Mohamed Hassan
Quand Poutine a proposé à la tribune des Nations unies de former contre les terroristes une coalition semblable à celle contre Hitler, les chancelleries occidentales lui ont réservé un accueil mitigé. Pire, les premières frappes russes ont créé l’émoi : Poutine s’attaquerait aux rebelles modérés plutôt qu’à Daesh. « Quels rebelles modérés ? » demande Mohamed Hassan. Selon notre spécialiste du Moyen-Orient, l’intervention russe force les Etats-Unis à dévoiler leur jeu en Syrie et pose implicitement une question simple à Obama : êtes-vous pour ou contre les terroristes ? La réponse, elle, semble plus compliquée. Pourquoi Al-Qaida revient en odeur de sainteté dans la presse EU ? Les bombes, qu’elles soient larguées par l’Otan ou la Russie, suffiront-elles à résoudre les problèmes en Syrie ? Qu’en est-il des revendications portées par les manifestations populaires avant le début du conflit ? Après avoir piégé l’Union soviétique en Afghanistan dans les années 80, pourquoi Brzezinski (…)
Mohamed Hassan
Bras armés en Libye et en Syrie, partenaires politiques en Tunisie et en Egypte, alliés stratégiques en Arabie saoudite et au Qatar... L’Occident n’hésite pas à se servir des courants les plus réactionnaires de l’islamisme radical lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts. Spécialiste de l’Afrique et auteur chez Investig’Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan démontre l’hypocrisie de nos dirigeants lorsqu’ils parlent de « guerre contre le terrorisme » à propos de l’Afghanistan ou du Mali. Seuls les intérêts guident leurs actions. Deuxième volet de notre série sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).
La propagation de l’intégrisme islamique
Le Printemps arabe, présenté comme un bouleversement révolutionnaire qui allait balayer toutes les dictatures hors du monde arabe, n’a jamais existé. Début 2011, il y a toutefois bien eu deux véritables éruptions volcaniques, en Égypte et en Tunisie. Il s’agit d’éruptions de colère populaire parce que l’injustice sociale devenait insupportable. Mais il manquait à ces mouvements une direction et une orientation révolutionnaires, de sorte qu’ils ont été rapidement récupérés par des partis islamiques prétendument modérés : le parti Ennahda en Tunisie et les Frères musulmans en Égypte.
Les partis de ce genre ont en commun deux caractéristiques : ils sont partisans du capitalisme et ils sont carrément anticommunistes. Il peut toutefois y avoir des contradictions avec l’impérialisme, surtout dans les pays où les chiites constituent la majorité, comme en Iran, en Irak ou au Liban. Mais, là où les sunnites sont majoritaires, ce courant islamique (…)
Mohamed Hassan
Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali... Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l’Afrique et auteur chez Investig’Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières. Premier volet d’une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).
Ce qui a précédé : crise et guerre
Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux. Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.
En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no (…)