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Thème : Colonialisme

En un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens

Smail HADJ ALI
Le six décembre 2017, rue Larbi Ben M’hidi, à un jeune algérien qui lui disait que la France devait reconnaître ses méfaits en Algérie, le Président Macron demanda, excédé : « Quel âge avez-vous » ? « 26 ans », répondit le jeune homme. « Mais vous n’avez pas connu la colonisation, lui rétorqua le Président français ; qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça » ! Au-delà, de l’attitude véhémente à l’égard d’un jeune homme soucieux de son histoire nationale, et de surcroît en son pays, le Président français avait probablement oublié que ce sont des millions d’Algériens qui sont nés après le 5 juillet, date de la proclamation de l’indépendance nationale, et qui donc « n’ont jamais connu la colonisation », et l’auraient à ce titre « embrouillé », tout autant. Ce sont aussi des dizaines de millions de Français qui n’ont jamais connu l’occupation allemande, la trahison nationale vichyste, et la Résistance, mais personne ne leur reprochera de ne pas oublier ce passé. Question. Le Président français aurait-il tenu ces (...) Lire la suite »
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Comment Israël a fait de la Palestine la plus grande prison du monde (Middle East Eye)

Ilan PAPPE

Un ouvrage historique sur l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza décrit les techniques militaires utilisées pour contrôler la vie des Palestiniens.

La guerre des Six jours de 1967 entre Israël et les armées arabes a entraîné l'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Israël a fait passer cette guerre pour une guerre fortuite. Mais de nouveaux documents historiques et minutes d’archives montrent qu'Israël l’avait, au contraire, bien préparée. En 1963, des personnalités de l'armée, des autorités judiciaires et civiles israéliennes ont participé à l'Université hébraïque de Jérusalem à l’étude d’un plan global de gestion des territoires qu’Israël allait occuper quatre ans plus tard et du million et demi de Palestiniens qui y vivaient. Ces recherches étaient motivées par l'échec d’Israël dans le traitement des Palestiniens de Gaza pendant sa courte occupation à l’occasion de la crise de Suez en 1956. En mai 1967, quelques semaines avant la guerre, les gouverneurs militaires israéliens ont reçu des instructions légales et militaires sur la façon de contrôler les villes et villages palestiniens pour continuer à transformer la Cisjordanie et la bande (...) Lire la suite »

Quelle page voulez-vous tourner, M. Macron ?

Ahmed BENSAADA
Mais qu’est-ce que cette manie qu’ont les présidents français post-indépendance algérienne de vouloir déambuler dans les rues d’Alger ou d’autres villes algériennes lors de leurs déplacements officiels ? Veulent-ils tous revivre l’épopée de Napoléon III découvrant, au 19e siècle, son « royaume arabe » ? Sont-ils tous des nostalgiques des bains de foules du général De Gaule qui, en 1958, prononça les célèbres « Je vous ai compris ! » ou, pire encore, « Vive l’Algérie française ! » ? Ou bien aiment-ils tant les « youyous » et les confettis tombant par poignées des balcons ? A-t-on déjà vu un président algérien paradant sur les Champs-Élysées, acclamé par une foule française lui souhaitant la bienvenue ? Le président Macron n’a donc pas dérogé à la règle lors de son récent et court voyage à Alger, histoire de pérenniser ce qui est désormais devenu une tradition franco-algérienne, malheureusement unilatérale. Youyous, confettis et bain de foule étaient bien évidemment au rendez-vous de ce mercredi 6 décembre, ensoleillé pour (...) Lire la suite »
Ado prépubère que flatte le matriarcat médiatique, il accumule bourdes et injures avec ravissement et inconscience

Macron : por que no te cayas ?

