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Thème : URSS (ex)

À quoi aurait ressemblé le monde sans la Révolution d’octobre ?

Benedikt ARDEN
Le 7 novembre 2017 [1] se voyait fêter le 100e anniversaire de la Révolution d’octobre. Anniversaire que nombre d’entre vous ont appris à appréhender comme une révolution totalitaire et qui avait comme projet d’imposer une « idéologie inhumaine » à tout un peuple. Il faut dire que l’autodestruction de l’URSS a laissé le champ libre aux affirmations les plus décomplexées, car n’ayant plus vraiment de contradicteur audible à faire face. Mais dans le cadre du centenaire de ces jours qui, comme l’écrivait jadis John Reed, « ébranlèrent le monde », ne vaut-il pas mieux réfléchir aux avenants et aux aboutissants de cet événement, au lieu de hurler son ignorance avec les loups du capital ? Cette révolution a eu pourtant des impacts fondamentaux sur notre monde. C’est pourquoi une révision de l’héritage soviétique pourrait nous sortir des caricatures et pourrait démontrer que le tableau est plus nuancé qu’il n’y parait. Puisque comme chacun sait, la démocratie et le socialisme ne peuvent émerger aisément de la guerre (...) Lire la suite »

Vygotski au service des entreprises ?

Johnny COOPMANS
Les travaux du psychologue soviétique Lev Vygotski sont souvent associés au socio-constructivisme pédagogique. Or, ce dernier est revendiqué en héritage par les tenants de l’approche par compétences, cette expression pédagogique du recentrage de l’enseignement sur la demande patronale de flexibilité. D’où la question : l’approche par compétences est-elle un digne successeur de l’école historico-culturelle de Lev Vygotski ? L’école historico-culturelle L’école historico-culturelle, a été fondée dans les années 20-30 par trois psychologues soviétiques, Lev Vygotski, Romanovitch Luria et Alexis Léontiev. Leurs travaux s’inscrivaient dans les débats qui animaient les milieux académiques de psychologie et de pédagogie de l’époque. La psychologie, comme science naissante, attirait beaucoup de jeunes étudiants et chercheurs en URSS. Il existait différentes écoles de psychologie en Occident et celles-ci avaient leurs adeptes dans les universités russes. Mais la question qui se posait était de savoir s’il fallait (...) Lire la suite »

Les rêves de la jeune Russie des Soviets, une lecture antiproductiviste de l’histoire du stalinisme

Paul ARIES
(Préface de Pierre Zarka, ancien directeur de L’Humanité) (Editions Le Bord de l’eau, septembre 2017, 335 pages, 22 euros) Rencontre avec Paul Ariès Les Zindigné(e )s : Vous publiez, le 15 septembre 2017, à l’occasion du centenaire de la révolution d’Octobre un ouvrage préfacé par Pierre Zarka et que Jean-Luc Mélenchon a qualifié d’ambitieux. Votre livre renvoie dos à dos les analyses de droite comme de gauche, « antitotalitariennes » ou nostalgiques d’une tragédie stalinienne qui n’a pas seulement tué des millions d’humains mais jusqu’à l’idée même de communisme et de révolution. Vous semblez convaincu que rien ne sera possible si on ne solde pas cette expérience en produisant une critique encore plus forte que celle des droites. Paul Ariès : Je propose en effet une lecture antiproductiviste de l’histoire de l’URSS puisque l’échec n‘était pas inscrit dans les gènes de la révolution d’Octobre et ne doit rien au retard de la Russie ni à l’encerclement capitaliste. Savez-vous, par exemple, que la jeune Russie (...) Lire la suite »
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Sur les visions figées et la tendance à continuer à faire les choses qui ont cessé d’être favorables.

Cartes obsolètes et paysages peu familiers

Dmitry ORLOV

Il existe une tendance humaine très naturelle à continuer à essayer de faire les choses qui ont pu tourner en votre faveur même après qu’elles ont cessé de le faire. Il est facile de le mettre en évidence parmi diverses faiblesses et fragilités humaines – refuser de reconnaître la réalité, s’engager dans des vœux pieux, se nourrir de châteaux en Espagne… Il est quelque peu difficile de discerner dans cette tendance une saine stratégie… car elle est supérieure à toute alternative disponible.

