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Thème : Haïti

De quoi Trump est-il le nom ?

Renel EXENTUS, Ricard GUSTAVE
Un fait actuellement nous semble indéniable : Trump est le porte-parole, la figure emblématique du mouvement international de la suprématie blanche. Le personnage est certainement adulé, comme Hitler d’ailleurs, par les tenants du fascisme, du néonazisme et de l’idéologie de la supériorité de l’homme blanc. D’après certains analystes, 60 millions de personnes ont voté pour Trump lors des dernières élections. Des hommes, des femmes, des évangélistes, qui ne jurent que par la race et par la religion. Dans les pays occidentaux, y compris ceux que l’on désigne comme des pays de non-immigration, sa popularité n’est pas moins élevée. Trump serait devenu la voix d’une classe moyenne blanche en décrépitude, d’une classe ouvrière déboussolée, croupissant dans une crise, dont elle n’arrive pas à comprendre la nature. Trump prête sa voix à ces gens que le système a abandonnés. Il leur explique que le chômage, les crimes, la crise du logement, de l’éducation, etc. sont causés par cette multitude qui vient d’ailleurs, ces (...) Lire la suite »

Un cri merdique pour dire la colère venant d’un trou à rats

Erno RENONCOURT
Voici un cri merdique que je partage avec vous en ce dimanche 14 janvier 2018, pour laisser retentir ma colère et mon indignation d’habiter un trou à rats. Quoi qu’il laisse présager comme tonalité merdique, Il n’a pas pour autant la prétention de répondre à la polémique créée par les propos du génie insulteur qui, laissant échapper sa furie, a qualifié Haïti, le Salvador et l’Afrique de trou de merde. Ma démarche se veut pédagogique. Qu'importe que le génie insulteur ait raison ou tort, il n’en faut pas moins contextualiser son discours, pour assumer la part de vérité qu’il contient. Il s’agit aussi de s'en inspirer pour nous réapproprier notre dignité effritée par notre passivité et nos complicités, pour nous reprendre en mains et nous projeter dans l'avenir par d’intelligentes résolutions pour surprendre ceux et celles qui nous chient dessus, mais aussi ceux et celles qui nous pissent dessus en nous faisant croire que c’est de l’eau bénite tout en se gavant à l’envi de nos ressources merdiques. (...) Lire la suite »

Une IDÉE pour repenser l’intelligence haïtienne : Intégrité, Dignité, Éthique, Engagement

Erno RENONCOURT

A l'heure où Haïti sombre sous le poids d'une insoutenable indigence, il est devenu urgent, à l'aube de cette nouvelle année 2018, de questionner les fondements de l'intelligence haïtienne pour comprendre quelle est la fonction du savoir dans le devenir d'un peuple. Comme toujours, je n'ai pas de fleurs à offrir, mais des épines à partager, car le bilan du patrimoine culturel de mon pays, combien lourd d'un passif d'indignité, n'autorise guère à la complaisance et aux pseudo-congratulations. Du reste, le paysage humain et institutionnel haïtien interdit de célébrer une quelconque réussite qui eut pu justifier l'attribution de lauriers. Et ceux qui croient avoir des raisons de célébrer leur succès doivent humainement se questionner....... Oui, comme vous vous en doutez, il n’y aura pas de trêve même en cette saison de supercherie festive. Certaines batailles exigent la permanence de la pugnacité, car c’est la constance qui donne la légitimité.

