes puisqu’on en est toujours au même point concernant les violences faites aux femmes »
En faisant des recherches sur Voltairine de Cleyre, il y a 2 jours, j’étais tombée sur un site livrant des témoignages fort éclairants à propos des violences faites aux femmes au sein même d’un mouvement Arnarchiste.
Je ne pense pas qu’il s’agit de milieux Libertaires du style des cops’ d’Ornella Guyet, qui s’investissent dans l’appel à la haine et à la violence à peine déguisée, mais au contraire, d’un mouvement de vrais anarchistes libertaires qui s’étaient lancés dans une réflexion collective auto-critique.

«  Au mois de novembre 2007, des femmes ont commencé à parler de violences sexistes subies dans le milieu anarchiste. Un groupe mixte s’est constitué de façon formelle (sur la base d’un groupe affinitaire préexistant) dans le but d’agir collectivement sur ces violences, à partir des questions suivantes :
comment faire cesser ces situations ?
comment aider la femme à en sortir ?
comment amener l’homme à remettre en question ses comportements ?
qu’est ce qui est réparateur pour la femme ?
Ce groupe a décidé d’intervenir dans des situations de violence particulières, notamment de viol et de violences conjugales. Il a mis en place des confrontations entre agressée et agresseur, des espaces de parole pour réfléchir aux situations de violence rencontrées.
Les textes rassemblés ici ont été distribués à un maximum de personnes dans le milieu anar nancéien, afin de briser le silence et d’amener chacun-e à regarder ce que trop souvent on feint d’ignorer.
Ce que nous voulons, c’est que l’antisexisme cesse de s’arrêter à la dénonciation d’un système abstrait et extérieur à nous, mais qu’il devienne une réalité concrète. »

Cela commence en se définissant anticapitaliste, et en reconnaissant qu’il y a des exploités et des exploiteurs, et puis cela passe par «  Affirmer qu’on est super déconstruit c’est la meilleure façon de refuser d’évoluer », bref, voici quelques extraits mais il est nécessaire de tout lire pour les replacer dans leur contexte.

1- du sexisme en tant que mécanisme de domination de classe :
(...)Comme le capitalisme, ce sexisme est un système d’oppression organisé. Comme on aime à le répéter lorsqu’on parle du capitalisme, une barricade n’a que deux cotés. Ne pas agir radicalement contre un système oppressant c’est conspirer avec lui...

2- Le privé est politique -ou une critique de la séparation de la vie :
C’est parce que le viol conjugal, les chantages affectifs et les humiliations et violences sexistes s’effectuent dans la sphère privée qu’ils peuvent se perpétuer.(...)

3- Colère de Femmes -ou comment on devient une sale féministe :
(…) Je suis en colère parce que dans tous les cas c’est à la femme de porter. De porter son histoire, les violences qu’elle subit, de porter la critique, les attaques antiféministes, le déni de sa rage. De porter la responsabilité de toujours réexpliquer.

4- en tant qu’homme, quel positionnement pouvons nous avoir face à la lutte antisexiste alors que nous faisons partie du camp des oppresseurs ? (par deux couillus)
(...)Finalement, en montrant qu’on est pas des méchants machos, on montre en même temps qu’on est pas des petites bites. C’est ouf, hein ? Et cette volonté de domination, de se prouver qu’on est «  des vrais », n’est-elle pas typiquement une construction masculine ?(...)
Il y a dans tout ça une volonté de récupération, de réappropriation, de dépossession des femmes de leur lutte.

5- Comment ne plus laisser les femmes seules face à des situations de violence ?
Comment réagir collectivement pour aider la femme à sortir de ces violences ?
Briser la séparation public-privé, rompre l’isolement, c’est poser des actes de solidarité collective. C’est faire sentir à la femme qu’elle est soutenue, qu’il y a de la force.
Voilà , j’imagine que ce genre de réflexion collective auto-critique à but de changements concrets existe dans les milieux de la Gauche ?

@ Safiya : désolée pour les pubs ; je ne m’en suis pas rendue compte car j’utilise deux extensions contre ça : AdBlock Plus et Ghosthery

29/11/2012 09:03 par Anonyme

Quelques articles à lire, pour ceux qui ne voient dans la lutte contre les violences faites aux femmes qu’un problème aussi insignifiant que sociétal, ne concernant qu’une minorité qui ne mérite pas que l’on porte atteinte à l’unité de la classe des exploités en diffusant des info sur la question .

