Auteur Juan Chingo

Géopolitique de la crise capitaliste

Juan Chingo
La fin des « solutions miracles » des années 2008-2009 et l'exacerbation des rivalités interétatiques sur l'échiquier international Juan Chingo [1] Les développements spécifiques de la crise en en Europe sont un sujet de prédilection pour nombre de commentateurs, notamment anglo-saxons, qui tirent profit d'une interprétation limitative des phénomènes en cours. Pourtant, loin de n'être compréhensible qu'à l'échelle de la seule Union Européenne (UE), la crise historique du capitalisme que nous vivons se déploie à échelle mondiale. L'Europe ne constitue donc à la fois que l'un de ses épicentres actuels, mais aussi l'un de ses champs de batailles centraux, notamment entre les Etats-Unis et l'Allemagne. Nous sommes, en outre, sans doute proche d'un nouveau pic de cette crise. En effet, les marges de manoeuvre monétaires des Etats-Unis et de l'Europe sont extrêmement limitées, et le rôle des marchés dits émergents comme moteurs de l'économie est de plus en plus remis en question. Ce (…)

« Basculement du monde » ou énième « basculement théorico-stratégique » ?

Juan Chingo
Dans ses « Notes préparatoires à la discussion » pour la réunion du « Comité International de la Quatrième Internationale » [18] François Sabado considère, à propos de la crise économique actuelle qui dure depuis quatre ans, que « sa spécificité, c'est sa conjonction avec un basculement du monde ». Il signale qu'il ne s'agit pas d'une question secondaire ou passagère puisque selon lui « ce n'est pas un changement ou un déplacement conjoncturel avec un retour à la normale, après la crise… C'est un changement où l'Occident - Europe et Etats-Unis- qui a dominé le monde depuis la découverte de l'Amérique, perd son hégémonie au profit de nouvelles puissances émergentes ou de vielles puissances qui retrouvent leur force quatre ou cinq siècles après ». Une affirmation hâtive et sans fondements Il est évident que dans la crise capitaliste actuelle, deux crises s'entrecroisent avec d'un côté la crise économique et de l'autre la crise de l'hégémonie nord-américaine -et celle du projet de (…)

Report du défaut de paiement par crainte de l’effondrement de l’euro

Juan Chingo
Dans la nuit du 20 au 21 février les ministres des Finances de la zone euro sont parvenus, après quatorze heures de négociation à se mettre d'accord sur un second « plan d'aide » à la Grèce, chiffré à 130 milliards d'euros en plus de la restructuration de la dette. C'est le second après celui de mai 2010, d'un montant de 110 milliards d'euros. L'accord arrive après plusieurs semaines de négociations intenses et le vote dimanche 12 février au Parlement hellénique des mesures d'austérité supplémentaires exigées par la Troïka composée par le FMI, l'UE et la BCE. Cet accord évite une faillite désordonnée de la Grèce et sa sortie de la zone euro à court terme. Il ne résout cependant aucunement les problèmes du pays. Au contraire, il les approfondit et laisse planer en même temps sur le futur de l'UE une grande incertitude. Malgré une conjoncture plus favorable, les leaders de l'UE craignent encore la contagion Fin 2011 et face à la menace de faillite d'une banque qui provoquerait (…)