Auteur Gwendal Evenou

Apartheid version 3G

Gwendal Evenou
Aller en Palestine, c'est un peu comme essayer de tenir sur un fil de funambule : à tout moment on peut tomber dans le vide, un vide du droit et de la diplomatie internationale. Lors du début de la construction du « Mur de la honte » au Proche-Orient il y a une douzaine d'années, les militants des Droits de l’Homme s'indignèrent de son tracé, qui rognait très largement sur le territoire officiel de la Cisjordanie. De ce mur, aujourd'hui, plus personne ne veut : ni les pacifistes du monde entier, bien sûr, mais pas davantage les plus radicaux des Israéliens, en l'occurrence les juifs ultra-orthodoxes, qui voient dans cette « barrière de sécurité » un obstacle à leur soif de conquête, devant aboutir à l'avènement du Messie, après l'annexion totale de ce que eux appellent la Judée-Samarie. Mais sans doute est-ce également un stimulus pour les nouveaux colons, à qui l'on propose donc de venir s'installer sur des terres palestiniennes, privant souvent les communautés rurales (…)

Après la mort de Chavez, je rêve...

Gwendal Evenou
Avec la mort de Hugo Chavez, les médias m'ont appris que créer des programmes sociaux pour les plus pauvres, éradiquer l'analphabétisme dans son pays ou augmenter le salaire minimum de 30% n'étaient en fait que des pratiques clientélistes, et n'avaient d'autre visée que de remplir les urnes de bulletins de vote à son nom. Moi, simple citoyen des classes populaires, aujourd'hui, je rêve d'être à mon tour victime d'un affreux clientélisme électoral. Je rêve qu'un président de la République sans morale propose de garantir une réelle sécurité sociale gratuite pour tous et augmenter les effectifs des personnels soignants des hôpitaux, osant déclarer au peuple crédule que « la santé, ça n'a pas de prix ». Je rêve qu'un président de la république, dans l'irrespect total de toute logique économique pure, interdise les licenciements dans les entreprises faisant des bénéfices et refuse le dialogue social avec le patronat qui consiste en l'imposition inévitable de la flexibilité pour « (…)