Auteur Claudia Cinatti

Comment comprendre la deuxième victoire d’Obama ?

Claudia Cinatti
La campagne électorale la plus couteuse de l'Histoire est finie. Les deux partis principaux de la bourgeoisie impérialiste nord-américaine ont dépensé à eux deux six milliards de dollars pour finalement voir s'imposer Barack Obama, tant au niveau du vote populaire (avec deux millions de voix de plus que pour Mitt Romney) que dans le Collège des Grands Electeurs (où il a largement dépassé le seuil des 270 Grands électeurs pour assurer sa victoire). Que nous réserve ce second mandat républicain à la tête de la principale puissance impérialiste ? Le scénario de la victoire serrée à l'issue d'une campagne très disputée, à savoir ce que prédisaient les journalistes et analystes à suite du premier débat télévisé entre les deux candidats, ne s'est pas réalisé. Obama s'est imposé dans tous les Etats de tradition démocrate, mais aussi dans les Etats où se concentrent des fractions importantes du salariat industriel comme l'Ohio, et s'est maintenu dans des Etats du Sud comme en Virginie ou (…)

L’Armée assure son pouvoir après la victoire des Frères Musulmans

Claudia Cinatti
Après plusieurs semaines de tension, de mobilisations et d'incertitude, les militaires ont officiellement déclaré Mohamed Morsi (Parti Justice et Liberté, bras politique des Frères Musulmans) comme le vainqueur au second tour des élections présidentielles avec 52% des voix, contre Ahmed Shafik, dernier Premier Ministre du régime Moubarak, qui a obtenu 48% des voix, soutenu par le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA). La presse impérialiste tente de présenter la transmission du pouvoir des mains des militaires à un président civil élu comme une victoire du « processus démocratique ». Cependant, la victoire électorale des Frères Musulmans est une conséquence de la négociation entre l'organisation islamiste et l'armée. Celle-ci continuera donc à jouer le rôle d'arbitre du pouvoir et à garantir la stabilité interne et les compromis de l'Etat avec l'impérialisme et ses alliés régionaux. Avant de reconnaître la victoire de Morsi, les militaires ont essayé d'établir un rapport de (…)

Egypte : la Révolution acte II

Claudia Cinatti
La répression brutale contre un groupe de manifestants Place Tahrir samedi 19 novembre a été l'étincelle qui a relancé la mobilisation populaire et qui s'est par la suite élargie et radicalisée au cours des jours suivants. Le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) a tenté de contenir cette nouvelle vague de protestation par la répression, avec l'entrée en action des forces de police de la Sécurité Centrale qui n'ont pas hésité à tirer sur les manifestants avec des gaz toxiques, des balles en caoutchouc et des balles réelles. Le bilan est de 35 morts et 2000 blessés, avec un résultat opposé à celui escompté par la Junte : des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues du Caire, d'Alexandrie, de Suez et d'autres villes importantes de province, exigeant la chute du gouvernement militaire et de son chef, le Maréchal Tantaoui qui a pris les rênes du pays à la suite de la chute de la dictature pro-impérialiste de Moubarak. Cette crise a explosé à peine une semaine (…)