Auteur Marco Van Hees

Dans la Belgique de 2016, Al Capone aurait évité la prison

Marco Van Hees

En pleine effervescence sur les Panama Papers, le ministre Johan Van Overtveldt (N-VA), en charge de la lutte contre la fraude fiscale, dépose un projet de loi non pour combattre les fraudeurs, mais pour leur offrir une amnistie. Une amnistie permanente...

Sale temps pour les grands fraudeurs, après l'OffshoreLeaks, le Luxleaks, le SwissLeaks, le Panama Gate et les Panama Papers. Heureusement pour eux, il y a la Belgique et ses amnisties fiscales. Van Overtveldt, ministre des Finances chargé de la lutte contre la fraude fiscale, n'a rien produit de concret dans le cadre de cette lutte. Par contre, son projet de loi sur la régularisation permanente est actuellement débattu à la Chambre. Et le ministre est tellement pressé de le faire voter qu'il n'a pas voulu laisser plus de temps à la négociation avec les régions pour obtenir une loi cohérente (vu l'imbroglio institutionnel de notre système fiscal). Van Overtveldt a même réussi l'exploit de venir défendre son projet à la Chambre le matin d'une journée où les mêmes députés se réunissaient l'après-midi au sein de la commission spéciale Panama Papers. Fin 2003, Didier Reynders (MR), alors ministre des Finances, fait voter la DLU, pour « déclaration libératoire unique », euphémisme (…)

Comment Albert Frère a roulé la présidente du Brésil

Marco Van Hees

C’est en passe de devenir un gigantesque scandale au Brésil : la société publique PetroBras, que dirigeait l’actuelle présidente Dilma Roussef, a été grugée par une certaine société Transcor Astra. Or, celle-ci est détenue par le milliardaire carolo Albert Frère, dont la fortune doit beaucoup aux finances publiques, belges notamment.

« Mon collaborateur avait omis de me fournir certaines informations essentielles en 2006 », plaide aujourd’hui Dilma Roussef, la présidente du Brésil, qui pourrait être emportée dans un scandale financier de taille. Cette année-là, la société publique pétrolière PetroBras, qu’elle dirige, conclut un partenariat avec Astra Holding USA, filiale de Transcor Astra Group, elle-même filiale à 80 % de la Compagnie nationale à portefeuille, un des principaux holding d’Albert Frère. PetroBras acquiert, pour 360 millions de dollars, 50 % du capital de Pasadena Refining System, Inc. (PRSI), une société pétrolière américaine dont le siège est situé à Pasadena, au Texas. Transcor Astra détient l’autre moitié, mais selon l’accord signé en 2006, la société de Frère peut exercer une option de vente à PetroBras, ce qu’elle réalise effectivement en 2008. Et, selon une probable clause douteuse du contrat, cette transaction s’effectue pour un prix de 820,5 millions de dollars. Soit plus de deux (…)