Auteur Loic Guillaume

Les secteurs combatifs à la recherche d’une stratégie commune

Loic Guillaume
Le vendredi 11 janvier dernier a constitué, si l'on veut le matérialiser dans une date, un point d'inflexion important pour le gouvernement. Ce jour-là , l'Accord national interprofessionnel (ANI) dit de « sécurisation de l'emploi » a été signé entre les « partenaires sociaux » (mis à part la CGT et FO), permettant à François Hollande de se peindre en homme providentiel, celui du dialogue social à l'allemande après des années de confrontation [1]. Un gouvernement discrédité qui n'hésite pas à poursuivre l'offensive Le 11 toujours, l'Elysée a déclenché une guerre - censée être éclair- au Nord du Mali, présentant le président comme un homme décidé, après des mois de critique sur la paralysie de son gouvernement (voir l'article de Claire Manor dans ce numéro). Après une première période pendant laquelle il a subi la pression conjointe du grand patronat et de Berlin, son principal partenaire européen, qui se plaignaient de la lenteur sur le front de l'austérité et souhaitaient (…)

Plus de 1000 personnes à Rueil Malmaison ce mardi

Loïc Guillaume
Par Loic Guillaume Source : http://www.ccr4.org/Plus-de-1000-personnes-a-Rueil-Malmaison-ce-mardi Cela faisait dix jours que tous les grands médias se déchaînaient, affichant de manière répugnante leur haine de l'ouvrier-ère, surtout lorsque celui ou celle-ci se révolte. On aura tout vu, tout lu, tout entendu, tout sauf la vérité sur ce qui se passe dans les boîtes. Dans ce débordement de mépris, pas de trace de la violence patronale à Aulnay, où les grévistes sont soumis à la pression constante d'une milice embauchée pour l'occasion et de cadres importés en nombre [4], ni des conditions de travail pénibles et dangereuses à Goodyear (comme dans tant d'autres sites), où la direction cherche à étouffer un grave scandale sanitaire [5]. Pas de trace non plus du déferlement de la répression en ces quelques semaines de mobilisations ouvrières, qui montre bien la complicité du gouvernement avec le harcèlement patronal : aux « entretiens préalables à licenciement » que subissent de (…)

Amphi comble à Sciences Po pour le meeting contre les licenciements !

Loïc Guillaume
Difficile de reconnaître Sciences Po, cette « vénérable institution » qui forme les futurs cadres de la bourgeoisie, jeudi soir. L'Amphi Boutmy, qui porte le nom de l'anti-communard et fondateur de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, a plus l'habitude de recevoir chefs d'Etat et grands patrons. Jeudi, à 19h, c'était bien différent. A la tribune du principal amphithéâtre de la grande école parisienne allaient bientôt se succéder les représentants des principales luttes et bagarres qui font l'actualité, aujourd'hui : Sanofi, Air France, Virgin, Presstalis, PSA, Renault, Goodyear et Licenci'elles [11]. 500 personnes remontées à bloc Devant eux, 500 personnes : de nombreux travailleurs-e-s des différentes équipes syndicales venues en délégation, notamment de la CGT et de Sud ; des militant-e-s, badgés aux couleurs du Front de Gauche et du NPA, tous deux soutien de ce meeting ; des étudiant-e-s, de Sciences Po mais venus également d'autres facs parisiennes, interpelés par les (…)

Ingérence diplomatique et projet d’intervention militaire au Nord-Mali

Loïc Guillaume
Une crise profonde s'est ouverte au Mali depuis janvier dernier. Au Nord, l'offensive victorieuse des Touaregs du MNLA [12] (voir encadré) a soustrait plus de la moitié du territoire du pays au contrôle de l'Etat malien. Par rebond, l'instabilité dormante du régime de Amadou Toumani Touré, le chouchou de la France, s'est révélé par le coup d'Etat qui l'a évincé du pouvoir. Depuis lors, la France, ancienne puissance coloniale, n'a eu de cesse de déployer tous ses efforts, de façon officielle ou officieuse, afin d'essayer de résoudre la crise en un sens favorable à ses intérêts. Mais la France n'est pas seule, et les autres puissances impérialistes (Etats-Unis, Italie, etc.) cherchent eux aussi à défendre leur position en posant leurs conditions à l'ingérence française. Cependant, les préparatifs de l'intervention militaire que Paris voudrait placer sous l'égide de l'ONU et faire voter le 10 décembre au Conseil de Sécurité vont bon train : l'instabilité du pays, conséquence de la (…)