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Thème : Répression

La violence policière ne peut entraîner que de la violence

NnoMan CADORET

Les manifestations en banlieue se poursuivent, après le viol présumé de Théo, un jeune d’Aulnay-sous-bois, par la matraque d’un policier. Le photographe NnoMan Cadoret, qui suit depuis des années le comportement des policiers, explique dans cette entretien que les « jeunes et les moins jeunes n’en peuvent plus » des violences policières et du racisme.

Reporterre - L’interpellation extrêmement brutale et le viol présumé de Théo, le 2 février à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ont ravivé la question des violences policières et notamment du contrôle au faciès. Quelle expérience en avez-vous ? NnoMan Cadoret - J’ai grandi à L’Haÿ-les-Roses, une commune tranquille du Val-de-Marne. A partir du moment où j’ai eu l’âge de sortir seul à la Paris, je me suis fait systématiquement contrôler. Mon contrôle le plus marquant, c’était un soir à Bastille, avec mon frère. Dans les escaliers du métro, trois policiers, deux hommes et une femme, nous ont regardé vraiment méchamment. Nous avons continué notre route et là, je les ai entendus se mettre à courir – la matraque, les clefs et les menottes qui tapaient sur leurs poches. L’un d’eux a attrapé mon frère par le col et lui a mis un coup de poing dans le visage. Ils nous ont entraîné dans un local de la RATP. Un des policiers m’a collé sa matraque sur le torse. Il m’a dit : « Vous pouvez gueuler maintenant, il n’y a plus (...) Lire la suite »
« Des policiers dévoyés, indignes de leur uniforme et de la mission pour laquelle ils sont payés ».

Théo et la fascisation des forces publiques chargées de nous protéger.

Vincent MORET

Le 20 octobre 2016, dans Le Grand Soir, un court billet de Théophraste R. alertait sur les manifs illégales de policiers armés et cagoulés sur les Champs-Elysées : « Les complotistes affirment que le FN est derrière ces provocations et ces menaces en forme de répétition. Dans des bureaux de vote proches des casernes de gardes mobiles ou de CRS, le FN recueille plus de 60% des voix au premier tour. » (1)

Et il ajoutait : « Quand un gouvernement laisse des bandes armées et masquées le défier en se pavanant dans la Capitale, il montre une faiblesse qui met en péril la démocratie et ouvre la voie aux coups d’Etat. Ces hors-la-loi payés par nous ont affiché leur mépris de leur hiérarchie, de leur ministre, du gouvernement tout entier, de la République. Ils l’ont fait parce qu’ils sont armés ! » Quatre ans plus tôt, le 26 avril 2012, sous le titre : « C’est partout le bruit des bottes » (2), Théophraste R. alertait sur le défilé de plusieurs centaines de policiers sur les Champs-Elysées, gyrophares allumés et sirènes hurlantes » pour protester contre la mise en examen d’un de leurs collègues qui avait tué un fuyard d’une balle dans le dos. Les domiciles et donc les bureaux de vote des policiers étant dispersés, on ne peut évaluer leur préférence politique avec autant de précision que pour les gardes mobiles et les CRS. Mais on peut raisonnablement affirmer que la police s’est fascisée. Le temps est proche où elle (...) Lire la suite »
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5 ans après la mort de Wissam El Yamni, toujours pas de vérité

Mireille FANON MENDES FRANCE
En octobre 2016, au moment de la parution du livre Un président ne devrait pas dire cela, les auditeurs ont appris, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, que le Président de la République avait ordonné « au moins quatre assassinats ciblés », décisions mises en œuvre par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Aucun démenti n’a été publié. Selon Vincent Nouzille, dans son dernier livre, Erreurs fatales, ces assassinats ciblés avoisineraient plutôt le nombre de quarante. Cet auteur reconstitue la façon dont les assassinats ciblés ont été décidés et analyse l’élaboration de la liste des cibles, les « High Value Targets ». Il faut se rappeler qu’à la suite d’un accord passé, dès 2012, entre Obama (1) et Hollande, celui-ci avait donné ordre à la DGSE de « dégommer » Ahmed Godane, leader des shebabs. Si la DGSE s’était occupée de la localisation, les drones étasuniens ont réalisé l’assassinat. Ces informations ont été fournies par Jean Guisnel(2) et confirmées par les militaires étasuniens (3). Ainsi, les (...) Lire la suite »

2016 : une année parmi les plus meurtrières pour les jeunes Palestiniens des territoires occupés

Capitaine Martin

L’année 2016 restera comme l’année au cours de laquelle Israël a tué le plus de mineurs au cours de la dernière décennie en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