Finir 2017 par la rupture d'avec l'indigence Il y a un an, nous avions débuté 2017 avec un arrière-goût de médiocrité et de vulgarité. C’était la confirmation de la continuité d’un régime politique que nous savons pourtant tous corrompu et indigent, mais dont nous nous accommodons bien ; qui par délinquance assumée, qui par opportunisme mesquin, qui par anti-lavalas primaire, qui par précarité intellectuelle, qui par lassitude politique. Les évènements qui se sont enchainés ont confirmé, peu ou prou, la clochardisation des institutions haïtiennes et la déshumanisation de l’homme haïtien incapable d'opposer le meilleur au pire et toujours dans la séduction vis à vis de la bêtise quand il en tire profit. De l’arrestation par la DEA et de la condamnation par un tribunal fédéral américain d’un sénateur haïtien pour trafic de stupéfiants, quoi qu'indigemment élu ; du classement d’Haïti par les pays de la caraïbe (GAFIC) comme champion du blanchiment des avoirs dans la région ; de la publication du budget 2017 comme (...) Lire la suite »

Haïti, la quadrature du cercle ou l’improbable lutte contre la corruption

Erno RENONCOURT

Alors qu'il est inculpé et suspecté de blanchiment d'argent, alors que son administration et son cabinet sont peuplés de personnes recherchées par la justice et / ou épinglées par des rapports officiels dénonçant de nombreux cas de corruption, le président haïtien vient de faire une nouvelle provocation en disant qu'il est le seul à avoir la solution contre la corruption en Haïti. Serait-ce un aveu qui confirme l’implication de l'état haïtien au plus haut niveau dans les pratiques mafieuses comme le dénonce le rapport de la commission sénatoriale sur les malversations des fonds de PetroCaribe  ? Ou serait-ce une manière de banaliser l'initiative de ceux qui cherchent à se mobiliser contre la corruption ? Qu'importe le sens de cette affirmation, elle renforce l'idée de l'improbable capacité de la société haïtienne à se mobiliser pour lutter contre la corruption comme le prouve l''échec de la marche contre la corruption au regard du succès de la procession de l'église catholique consacrée à Marie.

Une marche apolitique mesurée contre une course politique effrénée Le mardi 5 décembre 2017, à l’initiative du « collectif du 4 décembre » et de ses alliés, une marche contre la corruption a eu lieu à Port-au-Prince. Il s’agissait, pour la société civile haïtienne de prouver à elle-même et au monde entier qu'Haïti pouvait aussi, comme ailleurs, en Corée du Sud, au Guatemala, en République dominicaine ou en Israël, se mobiliser collectivement pour agir dignement contre la corruption. C'était un rendez-vous pour le moins attendu, notamment après le rapport de la commission sénatoriale sur PetroCaribe documentant un vaste réseau de dilapidation, de détournement des fonds de PetroCaribe, à hauteur de plus de 3.8 milliards de dollars, par les différentes administrations politiques qui se sont succédé en Haïti entre 2009 et 2016. C'était aussi, en quelque sorte, un test grandeur nature pour mesurer la capacité de l'opinion publique à se mobiliser afin d'apporter une réponse aux personnes indexées dans ce rapport, (...) Lire la suite »

Et si Haïti passait de l’indigence à l’intelligence !

Erno RENONCOURT

Tandis qu'Haïti meurt,comme un bateau de mauvais équipage, soulevé par la marée haute et dérivant au gré des vagues et des vents, les indigences se succèdent. La MINUSTAH s'en va, la MINUSJUSTH s'en vient. Vingt-quatre ans que cela dure, si l'on se ramène à 1993. Pourtant, à l'horizon, le même bordel institutionnel qui fait la fortune d'une certaine expertise internationale douteuse et obsolète. S'il faut blâmer la communauté internationale qui s'oriente toujours vers les choix les plus simplistes au nom des intérêts de ceux qui, parmi les puissants d'ici et d'ailleurs, croient qu’Haïti leur appartient ; les Haïtiens sont en partie aussi responsables de leur déchéance à force de vivre dans l'imposture, l'abandon et la soumission. Alors, il faut oser espérer qu'une nouvelle génération naitra et aidera Haïti a passer de l'indigence à l'intelligence.

