Auteur Roberto Lovato

Comment a été fabriquée la star de l’opposition vénézuélienne : Leopoldo Lopez

Roberto Lovato

​Dirigeant du parti d’opposition de droite Voluntad Popular (Volonté populaire) au Venezuela, Leopoldo López a été condamné jeudi 10 septembre 2015 à treize ans et neuf mois de prison par le Tribunal de justice de Caracas. M. Lopez​ purgera sa peine dans le complexe carcéral de Ramo Verde situé dans la capitale où il​ était détenu depuis le 18 février 2014 à la suite des violences de rue, les « Guarimbas » (Lire « Venezuela : la fabrique de la terreur »),​ qui avaient, à partir du 12 février 2014 à Caracas, frappé le pays et provoqué sur ​l’ensemble du territoire la mort de quarante-trois personnes, ainsi que des centaines de blessés et de nombreux dégâts matériels. Le fondateur de Voluntad Popular était accusé d’être le principal instigateur de ces événements. Le jugement du 10 septembre le rend ​coupable de « commission de délits d’incendie volontaire, d’incitation au trouble à l’ordre public, d’atteintes à la propriété publique et d’association de malfaiteurs ». Qui est Leopoldo López ? Mémoire des luttes publie ci-dessous​ le portrait que lui a récemment consacré l’influente revue américaine Foreign Policy.

Près de dix-huit mois se sont écoulés depuis les manifestations qui ont touché Caracas, et la presse américaine n’a pas caché depuis sa sympathie pour Leopoldo Lopez, 44 ans, dirigé incarcéré de l’opposition radicale vénézuélienne. Il a été dépeint comme la synthèse de Nelson Mandela, Gandhi et, son grand oncle éloigné, Simon Bolivar, dans sa façon très directe et charismatique de faire de la politique. Newsweek a détaillé ses « yeux marrons scintillants et ses pommettes saillantes » et a fait de Lopez « un révolutionnaire qui a tout pour lui ». Le New York Times a publié une photo de lui, la tête haute, le poing levé, faisant face à une foule de manifestants en colère. Il lui a même accordé une plate-forme dans sa page d’éditos. A New York, lors de la session des Nations Unies de septembre, des manifestants se sont rassemblés pour afficher leur soutien à Lopez, et le président Barack Obama l’a intégré à la liste des prisonniers politiques victimes d’Etats répressifs, tels que la (…)

Fauxccupy : sous les masques de Guy Fawkes de l’opposition vénézuélienne (Latino Rebels)

Roberto Lovato

Caracas – Les news et l’imagerie disponibles sur le Venezuela de ces dernières semaines mèneraient l’homme de la rue à conclure que les jeunes d’opposition sont des “manifestants pacifiques” dans la lignée de l’activisme global des jeunesses du “printemps arabe”, du mouvement Occupy ou d’autres pays d’Amérique Latine. Une telle conclusion serait erronée tant les informations sur le Venezuela relèvent de pratiques journalistiques très contestables, sur une échelle sans précédent.

Qu’on considère, par exemple, les personnes tuées dans les deux camps. Les médias privés (en anglais ou en espagnol) ont omis de couvrir les huit (et plus) victimes pro-chavistes des violences perpétrées par les étudiants ou par le reste de la droite. Aucun n’enquête sur les dénonciations selon lesquelles les morts sont en majorité imputables à l’opposition. Le gommage radical des victimes pro-chavistes est surprenant. L’image ci-dessus montre, par exemple, des membres de la droite vénézuélienne tendant un fil barbelé qui a décapité un cycliste innocent, Rafael Durán de La Rosa, mort omise par la plupart des médias. Autre exemple du silence, l’assassinat de l’étudiante chilienne Gisella Rubiar le 9 mars à Mérida, tombée sous les balles de militants d’extrême droite alors qu’elle tentait de dégager une rue obstruée par leur barricade. Un autre aspect de ce traitement très spécial des médias sur le Venezuela concerne les images des masques de Guy Fawkes, symbole des mouvements (…)