Vincent MORET
Devant les étudiants de Ouagadougou, Macron s’est exclamé : « Moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Faso, c'est le travail du président ». Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation Hu, hu ! ». Devant les étudiants de l’université » de Yale dont l’un lui demandait son avis sur l’obésité, Macron s’est exclamé qu’il n’était pas là pour trier le gras dans la viande des hamburgers, que c’était le rôle de Trump. Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti changer l’huile des friteuses du McDo. Hu, hu ! ». Devant les étudiants de l’Université de Pékin, dont l’un l’interrogeait sur le commerce avec la France, Macron s’est exclamé qu’il n’était pas VRP chinois, que c’est Xi Jimping qui devait faire ça. Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il (...) Lire la suite »

Comment les élèves palestiniens se préparent aux attaques des colons (Al Jazeera)

Jaclynn ASHLY

Face aux violences incessantes des colons de Yitzhar, les Palestiniens du village d’Urif doivent prendre des précautions exceptionnelles.

Naplouse, Cisjordanie occupée - De loin, le collège de garçons d’Urif ressemble à toutes les autres écoles de Cisjordanie occupée : c’est une construction de ciment avec un drapeau palestinien qui flotte sur le toit. Cependant, en regardant de plus près, les cailloux sur les appuis de fenêtres et les trous des conduites d'eau de l'école révèlent la violence inique des colons israéliens de la région. « Notre programme d’études est le même que celui des autres écoles palestiniennes », a expliqué le professeur de sciences Abdel-Hakim Shihada à Al Jazeera. « Mais nous enseignons également aux étudiants comment gérer les attaques des colons israéliens contre l'école, et cela comprend même une formation pratique ». Dans cette école financée par l'USAID, tous les enseignants sont des secouristes confirmés, et la moitié des quelque 200 étudiants sont capables d’administrer les premiers soins. En cours de sciences de Abdel-Hakim, les élèves apprennent à fabriquer des masques pour se protéger des gaz lacrymogènes (...) Lire la suite »

Les horreurs de la colonisation : à quand un TPI pour juger les crimes contre l’humanité ?

Chems Eddine CHITOUR

« Le manque chronique de nourriture et d’eau, l’absence de sanitaires et d’aide médicale, le délaissement des moyens de communication, une éducation nationale pauvrette et l’esprit dominant de dépression que j’ai pu constater moi-même dans nos villages après un siècle de gouvernance britannique me font désespérer de ses avantages. » Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature.

Il est connu, malgré la doxa ambiante, que l'Occident donneur de leçons a toujours eu un langage ambivalent. Il se veut seul détenteur de sens et dicte cependant la norme de ce qui est licite et de ce qui est illicite. Je veux, dans cette contribution, encore une fois déconstruire ce double langage à la fois des Lumières et dans le même temps de la traite esclavagiste, le Code noir, le Code de l'indigénat, la colonisation dans toute son horreur. Ce 8 mai est toujours pour les Algériens un moment de grande solitude et de recueillement devant l'injustice des grands vis-à-vis des peuples faibles. Qu'on en juge ! Partout en Europe le 8 mai est fêté comme la fin de la guerre, l'avènement de la paix pour les peuples d'Europe, qui, à des degrés divers, ont souffert et au premier rang desquels le peuple russe qui laissa sur le champ de bataille 20 millions de ses enfants, La France perdit 200 000 combattants dont une grande partie venait des colonies et près de 300 000 civils. Pas un mot des (...) Lire la suite »
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Le vrai visage de la colonisation en Algérie

Smail GOUMEZIANE

« Le scandale, ce n’est pas de cacher la vérité, mais de ne pas la dire tout entière. » G.Bernanos "Les attardés du colonialisme me poursuivent de leur vindincte" René Vautier

