Auteur Joao Pedro Stedile
20 janvier 2014
L’AFP lance la réforme agraire au Brésil
João Pedro Stedile
Récemment l’AFP a diffusé dans les médias une dépêche intitulée “Brésil : Rousseff exproprie 92 fermes pour la réforme agraire”. Les lecteurs ont pu croire que la présidente apportait enfin une réponse aux revendications historiques des Sans Terre. Sauf que le tweet présidentiel envoyé in extremis avant le réveillon de fin d’année, n’était qu’un coup médiatique. L’AFP et ses recopieurs ne mentionnent pas que ces zones réduites auraient dû être expropriées depuis plusieurs années, qu’une moitié seulement ira aux travailleurs sans terre, l’autre à de petits syndicats locaux. En réalité la présidente Roussef repousse sans cesse une réunion avec la Coordination des Travailleurs Ruraux Sans Terre parce que ni elle ni ses ministres incompétents ne savent quoi leur dire… L’interview (janvier 2014) du coordinateur national des Sans Terre Joao Pedro Stedile à l’Association Brésilienne de la Presse (ABI) permet de comprendre la paralysie de la réforme agraire.
T.D. João Pedro Stedile : (…)
Brésil : « Sans assemblée constituante, la crise politique se prolongera »
Joao Pedro Stedile
Pour João Pedro Stedile, membre de la coordination nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil (MST), la présidente Dilma Roussef est politiquement vaincue et son avenir dépend maintenant beaucoup du courage dont elle fera preuve. Mais en tout état de cause la mobilisation populaire pour la réforme politique et les acquis sociaux doit se poursuivre, afin "d’arracher" une constituante, unique moyen de parvenir aux réformes nécessaires.
En Juin, lors des manifestations qui ont secoué le pays, le journal "Brasil de Fato" a publié une entrevue avec João Pedro Stedile (1), dirigeant national du « mouvement des paysans sans terre » (MST) et organisateur des mouvements sociaux brésiliens pour le changement social, afin de tirer un premier bilan et de comprendre l’importance de ce moment.
Aujourd’hui, plus d’un mois après ce moment historique, et suite à la journée de grève nationale organisée par les centrales syndicales et les mouvements sociaux, nous publions notre entrevue avec Stedile.
Le dirigeant pense que toute possibilité de changement politique par le Congrès actuel est morte et enterrée. Et il est catégorique : "si nous n’allons pas vers une constituante, nous verrons se prolonger une crise politique dont personne ne peut mesurer les conséquences."
Brasil de Fato – Un mois après les grandes mobilisations et la grève générale du 11 Juillet, quel est votre bilan ?
João Pedro Stedile – Le résultat des (…)
25 juin 2013
Joao Pedro Stedile, Coordinateur du Mouvement des Sans Terre du Brésil : "celui qui veut rester en dehors, sortira de l’Histoire". (Brasil de Fato)
João Pedro Stedile
Interview de João Pedro Stedile, coordinateur national du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre par le journal Brasil de Fato sur la signification et les perspectives des mobilisations de rue, le 24 juin 2013.
Brasil de Fato – Comment analysez-vous les récentes manifestations qui ont secoué le Brésil ces dernières semaines ? Quelle est la base économique d’un tel évènement ?
João Pedro Stedile – Il y a de nombreuses évaluations sur le pourquoi des manifestations. Je rejoins l’analyse de la professeure Erminia Maricato, notre meilleure spécialiste des thèmes urbains, qui a travaillé au sein du Ministère des Villes sous la gestion d’Olivio Dutra. Elle défend la thèse d’une crise urbaine au Brésil comme conséquence du capitalisme financier. Une énorme spéculation immobilière a fait grimper le prix des terrains et les loyers de 150% dans les trois dernières années. Le capital a financé hors de tout contrôle gouvernemental la vente d’automobiles, pour envoyer de l’argent à l’extérieur, ce qui a rendu la circulation chaotique. Dans les dernières années il n‘y a pas eu d’investissements dans le transport public. Le programme de logement “ma maison, ma vie” a rejeté les pauvres vers les (…)


