Auteur L'humanité

Après l’oubli, la reconnaissance Lundi 24 Août...

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À l’image de la « Nueve », célébrée ce soir à Paris, le rôle des combattants républicains d’Espagne a peu à peu réintégré le récit national.
Lorsque Luis Royo-Ibanez entre dans Paris, le 24 août 1944, à bord de son half-track baptisé «  Madrid  », il laisse éclater sa joie devant l’Hôtel de Ville : «  Aujourd’hui Paris, demain les Pyrénées !  »

Ce républicain espagnol de la division Leclerc, membre de la compagnie surnommée la « Nueve » (160 hommes dont 146 Espagnols pour la plupart anarchistes et communistes) avec à leur tête le colonel Raymond Dronne, a tout donné pour la libération de l’Afrique du Nord puis celle de la France. Luis et ses camarades ont débarqué à Omaha Beach. Puis, sous la conduite de combattants de la Résistance, ils ont foncé sur Alençon avant d’entrer dans Paris – déjà largement contrôlé par les FFI du colonel Henri Rol-Tanguy – à bord des half-tracks portant les noms de batailles de la guerre d’Espagne, « Teruel », « Guadalajara », « Brunete » soigneusement rebaptisés pour les cérémonies du lendemain 25 août, « Montmirail »,« Champaubert » ou « Romilly ». Un signe, déjà. Luis et ses copains ne fonceront pas sur Madrid pour combattre la dictature. On leur donnera l’ordre de poursuivre vers l’est. Surtout pas au sud, vers l’Espagne martyrisée par le général fasciste Franco passé sous protection (…)
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Georges Séguy : une vie de combat pour le progrès social

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Né le 16 mars 1927, à Toulouse, typographe, résistant communiste puis ouvrier du Service électrique de la SNCF à son retour de déportation, il s’engage dans le syndicalisme et devient secrétaire général de la CGT (1967-1982) puis président de l’Institut CGT d’histoire sociale à sa retraite en 1982. Retour sur une vie de combat pour le progrès social.

Un jeune ouvrier engagé précipité en déportation Les années de jeunesse et de formation de Georges Séguy furent fortement marquées par l’empreinte de son père, André Séguy, ouvrier agriculteur, puis viticulteur et enfin cheminot gréviste en 1920 ; socialiste depuis 1919, il fut communiste dès le congrès de Tours et devait devenir par la suite, aux côtés de Pierre Semard, un des dirigeants de la Fédération CGT des cheminots. La mère de Georges Séguy, très croyante, n’appartenait pas au PC et se serait opposée à son mari en voulant faire inscrire le jeune enfant au catéchisme mais, selon Georges Séguy, ce fut rapidement l’opinion du père qui prévalut. Sa sœur qui sera connue sous le nom de Denise Foucard reçut elle une éducation religieuse. Georges Séguy obtint le Certificat d’études primaires en 1939 et poursuivit ses études pendant trois ans, sans grande conviction. Il choisit d’entrer dans la vie professionnelle chez un imprimeur toulousain comme apprenti en 1942. Il adhéra au (…)

La stratégie étasunienne de déstabilisation directe est-elle de retour en Amérique latine ?

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Après la tentative de coup d’état au Vénézuela, les points de vue de Fabien Cohen, secrétaire général 
de France Amérique 
latine (FAL), d’Hector Michel Mujica, ambassadeur du Vénézuela en France et de Guillaume Beaulande, journaliste, collaborateur du Monde diplomatique.

La rébellion antidémocratique a été chaque fois utilisée comme forme de déstabilisation par Fabien Cohen, secrétaire général de France Amérique latine (FAL) Le coup d’État avorté au Venezuela de ces dernières semaines confirme, si cela était nécessaire, qu’il serait fou de penser que les États-Unis et les forces du capital des Amériques ou d’Europe allaient laisser faire sans réagir ce laboratoire d’expérimentation de politique de gauche en Amérique latine et Caraïbe. Après l’hiver des dictatures, Washington continue à ne concevoir la démocratie que comme un outil au service du bon fonctionnement du marché. Pour eux, il ne saurait être question que quiconque, en Europe ou surtout en Amérique latine-Caraïbe, longtemps chasse gardée des États-Unis, puisse gentiment remettre en cause les fondements de leurs principes, la mondialisation économique si difficilement imposée au monde, en accepter les nationalisations des ressources naturelles, affirmer leur indépendance, la mise en (…)
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Jean-Luc Mélenchon appelle à une « ère du peuple »

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Annoncé depuis l’été, le nouveau livre de Jean- Luc Mélenchon vient de paraître aux éditions Fayard. Son titre, l’Ère du peuple, résonne avec le Mouvement pour une VIe République qu’il espère voir grandir de même qu’avec l’actualité de la crise politique. Sans surprise, le président et sa politique en prennent pour leur grade. « Depuis un siècle, en France, aucun reniement à gauche n’égale celui de François Hollande en deux ans et demi. » Ainsi commence son ouvrage.

Et une nouvelle fois le scénario sur lequel miserait le chef de l’État en vue de 2017, à savoir un duel PS-FN pour s’assurer d’une qualification au deuxième tour, est dénoncé. « Un projet aussi glauque que dangereux ! » écrit-il tout en estimant, parallèlement, dans un entretien au Nouvel Observateur, que « ça se terminera entre Le Pen et nous ». Comme promis lorsqu’il a pris congé de ses responsabilités au sein du Parti de gauche, le député européen cherche aussi à prendre de la hauteur pour dresser le « tableau » du monde. « Trois grandes bifurcations s’opèrent sous nos yeux, écrit-il. Celle d’une civilisation humaine confrontée à l’explosion du nombre de ses membres. Un changement climatique irréversible. Un retournement de l’ordre géopol i t ique. » Et d’interroger : « Pourrons-nous en changer à temps la trajectoire ? » S’il n’a cessé depuis le lancement de son mouvement de répéter que « le système n’avait pas peur de la gauche mais du peuple », Jean-Luc Mélenchon précise sa (…)

Clément Méric comptait sincèrement sur l’intelligence du discours pour faire avancer ses idées

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6 Juin 2013
Ce jeudi soir, un hommage a été rendu à Clément Méric à Brest, ville d’origine de l’étudiant et militant antifasciste, tué par un skinhead d’extrême-droite à Paris mercredi soir.

Reportage. Près de mille personnes de tous âges sont venues rendre hommage à Clément Méric place de la Liberté à Brest jeudi soir. Olivier Cuzon, porte-parole de Sud Education a pris la parole pour dénoncer « une nouvelle démonstration de violence de l’extrême droite, intolérable ». Derrière lui, les militants brestois de la CNT ont déplié des banderoles pour saluer celui qui militait à leur côté jusqu’à ce qu’il quitte Brest pour intégrer Sciences Po à Paris. Militant intelligent Pourtant, aucun ne souhaite parler de Clément : « Nous nous sommes mis d’accord, aucun de nous ne parlera aux journalistes. Si vous voulez savoir qui il était, demandez à sa famille. » Des jeunes pleurent. Tous dénoncent la violence dont il a été victime et ne comprennent pas comment lui, « qui avaient un vrai talent pour exprimer ses idées, a pu susciter une telle violence. ». Une étudiante craint que ses propos soient déformés et redoute une récupération politique du drame : « Alors qu’il était (…)