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Prisons secrètes étasuniennes et complicités britanniques

« 17 Guantanamo flottantes »

illustration : carte des prisons secrètes, http://indexresearch.blogspot.com/2008/02/robicheauxs-nightmare-us-rendition.html

Pas une, mais 17 Guantanamo. Avec des prisonniers enfermés non pas sur une île mais sur 17 navires de guerre. La dénonciation provient de l’ONG « Reprieve », d’après laquelle des navires de guerre étasuniens seraient utilisés comme prisons pour détenir, interroger -avec des méthodes proches de la torture- et déplacer de par le monde une partie des prisonniers capturés pendant la « guerre à la terreur ». Washington a immédiatement démenti le rapport.

L’utilisation de navires prisons aurait commencé fin 2001 (au début donc de la campagne contre l’Afghanistan des talibans). Le rapport de Reprieve sera publié dans les prochains jours mais a été anticipé hier par le quotidien britannique Guardian.

Il avait déjà été question dans ces dernières semaines de la possibilité que les USA exploitassent des navires de guerre en déplacement pour cacher des détenus illégaux. Selon les éléments recueillis par l’ONG, au moins 200 cas de rendition -transferts illégaux dans des prisons secrètes délocalisées dans des pays où il est possible de pratiquer la torture - auraient été vérifiés depuis 2006. Et pourtant, il y a deux ans, le président Georges Bush avait assuré que de telles pratiques étaient finies. Clive Stafford Smith, le responsable juridique de Reprieve, a déclaré au Guardian que les Etats-Unis « ont choisi les bateaux afin de garder leurs méfaits loin des yeux des médias et des avocats des associations humanitaires ; mais à la fin nous arriverons à réunir tous ces détenus fantômes et à faire valoir leurs droits ». « Les Etats-Unis - poursuit Smith- détiennent en ce moment, de leur propre aveu, 26.000 personnes dans leurs prisons secrètes, mais nos estimations sont qu’au moins 80.000, à partir de 2001, sont passées dans l’engrenage du système. Il est temps que l’administration Us montre un engagement concret à respecter les droit humains ». Parmi les nombreux témoignages recueillis dans les documents de l’ONG britannique on peut lire celui d’un prisonnier de Guantanamo (où environ 300 musulmans restent prisonniers en régime de détention administrative, sans accusation formelles à leur charge) qui rapporte l’expérience d’un de ses voisins de cage : « Il me raconta qu’ils étaient une cinquantaine sur ce navire, enfermés au fond de la cale, et qu’ils étaient plus tabassés qu’à Guantanamo ».

Le rapport suspecte en outre que certains prisonniers fantômes aient transité par des structures de la base militaire de « Diego Garcia », dans l’Océan Indien. Ce qui coïnciderait avec la reconnaissance partielle du ministre des Affaires Etrangères de Londres, David Miliband, qui avait dit en février dernier que deux avions étasuniens en mission de type « rendition » avaient fait escale dans cette base. « Pas à pas - a commenté Andrew Tyrie, président de la Commission parlementaire sur les missions torture - la vérité sur les « renditions » voit le jour : ce n’est qu’une question de temps. Le gouvernement ferait mieux d’éclaircir ça immédiatement ».

Un porte-parole de la marine militaire étasunienne a cependant démenti les conclusions de Reprieve. « Il n’y a pas de prisons américaines » a dit le commandant Jeffrey Gordon au Guardian. Mais c’est désormais un fait établi que les missions-torture étasuniennes aient été consolidées et soient de pratique commune : des bases secrètes de la CIA - dit le Guardian- opéraient en Roumanie, Pologne, Thaïlande et Afghanistan. « Toutes ces bases secrètes font partie d’un réseau global dans lequel les gens sot détenus indéfiniment, sans que des chefs d’accusation soient formalisés, et sont soumis à la torture - en violation totale de la Convention de Genève et de la Charte des droits de l’homme de l’ONU », avait dit Ben Griffin, ex-membre des forces spéciales britanniques. Griffin fut ensuite réduit au silence par le ministre de la Défense qui obtint, à ses dépens, une mise en demeure du Tribunal.

Edition de mardi 3 juin 2008 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/argomenti- settimana/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

URL de cet article 6779
   
Communication aux lecteurs
24 février : Tous ensemble à Londres pour soutenir Julian Assange

La date du 24 février ouvre le départ des dernières audiences d’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange sur la demande des Etat-Unis. Sur le territoire américain Julian risque jusqu’à 175 années de prison pour avoir diffuser des documents sur la guerre en Irak et en Afghanistan dévoilant ainsi au grand jour tortures et exactions de l’armée américaine, pour avoir fait son travail de journaliste. S’il est jugé par un tribunal fédéral dans un état où la peine capitale est autorisée, il risque la peine de mort pour espionnage et divulgation de secrets d’Etat .

Nous organisons ce 23 février un départ de Paris en Bus pour Londres. Nous arriverons le 24 au matin pour commencer la manifestation et repartirons le soir afin d’être de retour le 25 au petit matin sur Paris.

Au nom de la Liberté de la presse, de la Liberté d’expression, de la Vérité nous demandons l’arrêt immédiat de la procédure d’extradition et la libération de Julian Assange.

Informations/contacts : https://www.facebook.com/events/467998704155446/

Réservations : https://yurplan.com/event/Tous-ensemble-a-Londres-pour-Julian-le-24-fe...

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