Auteur Jorge Magasich
30 septembre 2014
Salvador Allende - L’étonnante actualité d’une politique étrangère.
Jorge Magasich
Lorsque Salvador Allende prend ses fonctions, en novembre 1970, le Chili est aligné sur les Etats-Unis. Parmi les ruptures les plus marquantes du gouvernement de l’Unité Populaire (UP), coalition de presque toutes les gauches (1), son choix d’une politique extérieure non dictée par l’un des blocs de la guerre froide : une politique basée sur l’autodétermination des peuples, la non-ingérence et le désarmement, faisant siennes les causes du tiers-monde, comme la lutte contre le colonialisme et la recherche d’un ordre international plus juste pour les pays « en développement ». Avec Allende, le Chili rejoint le Mouvement des non-alignés, position alors exceptionnelle en Amérique latine, cependant que Santiago promeut des alliances visant à « faire valoir nos droits et défendre à travers une action collective les prix des matières premières » (2).
Pluralisme idéologique
Jusque-là sourcilleux quant aux frontières idéologiques, le Chili affiche un plus grand pluralisme : il commerce (…)
29 octobre 2012
La presse européenne suivra-t-elle la nouvelle modération de l’opposition vénézuélienne ?
Jorge Magasich
Après la nouvelle réélection de Chavez, peut-on encore présenter celui-ci comme le grand Satan d’Amérique latine ? Pour Jorge Magasich, spécialiste de ce continent, la réponse est clairement non. Et l’opposition à Chavez l’a bien compris.
Le fait le plus marquant des élections présidentielles vénézuéliennes, ce 7 octobre, n'est probablement pas la troisième réélection d'Hugo Chavez avec 55%, plutôt attendue, mais le changement de ton et de style du candidat de l'opposition, Henrique Capriles, qui a obtenu 44%.
Au delà du débat sur la sincérité de ses propos -nouvelle perception ou stratégie conseillée par ses spécialistes en communication ?-, il y a un fait nouveau. Cette fois l'opposition a compris qu'invectiver à outrance et crier à la dictature n'avait guère de liens avec la réalité du pays et qu'un tel discours la mettait hors jeu. Désormais, elle reconnaît certains progrès sociaux et ne conteste plus le caractère démocratique du régime. Cette nouvelle donne confronte maints journalistes et chroniqueurs européens, souvent farouchement opposés au gouvernement bolivarien, à un dilemme : suivront-ils l'évolution de l'opposition vénézuélienne ?
Austérité et privatisations
Quand la majorité des Vénézuéliens (…)