De la déchéance à l'indigence La sagesse chinoise prétend qu'un oracle au service de l'Empire eut à conseiller à un des Empereurs une façon plus efficace que la guerre pour condamner une nation à la déchéance. Il lui dit : « Si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter chère en vies humaines. Il suffit de détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans et vous aurez un pays constitué d’ignorants et dirigé par des voleurs... » C'est exactement la situation dans laquelle vit Haïti aujourd'hui : malgré les réussites littéraires et artistiques de quelques uns, malgré les titres académiques et les distinctions honorifiques de certains autres, Haïti vit dans une période de basses eaux intellectuelles et éthiques. La pensée littéraire et artistique triomphante, les palmes académiques accrochées au front de ses fils et de ses filles les plus brillants ne l'empêchent pas d'être un pays de (...) Lire la suite »

Ce sénateur qui n’aimait pas l’humour et qui avait surtout peur des chiens

Erno RENONCOURT

Haïti vit un contexte politique, économique et social de plus en plus précaire. Les interventions de la communauté internationale entre 1994 et 2017, pour restaurer l'état de droit, n'ont fait que stabiliser et structurer le dysfonctionnement institutionnel. La nouvelle législature issue des élections de 2016, acquise à la cause de l’exécutif, qui lui-même n'est qu'un relais des grandes ambassades étrangères et des intérêts du secteur privé des affaires, vote des lois qui agresse fiscalement et étouffe économiquement une population déjà si appauvrie et combien meurtrie par de nombreuses catastrophes naturelles. Devant la complicité de cette assemblée de crapules qu'est devenue l'état haïtien, si le citoyen élève la voix pour dénoncer et caricaturer l'imposture des hommes politiques, il est vite assimilé à un chacal qui veut faire la peau d'un élu qui se transforme pour l'occasion en un mouton paré pour un sacrifice expiatoire. Ainsi, l'état de passe-droit instauré en Haïti livre des accents de mélodrame où tel sénateur, ayant en horreur l'humour et se découvrant peureux des chiens, rejoue Hector suppliant Achille de ne pas livrer son corps aux chacals...

Les chiens des mythes et des héros grecs Chante, ô Muse, la colère d’Achille, fils de Pélée, colère funeste, qui causa tant de malheurs aux Grecs, qui précipita dans les enfers les âmes courageuses de tant de héros, et rendit leurs corps la proie des chiens et des vautours. Ainsi commence le Chant I de l’Iliade d’Homère qui raconte comment « s’accomplit la volonté de Zeus, du jour où se divisèrent, après une vive dispute, Agamemnon, roi des hommes, et le divin Achille » . Plus loin, le Chant XXII décrit un dialogue dans lequel Hector, subissant la vengeance meurtrière d’Achille pour la mort de Patrocle, livre ses craintes et confie son angoisse de voir, comble d'humiliation, son cadavre livré aux chiens et aux vautours pour être dévoré. En ce temps-là, les mythes célébraient le funeste destin des héros déchus qui, au lieu, d’être immortalisés par le feu, pour se transformer en poussières d'étoiles, étaient " livrés à la charogne, tel des bêtes, qui devaient être mangées par d'autres bêtes selon la coutume des (...) Lire la suite »

Haïti : De la colonisation à l’esclavage économique

Jérôme DUVAL
Finalement, les pays dits « en voie de développement » (PED) d’aujourd’hui remplacent les colonies d’hier : les grandes entreprises multinationales occidentales se placent dans les anciennes colonies, y investissent et en extorquent les ressources pour accumuler de faramineux profits qui s’évadent dans des paradis fiscaux appropriés. Tout cela se déroule sous le regard bienveillant des élites locales corrompues, avec l’appui des gouvernements du Nord et des Institutions financières internationales (IFI) qui exigent le remboursement de dettes odieuses héritées de la colonisation. Par le levier de la dette et des politiques néocapitalistes imposées qui la conditionnent, les populations spoliées paient encore le crime colonial d’hier et les élites le perpétuent subrepticement aujourd’hui, c’est ce qu’il est convenu d’appeler le néocolonialisme. Pendant ce temps, hormis quelques tardives et bien trop rares reconnaissances des crimes commis, on se hâte d’organiser l’amnésie collective afin d’éviter tout débat (...) Lire la suite »

Cette médiocrité plurielle qui va si bien à Haïti

Erno RENONCOURT

Comment expliquer qu'un peuple avec tant de talents individuels arrive à générer collectivement cet échec qu' est HAÏTI sur 213 ans d'histoire. C'est un vrai paradoxe qui ne s'explique que par une médiocrité plurielle collectivement partagée. La corruption des élites, la médiocrité humaine et éthique des classes moyennes et l'adaptation des classes populaires à l'indigence pour survivre forment une même médiocrité qui structure Haïti en une inébranlable résilience célébrée par cette partie de la communauté internationale qui ne vit que de l'échec des peuples.

