Auteur Michel Segal

Fake news et complotisme

Michel Segal
Le 3 janvier dernier, Macron annonçait sa volonté d’une loi pour contrer les fake news [1]. Son discours était suivi d’un sondage dans lequel, à en croire la presse, on apprenait que quatre français sur cinq sont presque complotistes [2]. Trois ans plus tôt, en janvier 2015, François Hollande annonçait sa volonté d’une loi pour contrer les théories du complot [3]. Son discours était suivi d’un rapport sur le complotisme [4] puis de la loi renseignement [5]. Les souverainistes sont-ils anti-sémites ? Le rapport de février 2015 était publié par la Fondation Jean-Jaurès, think-tank du Parti Socialiste, mais rédigé par un inconnu nommé Rudy Reichstadt [6]. Cet ancien élève de Sciences-Po Aix avait créé son site [7] autoproclamé observatoire [8] , et le faisait fonctionner en solo sans publicité ni subvention apparentes depuis huit ans. En janvier 2018, on retrouve la même équipe : Rudy Reichstadt et la Fondation Jean Jaurès sont à l’origine du sondage IFOP sur le complotisme. (…)

Ukraine : Histoires d’une guerre

Michel Segal
Préface Dès le premier regard, les premiers comptes-rendus, les premières photos, c’est ce qui frappe : la « guerre » en Ukraine est un gâchis ! Un incroyable et absurde gâchis. Morts inutiles, souffrances, cruauté, haine, vies brisées. Un ravage insensé, des destructions stériles, d’infrastructures, d’habitations, de matériels, de villes, de toute une région. Deuil et ruines, partout. Pour quoi tout cela ? Et d’abord, pourquoi s’intéresser à la guerre en Ukraine lorsque l’on n’est pas même ukrainien ? Pourquoi à celle-là plutôt qu’à ce qui se passe en Iraq, en Lybie, en Syrie, à Gaza, au Mali, en Amérique du sud, en tant d’endroits ? Pourquoi surtout entreprendre d’écrire un livre sur une guerre qui n’est pas achevée ? Sur un conflit toujours en cours ? A cause de l’enjeu sans doute. Des enjeux. Les mêmes raisons qui poussent, ici et là, des individus qu’a priori rien ne prédestinait à cela, à s’engager pour la cause de la ré-information, pour la défense d’une certaine idée (…)