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Thème : Démocratie

Le tirage au sort : intérêt et limites

Pierre KHALFA

La Convention citoyenne sur le climat a relancé le débat sur le tirage au sort. Cette question est d’autant plus importante que la démocratie représentative connaît une crise existentielle. Dans cette situation, le tirage au sort peut-il apparaître comme un moyen de renouveler la démocratie ?

Aux origines Comme on le sait, le tirage au sort plonge ses racines dans la conception grecque de la démocratie. Tout d’abord, les Grecs ignorent la notion de représentation. La décision politique relève directement du peuple, le demos, rassemblé. Le demos ne comprend toutefois que les hommes citoyens. En sont donc exclus les femmes, les esclaves et les étrangers [1]. Les décisions politiques se prennent dans le cadre de l’assemblée du peuple, l’Ecclesia. Celle-ci regroupe en moyenne 5 000 personnes, et il en faut 6 000 pour les décisions importantes. Tous les citoyens peuvent prendre la parole (isegoria). Au milieu du Ve siècle, Périclès fait mettre en place une indemnité journalière, le misthos, destinée à permettre aux pauvres de participer aux fonctions civiques et politiques, à l’Ecclesia, au gouvernement quotidien, la Boulè, et aux différents tribunaux. La fonction législative est exercée par l’Ecclésia et les fonctions exécutives sont tirées régulièrement au sort. Pour les Grecs, l’élection est (...) Lire la suite »
« Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances […]. »

Le temps des nouvelles croyances

Florent HUGONIOT
« Et chacun croit fort aisément Ce qu’il craint et ce qu’il désire. » Jean de La Fontaine – Fables, le Loup et le Renard Les croyances font-elles partie désormais d’une époque révolue ? Il est permis d’en douter, au vu de l’enchainement des réactions de peur et de panique que l’apparition d’un nouveau virus mortel, le Covid19, a généré dans nos sociétés globalisées du XXIe siècle. On avait plus ou moins constaté, depuis le Positivisme initié par Auguste Comte – mouvement philosophique apparu au XIXe siècle, et reposant sur la validation de la connaissance à épreuve des faits – que la Science, en parallèle des immenses progrès qu’elle a permis de faire dans pratiquement tous les domaines, principalement dans la philosophie, la médecine, les arts et les techniques, avait pris en quelque sorte la place laissée vacante par la religion chrétienne, en perte de crédibilité et d’emprise sociale depuis le XVIIIe siècle des Lumières. Or la science fut et reste le principal levier dans l’essor de l’Occident pour sa (...) Lire la suite »

Le grand simulacre

Dominique MUSELET
« Gouverner, c’est faire croire » a écrit Machiavel. C’est clairement tout ce que notre société a retenu de ce grand penseur, bien qu’il ait surtout été un grand amoureux de la liberté. Selon lui, pour être autonomes, nous devons vivre dans un État libre, c’est à-dire un État, lui-même libre, où la liberté de chacun se mesure à l’aune de la liberté de tous. De fait, toute la société occidentale repose sur le faux-semblant, la capacité de « faire croire ». Naître dans une telle société est hautement perturbant et déstabilisant car un enfant fait naturellement confiance aux adultes qui l’entourent et quand il s’aperçoit que leurs actes sont loin de correspondre à leurs paroles, il se retrouve coincé dans un double-bind. Ou il « trahit » ceux dont il dépend en les démasquant comme des menteurs, des tricheurs, des hypocrites, ou il se trahit lui-même en niant ses perceptions. L’issue de ce combat destructeur dépend de la confiance que l’enfant a en lui-même, et la plupart décident évidemment de s’aveugler au prix de leur (...) Lire la suite »
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Arnaque politico-médiatique, intrigues et trahisons

Ingrid B, entre fraude médiatique et lâcheté politique

Hernando CALVO OSPINA

Le 2  juillet 2008, Ingrid Betancourt fut libérée, ainsi que trois militaires étasuniens. Le président colombien n’informa Sarkozy, son homologue français, qu’au moment où l’avion qui la transportait allait arriver à Bogotá...