De l'heure du berger à l'heure des indigences Le 21 août 2017, pendant un temps très court, l’humanité a contemplé, par le biais des satellites de la NASA, une éclipse solaire totale. La beauté de l’évènement, due non seulement à sa rareté mais aussi à sa singularité, autorise à paraphraser Verlaine dans l’heure du berger. Et soudain, l’horizon s’emplit d’une obscurité furtive. Noire, l’ombre de la lune émerge : c’est l’éclipse solaire. Fort heureusement cette éclipse n’a été que furtive et lointaine. Car, si elle était plus proche et devait durer, on imagine l’inconfort qu’aurait causé la permanence de l’obscurité et de l’humidité. De nouvelles espèces et de nouveaux modes de vie auraient fait leur apparition sur la planète. Il n’y aurait plus de saisons pour nous émouvoir ! Notre climat serait marqué par un éternel hiver ou par d’interminables saisons de pluies. Notre écosystème ne serait plus que brumes, humus, et marais. Que d’eau pour inonder nos villes ! Que d’obscurité pour ombrager nos vies ! Il n’y aurait (...) Lire la suite »

D’une éclipse à l’autre

Erno RENONCOURT
De l'incompréhension des signes à l'angoisse existentielle Des temps immémoriaux, les phénomènes naturels, par leur beauté, leur mystère ou leur violence, ont toujours intrigué et fasciné les hommes. Hélas, pendant longtemps, l’humanité s’est contentée de trouver des explications surnaturelles à ces phénomènes. Ainsi, au fil du temps, l’impossibilité de leur apporter une explication rationnelle a nourri de nombreux mythes qui ont forgé nos religions et nos croyances. Avec le recul, il est à se demander si certains des récits des prophètes ne sont pas simplement qu’une description maladroite de quelques-uns de ces phénomènes. En effet, Bachelard aidant, à travers la formation de l'esprit scientifique, nous reconnaissons aujourd'hui dans certaines de ces explications prophétiques, la naissance d'une forme d’opinion qui s'est contentée de décrire les choses sans les comprendre. Opinion devenue ainsi un obstacle épistémologique à surmonter pour atteindre la connaissance. Cela dit, devant "les mystères du réel", (...) Lire la suite »

Allumons des foyers d’insoumission pour combattre l’indigence

Erno RENONCOURT
En France aussi, l’indigence électorale se cultive. Ceux qui ont le temps et la générosité pour suivre l’actualité venant d’Haïti, au-delà du rythme imposé par les catastrophes naturelles et l’assistance humanitaire, savent combien le système électoral haïtien est ponctué de failles qui vibrent de violentes et d’indigentes secousses à chaque élection. C’est si vrai, que par une pensée simpliste, mais non moins vraisemblable, le monde a fini par voir en Haïti la référence à l’indigence électorale. Pourtant, depuis le reflux des luttes populaires et sociales, sous la poussée de l’escroquerie néolibérale qui voue un culte démesuré au profit et à la finance, au mépris de l’homme et au détriment de la nature, les théâtres électoraux du monde entier, notamment aux EU et en France, semblent rejouer les mêmes scènes indigentes qui ont déshumanisé Haïti. Une même nuit obscure, immonde, peuplée de monstres hideux, émerge et terrifie l’espoir, l’humanisme et la paix. Au vrai, Haïti n’a pas le monopole de l’indigence. Qu’elle (...) Lire la suite »
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