Auteur Jorge Elbaum
29 juin 2026
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La droite atroce de l’écran
Jorge Elbaum
Le vote pour les droites n'était pas un vote idéologique en Amérique latine. C'était une expression de punition et de frustration. C'est précisément pour cela qu'il peut être inversé.
De 2023 à mi-2026, quatorze élections présidentielles ont eu lieu en Amérique latine et dans les Caraïbes. Sur ces élections, onze ont été remportées par l'une ou l'autre des deux formes qu'emprunte la droite réactionnaire régionale depuis la deuxième décennie du siècle actuel. Seuls dans trois pays des mandataires progressistes ont été élus : Claudia Sheinbaum au Mexique, Bernardo Arévalo au Guatemala et Yamandú Orsi en Uruguay. Mais seuls dans deux cas on a observé des continuités politiques : l'Équateur et le Mexique. Pour le reste, les électorats ont sanctionné les candidats des partis au pouvoir. Le « vote sanction » s'est imposé, au cours de la dernière décennie, comme une habitude dans les processus électoraux latino-américains et caribéens.
Une typologie des deux droites qui se rattachent aux vents trumpistes inclut les sécuritaires, dont le plus grand représentant est le Salvadorien Nayib Bukele – une matrice que l'on retrouve également chez la Costaricienne Laura (…)
19 janvier 2026
Narco Rubio (Pagina12)
Jorge Elbaum
L'actuel chef de la diplomatie des États-Unis et plus haute autorité du Conseil de sécurité nationale s'appelle Marco Antonio, en l'honneur du fidèle partisan de Jules César, bien que sa généalogie ne soit pas la même. Tant les parents que leurs beaux-parents sont des Cubains qui avaient quitté l'île, affichant un ressentiment manifeste envers la Révolution cubaine, auquel s'est ajouté, par la suite, un mépris profond pour tout gouvernement latino-américain et/ou caribéen partageant une vision souveraine ou résistant face à la toute-puissance américaine.
Marco Rubio (photo) est né en 1971 à Miami ; il a passé une partie de son adolescence à Las Vegas, où ses parents ont été embauchés par les acolytes de Meyer Lansky et Lucky Luciano, qui ont dû abandonner précipitamment leurs casinos à La Havane. Cette affinité familiale avec le monde souterrain du crime ne quittera jamais Narco Rubio pendant ses 54 années de vie. Lui et sa famille seront traversés par une chronologie (…)