I Le 23 février 2002, le président colombien Andres Pastrana annonça la rupture des négociations de paix avec la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, FARC. Pour réaffirmer l’ « autorité de l’État », il décida d’aller jusqu’à San Vicente del Caguán, où les dialogues avaient été menés pendant plus de deux ans. Il ferait en avion les cent cinquante kilomètres à parcourir depuis la ville de Florencia au sud du pays. Plusieurs journalistes étaient invités. Une candidate à la présidence, quasiment inconnue, voulait faire partie du spectacle. Allant d’un respon-sable de la suite présidentielle à un autre, elle en exigeait le droit. Devant leur refus catégorique, elle criait, insultait même et menaçait. Une équipe de journalistes français qui l’accompagnaient hallucinaient devant son attitude, qu’elle ne se serait jamais autorisée en France dans une situation identique. Elle se croit mieux que nous les Colombiens de pure souche parce qu’elle est aussi française, qu’elle écrit mieux en français qu’en (...) Lire la suite »

Un 21 janvier, la France s’est grandie en… raccourcissant Louis Croix V Bâton (1).

Maxime VIVAS

Le 17 avril 1791, Louis Capet, connu aussi sous le nom de Louis Croix V bâton, fait annoncer que lui et sa famille iront comme de coutume à Saint-Cloud, pour y passer la belle saison. On soupçonne un projet d’évasion des Tuileries où il est assigné à résidence, comme un vulgaire Carlos Ghosn au Japon. Une foule de manifestants se réunit place du Carrousel afin de bloquer son équipage. L’atmosphère est tendue, le couple royal est insulté.

Une division de la garde nationale s’est jointe aux émeutiers. Des domestiques, des nobliaux de la Cour sont malmenés. Le cardinal de Montmorency est mis en joue. Louis Capet doit faire demi-tour. Le 21 juin 1791, Louis Capet, sa femme Marie-Antoinette et leur famille tentent de fuir. C’est la fameuse fuite de Varennes. Le projet de Louis Capet est d’organiser hors de Paris une contre-révolution en réunissant des troupes pour attaquer le peuple. Déguisés, ils quittent le palais, ils montent dans une voiture appelée « Citadine », petite, mais plus grande qu’une malle sur roulettes made in Japan, avant de s’installer plus tard dans un véhicule plus spacieux et plus luxueux, spécialement fabriqué en grand secret pour leur fuite. On sait que Louis Capet a été reconnu à Varennes (Lorraine) comme un vulgaire Macron au théâtre des Bouffes du Nord. Tout cet équipage est reconduit à Paris. Lorsque la voiture royale arrive aux Tuileries, la fureur de la foule éclate. Il s’en faut de peu que Marie-Antoinette ne (...) Lire la suite »
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Algérie : Empêcher de voter, est-ce un acte démocratique ?

Ahmed BENSAADA
Posée de la sorte, cette question semble farfelue. Mais pas le moins du monde. Certains membres du Hirak de l’étranger intimident les électeurs qui « osent » se présenter dans les consulats ou dans les bureaux de vote en les traitant de « traitres » ou de « cachiristes » (partisans de l’ancien système). Selon eux, voter est synonyme de trahison à la pureté du Hirak qui veut instaurer une réelle démocratie dans le pays. Ainsi, tous ceux qui n’adhèrent pas à leur vision des choses sont automatiquement des collaborateurs de la « 3issaba » (bande mafieuse). Cette conception étriquée et totalitaire de la démocratie est malheureusement en complète opposition avec les valeurs prônées par ce mouvement de révolte initialement inclusif et rassembleur qui a vu le jour le 22 février 2019. Le Hirak pacifique serait-il en train de muer lentement en un Hirak belliqueux ? La « révolution du sourire » se métamorphose-t-elle en « révolution du rictus » ? Supposons un instant que cette action d’empêchement ou d’interdiction (...) Lire la suite »
C’est l’oligarchie médiatico-politique qui distingue pays démocratiques et pays dictatoriaux

"Par essence démocratique"

FLOREAL
« Les États-Unis d’Amérique sont une grande démocratie ! » : cet article de foi étant posé, Washington pourra bloquer, voire martyriser des pays entiers (Corée du Nord, Vietnam, Cuba, Chili, Irak, Afghanistan, Syrie… et maintenant le Venezuela), torturer à Guantanamo, fermer les yeux sur les massacres à répétition dans les écoles étasuniennes, laisser pourrir en prison des innocents comme Mumia Abu-Jamal ou Leonard Peltier, saboter l’accord mondial sur le climat, se retirer unilatéralement de l’accord de 87 sur les euromissiles, soumettre le monde entier aux caprices de Wall Street et des marchands de « subprimes », cela n’a aucune importance. Il s’agira en effet de bombes « démocratiques », d’embargos « civilisés », voire de tortures « humanitaires »… « Israël est une grande démocratie ! ». Ce dogme étant récité comme un mantra, Netanyahou et ses ministres d’extrême-droite pourront impunément violer cent résolutions de l’ONU, faire du casse-pipes forain sur les jeunes Palestiniens, multiplier les assassinats ciblés (...) Lire la suite »
Les barbares promettent de débarquer rue de Dunkerque à Paris