D’abord, sur la double violence que subissent, dans le beau pays de France où tout lecteur sensé du GS est conscient que les femmes sont libérées depuis belle lurette et ne parlent de ces prétendues violences que pour se rendre intéressantes, les femmes sans papier :

http://www.lacimade.org/minisites/niunenideux

Sur le même sujet mais au niveau européen cette fois :
http://picum.org/picum.org/uploads/publication/PICUM%20Workshop%20%20Undocumented%20Women%20Strategies%20to%20End%20Impunity%20FR.pdf

Sur le viol, arme de guerre, les articles sont innombrables, mais comme la presse bourgeoise n’a pas bonne presse sur LGS, je me limiterai à cette adresse :

http://www.viol-tactique-de-guerre.org/

et à conseiller aux lecteurs honnêtes et soucieux de s’informer de taper dans leur moteur de recherche préféré quelque chose du genre "viol arme de guerre"

29/11/2012 11:13 par Maxime Vivas

D’abord, sur la double violence que subissent, dans le beau pays de France où tout lecteur sensé du GS est conscient que les femmes sont libérées depuis belle lurette et ne parlent de ces prétendues violences que pour se rendre intéressantes, les femmes sans papier :

Tss, tss... C’est curieux comme les lectrices à qui LGS donne la parole quand elles la veulent en font usage assez souvent pour taper sur ce gros macho de GS. Lequel a intérêt à mesurer ses réponses sous peine de subir un procès de plus, s’emmanchant à celui que lui fait depuis 20 mois cette virago nommée Cruella Guyet.

Femmes, on vous ai-ai-ai-meu (sauf la Guyet et les sorcières de son acabit) !

MV (C’est pour dire que homme ou femme, l’imbécile est un imbécile, là n’est pas la question. LA vipère est UN serpent).

29/11/2012 13:51 par Sheynat

Merci à Maxime Vivas d’avoir alerté sur les pratiques douteuses de Paul Moreira
Il est possible qu’ayant relayé le discours frauduleux des médias occidentaux sur Cuba, Monsieur Moreira ait fait de même en pointant que les révolutionnaires syriens s’orientent sur un salafisme qui fait de la femme libre sa pire ennemie (même s’il faut que je prenne le temps de vérifier si justement, les médias occidentaux sur la Syrie ne légitiment pas la cause de ces rebelles syriens, car c’est ce que j’avais cru comprendre mais je manque terriblement de temps pour analyser correctement).

Cependant, je me permets d’insister sur le fait que cela ne peut discréditer la véracité d’un tel propos :
«  Libre !?... (La voix d’Ali s’était brisée) Ah non, pas libre, je veux pas libre »
Car, pour peu qu’il n’ait pas été transformé, il a au moins l’avantage d’être clair et net ; d’énoncer tout haut ce qu’une majorité ose à peine s’avouer tout bas.
Et mon renvoi sur la chanson basque démontre que ce problème très grave, qu’a actualisé Romane par son exemple précis, ne date pas d’aujourd’hui et n’est pas spécifique aux rebelles salafistes de la Syrie.

Ensuite, j’ai du mal à comprendre les heurts entre Anonyme et Safiya : j’ai beau relire dans tous les sens, je ne vois pas où est le contentieux ? Vous dites la même chose et vous êtes d’accord... alors ?
Peut-être que je suis bouchée, fatiguée, idiote, après tout.

Bref, j’ai déjà signifié dans quel sens j’ai compris les remarques d’Anonyme à l’égard de Dwaabala et de tous ceux qui utilisent deux poids deux mesures quand il s’agit de dénoncer le système exploiteurs-exploités.
J’en fais une constatation générale : lorsqu’il est dénoncé au niveau national, on parle de «  lutte des classes ». Au niveau international, on parle de colonialisme. Au niveau mondial, de capitalisme.

Par contre, au niveau global, c’est à dire, de celui contenu dans tous les autres niveaux (alors même qu’on s’est clairement affiché anti-domination, anti-colonialiste, et anti-capitaliste) : l’exploitation et la domination aux femmes, là comme par magie, c’est relégué au deuxième plan (et encore !).
De suite on se dépêche de détourner ce problème majeur sur autre chose, hé ben je trouve ça atterrant. Même que j’en suis fort déçue, pour tout dire.
Un exemple qui illustre parfaitement ce paradoxe hallucinant, pour ceux qui cherchent encore la comparaison :
Leehee Rothschild, militante anticolonialiste israélienne :