C’est ce que nous apprend le rapport de l’organisation non gouvernementale « Defence for Children International-Palestine » (DCIP) publié la semaine dernière. Selon ce dernier, ce ne sont pas moins de trente-et-un jeunes Palestiniens qui ont été tués par l’armée israélienne cette année. Le dernier en date, Farid Ziyad Atta al-Bayed, était à peine âgé de quinze ans. Il est décédé le 23 décembre après 69 jours de coma. Faris avait été blessé le 15 octobre dernier lors d’affrontements avec l’armée survenus dans le camp de réfugiés de Jalazoun, non loin de Ramallah. L’ONG s’est ému dans son rapport qu’aucun soldat n’ait été inquiété par les autorités israéliennes pour les morts qu’ils ont commises. Ce n’est malheureusement pas une surprise... Au cours des trois dernières années, un seul militaire a fait l’objet d’une enquête en bonne et due forme. « Les forces israéliennes font depuis 2014 davantage usage de répression pour contenir les manifestations », accuse Ayed Abu Eqtaish, un des directeurs de programme de l’ONG. La (...) Lire la suite »

Contre l’apologie et la pratique du deux poids, deux mesures

Laurent DAURÉ
Une certaine vision de l’esprit de Noël : « Un lycéen du Cher a été condamné hier à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Bourges, dont trois ferme, pour apologie du terrorisme par voie de communication électronique et consultation habituelle de sites faisant l'apologie du terrorisme. Il n'était pas soupçonné de vouloir préparer un attentat. Le jeune homme, âgé de 18 ans et scolarisé à Vierzon, a été placé sous mandat de dépôt. » (Le Parisien, 24 décembre 2016) Ce lycéen tout juste majeur va donc passer au moins trois ans en prison – c’est bien connu, les voyages en prison forment la jeunesse... – alors qu’il n’a commis, favorisé ou même préparé aucune action violente. Voilà une nouvelle qui n’aide pas à digérer les repas de fête. Surtout que ce n’est pas la première condamnation du genre. Depuis les attentats de janvier 2015 et l’instauration (sans cesse prolongée) de l’état d’urgence, la « justice » a frappé dur sur des personnes qui n’ont fait que tenir des propos provocateurs ou irréfléchis – parfois (...) Lire la suite »

Un syndicaliste CGT Construction condamné pour jet de confettis

Laurence MAURIAUCOURT

Le jugement est rendu. Philippe Christmann, syndicaliste CGT-Construction, vient d’être condamné ce vendredi 16 décembre à Paris à une amende de 500 euros et à payer 17 000 euros en tout à la Fédération française patronale du Bâtiment (FPB) au titre du préjudice subi.

A 53 ans, Philippe, un des administrateurs de la CGT Bois et Construction, a toujours contesté les faits reprochés survenus lors d'une manifestation surprise contre la pénibilité organisée devant la Fédération française du bâtiment (FFB). Photographié avec un fusil paintball à la main, Philippe a toujours assuré être en possession de l’objet parce qu’il venait de le "confisquer". A l’issue de l’audience de novembre dernier, la procureuse avait requis un an d'emprisonnement avec sursis, 4 000 euros d'amende dont la moitié avec sursis, et l'interdiction de se rendre aux abords de la FFB pendant 3 ans. Ce vendredi, la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Paris a "estimé qu'il y a eu des dégradations très amples" mais "à caractère contraventionnel" et non délictuel, s’en tenant à une première amende de 500 euros. Le syndicaliste a comparu accompagné au tribunal par quelque 70 soutiens. Il aura à payer en outre plus de 14500 euros pour le préjudice matériel, 1 000 euros pour le préjudice (...) Lire la suite »

De la réhabilitation de la Commune de Paris cette « tentative totalitaire, putschiste » et « idéologie qui cherche à imposer, au détriment de l’individu, son ordre ».

Smaïl Hadj Ali

Il y a un peu plus de deux semaines, le mardi 29 novembre 2016, les parlementaires ont approuvé à la majorité un texte, présenté par le groupe socialiste, « proclamant ... la réhabilitation de toutes les victimes de la répression de la Commune de Paris ».

La résolution « juge nécessaire que soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées(1) par les acteurs de la commune de Paris de 1871 » et « Souhaite que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté au prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ». Relents versaillais et chouannerie oblige, la droite proteste. L’extrême droite n’est pas en reste. Il aura donc fallu près d’un siècle et demi pour que le pays qui se réclame des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité réhabilite, sans audace, les femmes et les hommes qui, 72 jours durant, ont appliqué, pratiqué, généralisé, vécu et partagé authentiquement ces principes, justifiant ainsi la devise : « Paris a hissé le drapeau de l’humanité ». Cette « réhabilitation » très tardive, ne soldera toutefois pas « l’indicible infamie » que fut la mise à mort de Paris libre par une bourgeoisie capitularde, cruelle et haineuse. Pour avoir défendu les principes et les fondements d’une (...) Lire la suite »

1986-2016 : souvenirs d’une répression violente

Jérôme DUVAL, Maurice DUVAL

En décembre 1986, en France, les lycéens, bientôt rejoints par les étudiants et les professeurs, se mobilisèrent contre « la loi Devaquet » qui visait à augmenter le prix des droits d’inscription à l’université. Le mouvement prit une ampleur considérable et la répression ne s’est pas fait attendre face à une contestation aussi légitime que démocratique. Bilan : un mort, Malik Oussékine, et des blessés graves, dont François Rigal, Patrick Berthet, Jérôme Duval [l'auteur de cette tribune] et bien d’autres. 30 ans après, Maurice Duval, père, et Jérôme Duval, fils, se souviennent.