Communiqué de presse de La France insoumise

LFI (communiqué), J-L. MELENCHON (vidéo)

Sans garantie de protection de notre siège, malgré notre demande, suite à l’appel à manifester du syndicat de Police Alliance, le mouvement de La France insoumise demande aux salariés, militants et aux élus qui devaient s’y rendre demain comme à leur habitude de ne pas le faire.

Nous invitons les personnes fragiles à ne pas se rendre à proximité de son siège, rue de Dunkerque à Paris. Nous ne voulons pas d’incident, pas plus que de nouvelles images de l’émission « Quotidien » qui nous feraient subir un nouveau procès politique pour outrage ou rébellion en bande organisée ! Sous le régime de Macron, la démocratie et la capacité à apprécier et critiquer politiquement les ordres donnés à la police et la doctrine du maintien de l’ordre sont donc suspendues au bon vouloir d’un groupe corporatiste violent. Il s’est notamment illustré pour avoir menacé des magistrats, pris la défense d’un policier suspendu par le Préfet de Police ou encore avoir obtenu la diminution des moyens de surveillance du journal Charlie Hebdo avant les attentats. Christophe Castaner et le Préfet de Police Lallement préfèrent mettre de l’huile sur le feu plutôt que d’ordonner le retrait de cette bande agressive. De nombreux gilets jaunes qui organisaient des manifestations ne respectant pas le délai de 72h de dépôt (...) Lire la suite »
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Cri dans la nuit après le procès de Bobigny

Notre dignité

Adrien QUATENNENS

Tout juste rentré à Lille dans la soirée, épuisé, j’étais parti me coucher. Mais ce soir, je ne trouve pas le sommeil. Après 48 heures passées à la contenir, l’émotion m’atteint

Le même sentiment d’injustice m’a envahi que le jour des perquisitions. Il m’a été insupportable de voir mes plus proches amis et camarades à la barre. En fait, je mesure l’ampleur de ce que nous venons de vivre pendant deux jours au tribunal correctionnel de Bobigny auprès de nos six camarades mis en cause pour les évènements ayant eu lieu lors des perquisitions contre La France Insoumise. Deux jours ? Que dis-je ! Ce que nous vivons depuis bientôt un an que le tribunal médiatique a utilisé contre nous les quelques images illustrant la profonde colère et l’injustice ressentie ce matin là sans que jamais l’ensemble de la matinée ni ses faits générateurs ne soient relatés malgré la disponibilité d’autres images, ni que les raisons de cette colère ne soient jamais interrogées. Rappelons que tout ce cirque a commencé sur la base de deux dénonciations sans preuve et que c’est sur celle-ci qu’une opération disproportionnée digne du grand banditisme ou de l’anti-terrorisme, n’ayant pour seul et véritable objectif (...) Lire la suite »
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La crise en Algérie : Et si les élections étaient le vrai dialogue ?

Djamel Labidi

Les difficultés à composer la commission de dialogue sont, en elles-mêmes, significatives. Elles montrent, notamment, que le processus imaginé, par certaines forces politiques, d'une étape de transition dirigée par une instance exécutive présidentielle, n'est pas viable.

En effet, cette instance, a été envisagée dans sa composition, sur la base du même principe, celui de de "personnalités nationales compétentes et crédibles, ayant la confiance du peuple" , dont on voit, désormais, qu'il n'est qu'une vue de l'esprit et inapplicable dans les conditions actuelles. Il ne reste plus alors, au fur et à mesure que la situation évolue, que les élections comme sortie démocratique de la crise. La raison en est simple : il n'y a que les élections qui peuvent résoudre la question que nous avons à résoudre, celle à la fois de la représentativité et de la légitimité. Aucune autre formule ne peut le faire. Légitimité et représentativité On confond trop souvent les deux notions. Or toute la crise mondiale actuelle de la démocratie, que les démocraties soient anciennes ou naissantes, vient du choc frontal entre ces deux exigences du système démocratique. L'État de droit et la démocratie représentative, tels qu'ils ont existé jusqu'à présent, ne paraissent plus répondre, aux yeux de (...) Lire la suite »
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