«  Par ailleurs, la place occupée par l’armée dans l’appareil d’Etat israélien, ainsi que la glorification de valeurs guerrières et machistes, ont des conséquences délétères en ce qui concerne la situation des femmes. »(...)
«  En ce qui concerne le rapport de domination qu’il faut s’efforcer de ne pas reproduire, et l’autonomie à respecter, Leehee fait le parallèle avec les rapports entre hommes et femmes, et affirme que si un homme peut se joindre aux luttes féministes, il ne risque pas d’être violé ou harcelé sexuellement dans la rue. Selon Leehee, de ce fait, l’identité de genre range les hommes du côté des oppresseurs, et leur connaissance de l’oppression des femmes ne peut être que théorique, comme la connaissance qu’un Israélien peut avoir de la situation des Palestiniens. »

Et ce que répond l’auteur de l’article : Vivian PETIT

«  Tout en étant d’accord sur l’ampleur de la domination masculine, sur la manière dont elle est reproduite par les militants (ne serait-ce que dans la répartition de la parole ou dans la division du travail), et sur la nécessité de luttes ou d’expression non-mixtes, le parallèle me semble avoir certaines limites. Ne serait-ce que parcequ’il n’y a pas de séparation physique entre hommes et femmes comme entre Israéliens et Palestiniens de Cisjordanie ... »

Conclusion, il y a toujours un lézard sous roche pour décréter une «  limite » (ben oui, «  jusqu’à un certain point » à la cause des femmes :
- c’est du sociétal
- Ca ne concerne que les bourgeois
- on va pas rendre public en modifiant des lois
- c’est une affaire privée
- la source est louche
- il n’y a pas de séparation physique.

Et ça, vous, ça ne vous interpelle pas ???
Et je précise que je ne critique pas l’article de Vivian Petit, que j’ai trouvé superbe de qualité, mais seulement sa réaction concernant la comparaison.

Sssss...sheynat, Sssserpentine.

29/11/2012 21:54 par Anonyme
04/12/2012 22:29 par Sheynat

Dimanche j’ai montré ce sujet à un ami, il a remarqué le premier commentaire et a voulu écrire une réponse qu’il m’a envoyée hier par mail.
Comme peu d’hommes ont réagi ici pour exprimer leur soutien solidaire pour la lutte contre la violence faites aux femmes (je devrais dire "pas d’hommes" mais Anonyme en est peut-être un), je vous la livre :

«  Il est essentiel que la société change son regard sur elle-même et qu’elle commence par discerner la première des violences : celle de la classe des exploiteurs sur celle des exploités. »

C’est faire bien peu de cas au sens de l’histoire avec un grand H car on peut constater simplement que la classe des exploiteurs n’a pas toujours existé, et le nier serait faire injure à l’intelligence, alors que les violences infra ou extra communautaires, et plus particulièrement en direction des femmes (dont je rappelle qu’elles ont fait l’objet de rapt et ont été «  marchandisées » très tôt dans l’histoire de l’humanité) ont toujours existé.
La violence exercée par les rapports de force et de domination en direction du sexe dit «  faible » n’a pas besoin de s’éclairer par le petit bout de la lorgnette de la lutte des classes, elle est un fait qui touche tous les milieux, il y a autant de violences faites aux femmes dans la grande bourgeoisie et la caste des exploiteurs que chez les prolos alors l’argument ne tient pas.
Il faut donc changer de grille de lecture et ôter les oeillères idéologiques et se remettre en question collectivement et individuellement.
Regarder en face la violence faite aux femmes dérange certains hommes qui ont certainement un travail personnel à accomplir pour regarder en face ce que leurs semblables font. Il faut peut être chercher dans les processus d’identification le «  pourquoi du comment » car l’identité désigne à la fois ce qui est semblable mais aussi ce qui rend ce semblable si différent.
Regarder en face la violence de l’autre si semblable n’est pas si facile que cela lorsque le poids des traditions, des représentations, de la culture….sont si pesants dans la conception de l’identité sexuée éviter le sujet ou faire comme si il était mineur c’est refuser de voir sa propre aliénation.
Et nom d’un chien (ou d’une chienne si vous préférez) : que c’est difficile de se désaliéner !
Tout le monde sait qu’il faut pour cela être conscient de sa propre aliénation pour la dépasser. Mais ce n’est pas si simple (et même simpliste). Car on est objet d’aliénation mais aussi sujet de sa propre aliénation, on la subit et on la perpétue par le poids des traditions, des représentations, des rapports sociaux qui nous dépassent en permanence….Alors un petit effort camarade, d’ouverture d’esprit et de solidarité.

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