Le 25 avril 2017 – Source Club Orlov Dans son récent article sur le blog A Matter of Mercy, James Howard Kunstler a comparé l’état d’esprit général aux États-Unis à celui d’un patient souffrant d’une maladie d’Alzheimer. Des thèmes apparaissent aux infos et les porte-paroles des médias de masse deviennent hystériques à leur sujet. Ensuite, brusquement, la musique s’arrête et le thème du jour disparaît de la vue. L’ingérence russe dans les élections présidentielles aux États-Unis a fait beaucoup de bruit. Et puis... grillons. Un peu plus tard, il y a eu une prétendue attaque chimique en Syrie (dont il n’existe toujours aucune preuve vérifiable) ; par conséquent, « Assad doit payer » (en tirant sur une poignée de jets inutilisés vieux de 30 ans). Malheureusement, seulement un tiers de ces missiles de croisière Tomahawk très coûteux sont parvenus à atteindre la cible (mais le mauvais bout de l’aérodrome). Encore plus maladroit, les Russes saisissent cette occasion pour montrer leurs équipements de guerre (...) Lire la suite »

Les conséquences de la destruction de l’URSS

Juozas ERMALAVICHYUS

Un texte fondamental, à déguster lentement parce qu’il offre une perspective inédite de recherche et d’appréciation sur la situation aujourd’hui, y compris sur les conditions de l’aggravation de la crise du capitalisme à la suite de la chute de l’URSS (note de Danielle Bleitrach) A l’occasion du 25e anniversaire de cet événement historique La création de l’Union des Républiques socialistes soviétiques, comme réunion de peuples et fédération d’états engagés dans la construction socialiste, a été un phénomène colossal, sans précédent dans la pratique historique mondiale. Avant la naissance de l’Union soviétique, l’histoire mondiale de l’humanité n’a jamais connu une telle association volontaire à grande échelle de nations et de nationalités en un seul Etat.

Cette expérience a été rendue possible par la victoire de la Grande Révolution socialiste d’Octobre, qui a libéré les peuples de l’Empire russe de l’oppression sociale et de l’exploitation, leur fournissant une perspective de libre développement. C’est pourquoi le socialisme soviétique a été le degré suprême du progrès historique de l’humanité au XXème siècle. Ce n’est donc pas étonnant si la destruction de l’Union soviétique a entraîné des conséquences catastrophiques pour les peuples de notre pays multinational, et pour l’humanité dans son ensemble. En se fixant pour tâche la destruction de l’Union soviétique, la contre-révolution impérialiste n’avait aucune idée réelle des conséquences possibles de cette agression brutale d’envergure mondiale. Elle n’avait pas une perception adéquate et encore moins une compréhension scientifique de la réalité historique des dernières décennies du XXe siècle, dans lesquelles se trouvait l’humanité moderne. Elle tournait le dos aux lois objectives du développement social de la (...) Lire la suite »

La première opposition à l’agriculture intensive court-termiste était soviétique

Guillaume SUING
Dominique Meeus indique dans une réaction à mon article (1) « Lyssenko, un imposteur ? » (mai 2016) : « Je ne suis pas biologiste mais suffisamment cultivé pour savoir que l’épigénétique n’est pas un aveu d’impuissance de la génétique et surtout qu’elle n’est en rien un voie supplémentaire d’hérédité ». L’étant moi-même, je me dois de rappeler une évidence sur le changement de paradigme actuel en génétique, même si c’est toujours à reculons que les savants, à commencer par les héritiers de Jacques Monod, modifient leur manière de penser. L’épigénétique est bien la résultante logique de recherches en génétique qui ont révolutionné la biologie vieillissante du 20ème siècle, mettant à mal finalement les dogmes originels idéalistes de Morgan, Weismann, puis Jacob et Monod, sur le « tout génétique » (ou le « programme génétique », version customisée du « tout génétique » dans les années 70). Non pas que les gènes ou l’ADN n’existent pas bien sur : Au contraire, leur connaissance de plus en plus intime conduit aujourd’hui à des (...) Lire la suite »
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Lyssenko, un imposteur ?

Guillaume SUING

En réponse au livre récemment publié de Gilles Harpoutian « La petite histoire des grandes impostures scientifiques » (Editions Chêne), le biologiste Guillaume Suing, auteur de « Evolution ; la preuve par Marx » (sous-titre : « Pour dépasser la légende noire de Lyssenko », préface de Georges Gastaud, 2016) aux Editions Delga, revient sur l'histoire controversée de l’agronomie soviétique, sur fond de faillite totale du modèle capitaliste d’après guerre ; l’agriculture intensive, fondée sur les pesticides et les engrais chimiques.