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron, un des candidats à la présidentielle française de 2017, vient de jeter un pavé dans la mare en affirmant, notamment et tout de go, à partir d’Alger, « que la colonisation était un crime contre l’humanité ». Il n’en fallait pas plus pour soulever un tollé à droite et à l’extrême droite. Pour autant, comme nous allons le rappeler, Emmanuel Macron ne confirmait ainsi en quelques mots que ce que l’histoire objective de la colonisation nous a appris. Pour bien le comprendre, partons de l’année 1930. En effet, 1930 est une année bien symbolique pour aborder un tel sujet. Cette année-là, toute une « intelligentsia » de la Métropole et de la colonie est mobilisée pour fêter avec faste le centenaire de la « présence française » en Algérie [1]. Pour le pouvoir colonial, nul-doute : c’est « leur Algérie » qu’on allait célébrer. A travers maints événements (conférences, rencontres, fêtes etc.), en Algérie et dans le monde, alimentés en timbres postaux, médailles, livres, (...) Lire la suite »

La France en Algérie : de quelques évidences

N. KRIM
Une France hystérique a accueilli les propos qu'un candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron, a tenus à Alger. La classe politique hexagonale, dont les oreilles sensibles ne pouvaient entendre de telles allégations, écumait de rage, « révulsée » que l'un des siens reconnaisse ce que la France persiste à nier... Qu'a donc dit Macron de si outrageant, jusqu'à réussir l'exploit de réunir contre lui les partis de tout bord ? Le leader du mouvement En Marche ! a simplement reconnu que la colonisation avait été « un crime contre l'humanité ». En une seule phrase, Macron a cassé ce que les politiciens français, à la mémoire sélective, tenaient pour tabou : la colonisation et ses multiples crimes. Oubliés les enfumages du Dahra ; les spoliations des terres algériennes ; les déportations à Cayenne et en Nouvelle-Calédonie ; le Code de l'indigénat (précurseur de l'apartheid) ; les conscriptions forcées des Algériens, chair à canon des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45 ; les crimes de l'armée française et des (...) Lire la suite »

Oui, la colonisation est un crime contre l’humanité

Bruno GUIGUE
En déclarant que “la colonisation est un crime contre l'humanité, une véritable barbarie”, Emmanuel Macron a déclenché un torrent d'indignation. On a dit que cette déclaration n'était que pur opportunisme, que le candidat d’”En marche”, comme d’habitude, disait tout et son contraire. En novembre 2016, il déclarait : “Alors oui… en Algérie il y a eu la torture mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie”. Certes. Mais si, pour une fois, Emmanuel Macron avait eu raison ? La réaction chauvine suscitée par ses propos, en tout cas, montre que le révisionnisme colonial fait partie de l'ADN de la droite française. Il faut les entendre fulminer, ces humanistes à géométrie variable, lorsque cette page sinistre de l'histoire de France est pointée du doigt. Pour Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains, “ces propos constituent une insulte à l’Histoire de France et à la mémoire de (...) Lire la suite »
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Choisir sa France, choisir son monde

Amok LeRouge

Dans l’histoire récente de notre pays, on a pu déceler un antagonisme entre deux France ; et c’est la raison pour laquelle, malgré tout ce que les patriotes autoproclamés vous diront, on peut encore choisir celle que l’on aime.

Il y avait eu dans la première, à une certaine époque bénie, un indubitable esprit universaliste, égalitariste, épris de justice et de fraternité. Cette France-là n’était pas, quoi qu’on en dise, celle des élites, semble plus vraiment être dans l’air du temps et est, par voie de conséquence, celle qu’on ne connait que trop peu. Dans la seconde prédominait en revanche un racisme « humaniste », parce que français,(1) très bien porté. Cette France-là, celle de la déchéance de nationalité, des vertus civilisatrices de la colonisation, des responsabilités de la race supérieure, du bruit et de l’odeur, de la double portion de frites et d’autres calembredaines ; celle-là on la connait mieux. On y avouait sa xénophobie, sa misogynie et son racisme, plutôt de droite mais également de gauche, et on en parlait à table d’hôte. Quelquefois, on niait un petit peu. Tout le monde vous engueulait et cela finissait par s’avouer. Et puis, même là, même dans cette France-là, il y avait eu un reflux ; peut-être à la faveur des trop (...) Lire la suite »
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