Auteur Eric COQUEREL

Trois règles, trois visions du Monde

Éric Coquerel
Marine le Pen rêve d’un adversaire. Elle l’a même fixé le week-end dernier lors de son entrée en campagne à Lyon : Emmanuel Macron. Il est vrai que Marine Le Pen aime la mauvaise dépression qui souffle depuis l’autre côté de l’Atlantique. Elle s’identifie donc à Donald Trump face à Clinton/Macron. Un protectionnisme xénophobe, haineux et violent contre le symbole du libre-échangisme. Elle aspire évidemment au même scénario. Oui mais voilà, en France Bernie Sanders est toujours en course. Il s’appelle Jean-Luc Mélenchon et offre une troisième issue au scrutin du printemps prochain. Voilà le résumé du week-end dernier. La capitale des Gaules a vu et entendu trois visions distinctes proposées au pays. On peut en définitive les résumer à trois règles : la règle brune des fascistes, la règle d’or des libéraux, la règle verte des républicains sociaux et écologistes. Aux naïfs qui identifient deux lignes - l’une dure, l’autre modérée - au FN pour mieux dé-diaboliser « Marine », cette (…)

La Grèce n’est pas un protectorat allemand

Eric COQUEREL

Mais que s’est-il passé dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 juillet ? Qu’est-ce qui au final a poussé Alexis Tsipras a apposer sa signature en bas d’un texte aux conditions « plus dures que celles négociées avant le référendum du 5 juillet » pour reprendre le qualificatif de Mediapart ?

La peur du saut dans le vide après un chantage éhonté au Grexit de la part de Berlin ? La volonté d’en finir avec un blocus financier qui garrotait progressivement son pays ? Jusqu’alors Alexis Tsipras et son gouvernement ont fait un quasi sans-faute. Il a su rassembler toujours plus de ses concitoyen-ne-s derrière sa politique. Il sait, pour les avoir combattu précédemment avec des arguments qui nous nous sont communs, que les mesures d’austérité sans contrepartie contenues dans cet accord ne sont pas en capacité de relancer l’activité en Grèce. Au contraire… Les libéraux de tous poils glosent sur tous les plateaux de TV : Tsipras serait tout simplement passé du statut de gauchiste invertébré à celui d’homme d’Etat… Comme si seule la soumission au libéralisme valait d’être ainsi acceptés par ceux-là même qui lui sont dévoués corps et biens. Je pense que le rôle de François Hollande n’a pas été mineur. Depuis des semaines, le président de la République explique qu’il est du côté de (…)
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Tripartisme fictif

Eric Coquerel

Depuis dimanche soir, montage à l’appui des photos de Valls, Sarkozy, Le Pen côte à côte, on nous vend le tripartisme. La vie politique français se résumerait donc à deux libéraux (un de « gauche », un de droite) et une « facho ».

Incontestablement la droite a gagné cette élection en étant unie. Incontestablement le FN a consolidé son implantation. Mais l’image d’une gauche rassemblée derrière Manuel Valls est évidemment une arnaque. Il n’y a pas un bloc « de gauche » derrière le PS.

L’arnaque aux étiquettes Cette manipulation n’a rien de spontanée. Elle a même été préparée de longue date. Face à un nouveau mode de scrutin, le Ministère de l’intérieur avait la latitude de classer de différentes manières un binôme lorsqu’il était composé de candidats de deux partis différents. En choisissant arbitrairement de les étiqueter « Divers Gauche », quels qu’ils soient, voir même « Union de la Gauche » dans certains cas, il a pris une décision politique. D’autant que le FDG et EELV s’étaient adressés officiellement à lui pour demander qu’il en soit autrement pour nos binômes communs. Refus. L’objectif poursuivi ? Il s’agissait de réduire dimanche soir l’échec du PS et d’effacer du tableau toute trace d’alternative à gauche. Si on en croit le Ministère, le FDG atteindrait ainsi 6,09 % et EELV 2% contre un PS « et ses alliés » (dixit) à 21,85 % (nul n’a noté par ailleurs que les binômes exclusivement socialistes n’atteignent que 13,70 % des suffrages exprimés, la (…)

Veille du scrutin à Caracas

Eric Coquerel
Premières impressions du Venezuela à 24 heures de la première élection présidentielle sans Chavez mais avec lui... A moins de 24 heures de l'élection présidentielle de la République Bolivarienne du Venezuela, je peux confirmer qu'ici règne bien une dictature. Songez que depuis le vendredi 12 avril, 17 h locale, la loi électorale interdit toute goutte d'alcool dans le pays… Et ce jusqu'à lundi matin. Voilà bien, "cher" Daniel Cohn-Bendit (voir sur ce blog la video du débat au Grand Journal qui m'a opposé à lui sur ce thème) et consorts, vous qui propagez à satiété que Chavez était un dictateur sans jamais avoir pris la peine de mettre un pied dans ce pays, ou dans les rues de ce pays pour les journalistes français habitués aux séjours cloîtrés dans leurs hôtels de luxe, la preuve irréfutable que vous cherchiez non ? Tout en maugréant un peu, je l'admets, contre cette règle qui nous prive du très réputé Rhum vénézuélien ou simplement d'une Cerveza locale, voilà la plaisanterie (…)