Il y a l’histoire des « Grands Hommes », des « Sagas », celle qui explique par exemple l’origine de la première guerre mondiale par un attentat commis à Sarajevo. Et il y a l’histoire sérieuse, scientifique, collective... Mais on peut aussi en trouver l’équivalent en histoire des sciences, qu’on l’édifie avec celle des « grands génies » ou qu’on la « déconstruise » avec celle des grands « imposteurs ». Ainsi l’exemple de « l’imposteur » Lyssenko, l’agronome « apprenti-sorcier » qui aurait réussi à entraîner des millions de soviétiques, d’agriculteurs, de cadres, dans ses théories aussi fumeuses qu’inefficaces à grande échelle pendant plus de trente ans, fut un véritable prodige en son genre. Mais à force de mêler le caractère sans aucun doute paranoïaque, excessif, impulsif, hargneux du personnage, à la condamnation de ses découvertes, on finit par avoir un doute sur le sérieux et l’impartialité de l’analyse. Car ce sont bien ses premiers succès pratiques, malgré ses défauts personnels justement (à commencer par son (...) Lire la suite »

Ce que Thomas Piketty nous révèle, malgré lui, de l’épopée de l’URSS

Michel J. CUNY

La lecture de l’ouvrage de Thomas Piketty Le capital au XXIe siècle (Seuil 2013) fait très vite apparaître que l’auteur n’entretient qu’un rapport de méconnaissance totale avec Karl Marx dont, pourtant, il prétend pouvoir souligner les limites de la réflexion.

Le Capital de Marx repose sur la production. Cette production, celle qui garantit en particulier notre survie, Thomas Piketty ne la retrouve en rien dans l’activité économique... Lui ne connaît que la "répartition" d’un gâteau préformé on ne sait comment. Et pourtant son livre est une vraie révélation. C’est qu’il pose la question de l’invraisemblable séisme vécu par les pays capitalistes entre 1914 et 1945, ou, plus précisément encore – ainsi qu’une analyse attentive de son livre le révèle – entre 1917 et 1953, cette dernière date étant celle de la disparition de Joseph Staline. Un séisme qui aura débouché sur l’apparition, en Occident, d’une classe moyenne salariée (40 % de la population adulte) qui aura basculé idéologiquement – grâce à son accession à la propriété de son habitation et à la récupération d’une petite épargne de précaution – du côté des 10 % qui rassemblent les dominants de la sphère "capitaliste", laissant aux 50 % les plus pauvres la maigre consolation de n’avoir vécu que pour subvenir tout juste (...) Lire la suite »
Cinéma

Ici, les aubes sont calmes : un film d’actualité sur la Deuxième Guerre mondiale

Rosa LLORENS

Que peut-­on faire quand on est cinq filles jeunes et dynamiques ? Chahuter avec les garçons, aller voir un match de foot, revendiquer contre des parents grincheux son droit à s’éclater par tous les bouts, dans un film franco­turc, Mustang. S’engager dans l’armée, suivre une formation comme spécialiste de DCA, se battre pour sauver sa patrie de la barbarie nazie, dans le film de Renat Davletiarov, Ici, les aubes sont calmes.

Le Festival de cinéma russe qui se déroule au cinéma Arlequin, jusqu'au 17 novembre, montre décidément qu'il y a un abîme entre les regards occidental et russe. Les héroïnes d'Ici, les aubes..., lorsqu'elles arrivent dans le village où elles seront responsables d'une batterie de DCA, sont déjà marquées par la guerre, par le massacre de leur famille ou la mort sur le front de leurs maris ou fiancés et ont mis entre parenthèses leur vie personnelle : elles devront se battre pour le droit à l'existence, la leur et celle de la patrie russe, indissociablement liées : l'invasion nazie en URSS a fait plus de 30 millions de morts (chiffre hallucinant), majoritairement chez les civils. Leur mission, tranquille a priori (elles se trouvent à l'arrière du front), va se transformer en une course­-poursuite haletante au milieu des forêts et des marais de Carélie, lorsque l'une d'elles découvre qu'un commando de soldats d'élite allemands, des « surhommes », ont été infiltrés pour faire sauter une voie ferrée (...) Lire la suite »

6 août 1945 / 6 août 2015 : 70ème anniversaire de l’extermination nucléaire d’Hiroshima !

Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

Plus que jamais, l’exterminisme est le stade suprême de l’impérialisme, par Georges Gastaud, auteur de « Marxisme et universalisme », Editions Delga, 2015

Le 6 août 1945, alors que le Japon vaincu s’apprêtait à capituler sans conditions, le président étasunien Truman ordonnait à l’aviation de son pays d’atomiser les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki (8 août). Notre propos n’est pas ici de revenir sur les motivations de cet acte barbare dont Bernard Frédérick a pertinemment montré dans l’Huma-Dimanche du 27 juillet dernier les motivations antisoviétiques et les visées impérialistes planétaires : en étalant leur technologie de mort, les « démocratiques » EU affichaient leur détermination à détruire en masse la vie humaine sans le moindre scrupule ; ils prouvaient ainsi, non seulement qu’ils ne valaient guère mieux que les nazis sur le plan moral et surtout, ils précipitaient la capitulation nippone en empêchant leur « allié » soviétique, vainqueurs des Japonais en Extrême Orient, de porter la contre-offensive de l’Armée rouge sur le sol nippon. Le but était d’impressionner Staline (objectif non atteint) et de montrer au monde redessiné par la défaite (...) Lire la suite »
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