Auteur Ballast
31 juillet 2021
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Dans le viseur de l’État
Ballast
Discussion entre Vanessa Codaccioni et Eléonore Weber
Nous retrouvons Vanessa Codaccioni et Eléonore Weber dans un café. La première est historienne et politologue, spécialiste de la justice pénale et de la répression ; la seconde autrice, metteuse en scène et réalisatrice. Toutes deux observent les mécanismes de répression, de surveillance et de délation à l’œuvre au plus haut niveau des États : qui nous surveille ? selon quels procédés ? avec quels objectifs ? Le dernier film d’Eléonore Weber, Il n’y aura plus de nuit, est un montage de vidéos de frappes américaine et française sur des zones de guerre impérialiste (Afghanistan, Irak, Pakistan), enregistrées par les caméras infrarouges d’hélicoptères. Le spectateur voit ainsi ce que voit le soldat, avant de mettre à mort un ensemble de pixels. Le dernier ouvrage de Vanessa Codaccioni, La Société de vigilance, est sous-titré " Auto-surveillance, délation et haines sécuritaires " : il éclaire l’avènement de nos sociétés de contrôle permanent. Traçage, fichage, vidéosurveillance, (…)
11 mai 2016
Osons Causer : « On est à la fin de la vague néolibérale »
Ballast
« La politique, c’est chiant. C’est chiant parce qu’on ne parle que de trucs compliqués que personne ne comprend », expliquent les trois jeunes hommes du vidéoblog Osons Causer. Ils décident donc, en juin 2015, de la rendre aimable, voire désirable ; le support est accessible (la vidéo), le langage concret et le ton ludique : la politique entre amis, autour d'une table ou d'un verre. La gauche critique, estiment-ils, a passé trop de temps à se regarder le nombril dans ses essais et ses colloques élitistes — laissant par la même occasion les courants nationalistes prendre leurs aises aux quatre coins de la toile. Bilan provisoire : une vingtaine de vidéos, plus d'un million de vues et des thématiques abordées aussi diverses que la crise grecque, le jihadisme, la répression des syndicats et la loi El Khomri. Nous croisons par hasard Ludo (il y tient : personne ne l’appelle Ludovic), Stéphane et Xavier lors de la Nuit Debout, place de la République, à Paris ; curieux d'en savoir (…)
François Ruffin : « Camping est un bon film politique »
Ballast
François Ruffin a plusieurs casquettes, bien qu’il ne quitte plus celle qu’il porte en ce moment, affichant fièrement un étonnant « I ♡ Bernard » (Arnault, soit la première fortune française) : reporter à la radio, journaliste dans la presse, fondateur du périodique Fakir, essayiste et, depuis peu, réalisateur. Nous le retrouvons dans une brasserie, exténué, au terme d’une « tournée sac à dos » visant à présenter Merci patron ! aux quatre coins du pays. Nous commandons des bières et parlons cinéma, journalisme, peau de lapin et front des gauches. [Revue Ballast]
Vous vous refusez à employer des termes comme « capitalisme financier » ou « système ». Vous préférez personnifier le combat et donner « un nom, une adresse » à vos adversaires, comme vous le faites avec Bernard Arnault dans Merci patron !. Pourquoi ?
Peut-être parce que je suis incapable de vivre dans des abstractions. C’est un défaut que j’ai ; une faiblesse, même. J’étais assez fort en maths, notamment en probabilités, tant que ça restait appliqué à des exemples concrets, tant que ça ne devenait pas des probabilités où il était impossible de s’appuyer sur des contenus. J’ai une faible capacité de conceptualisation sur le plan théorique mais, finalement, j'ai fait de cette faiblesse une force. Dans la gauche, beaucoup de monde est capable de conceptualiser et de se balader dans des généralités ; j’ai, pour ma part, d’abord fait des reportages. Je donne corps… J’aime les romans, j'en suis un grand lecteur – et le roman, c’est donner corps à des idées, c’est donner de la chair. (…)