Maurice Duval, père : Quels souvenirs as-tu de la journée du 4 décembre 1986 ? Jérôme Duval, fils : Organisé pour la mobilisation au Lycée Maurice Ravel et aussi en coordination avec d'autres lycées de Paris, on allait à cette manifestation nationale pour défendre nos revendications dont la première était l'abrogation totale du projet de loi. Il y avait tellement de monde (les organisateurs parlaient d'un million de personnes) que nous étions plutôt confiants quant à la victoire du mouvement. Nous étions déterminés et pacifiques, même quand le soir, sur la place des Invalides, les tirs de la police ont commencé à fuser suite à l'annonce de l'échec des négociations et à la position inflexible du gouvernement. À ce moment-là, nous formions une chaîne humaine totalement pacifique avec mon meilleur ami Antoine. Et toi, quels sont tes souvenirs ? MD : J’étais dans la manifestation avec mes collègues professeurs, le cortège était calme et revendicatif. Je te savais un peu plus loin avec tes camarades de classe. (...) Lire la suite »

Abandon des charges contre Mikaël en procès pour soutien aux migrants de Calais

Mikael Doulson

Le 1er octobre, Mikaël Doulson, membre du collectif Investig’Action, devait animer un atelier de percussions avec les migrants dans la Jungle de Calais. C’était sans compter sur l’intervention de la Police française qui a brutalement mis un terme à la manifestation pacifique. Pire, Mikaël a été violemment interpellé et placé en détention préventive dans des conditions indignes. Le lundi 7 novembre à 14 heures se tiendra son procès au Tribunal de Grande Instance de Boulogne-sur-Mer. Nous vous invitons à y venir nombreux et, d’ici là, à signer la pétition pour l’abandon des charges contre Mikaël. (IGA)

Bonjour à tou.te.s ! Je m’appelle Mikaël Doulson, je suis journaliste salarié dans un média associatif. J’ai été interpellé samedi 1er octobre 2016 à 17h15 par la Police française à Calais, lors d’un rassemblement de soutien aux migrants qui vivent dans un camp surnommé « la Jungle« , qui risque d’être démantelé dans les jours qui viennent. J’ai été accusé de « participation à une manifestation illégale, avec dissimulation du visage« . Ceci alors que j’étais simplement venu à Calais pour animer des ateliers de percussions avec les migrants, et écrire un article sur le rassemblement, dont j’ignorais qu’il n’avait pas été autorisé. De plus, si j’ai en effet couvert ma bouche et mon nez avec mon écharpe, c’était pour me protéger des effets délétères des gaz lacrymogènes utilisés massivement par la police ce jour-là, comme en atteste la vidéo ci-dessous. La vidéo de mon arrestation montre bien mon attitude entièrement pacifiste, non-violente, et mon intention festive, n’ayant pas vocation à troubler l’ordre public ni à menacer (...) Lire la suite »

La répression « individualisée » des opposants à la loi travail

Marie Barbier

Six militants comparaissent à partir de ce matin pour rébellion ou violences lors des manifestations du printemps dernier. À l’opposé des versions policières, tous racontent les violences qu’ils ont subies et dénoncent des « procès politiques ». Ils risquent des peines de prison ferme.

« Oui, j’ai quelques témoignages... » Gildo ironise. Quand le syndicaliste CGT de 43 ans glisse sa clé USB dans l’ordinateur, une foultitude de dossiers apparaît : certificats médicaux, témoins cités à l’audience, vidéos, photos... Gildo a passé l’été à préparer sa défense. « Et à remettre du collectif, précise-t-il. Tous les militants poursuivis le sont pour la même raison : servir d’exemple. » Jugé ce matin devant le tribunal correctionnel de Paris pour rébellion, ce membre de la direction de l’union locale de Saint-Denis risque un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Il comparaît aux côtés de trois autres manifestants, Michel, Maxime et Valentin ; Bastien sera, lui, jugé demain à 13 h 30. Frédéric comparaîtra jeudi prochain. Ils sont syndicalistes, militants non encartés ou simples citoyens, poursuivis pour rébellion, outrage, non-dispersion après sommation ou même violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique lors des manifestations du printemps dernier contre la loi travail, tous risquent des (...) Lire la suite »
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