Une étude inédite réévalue la valeur thérapeutique de médicaments déjà en vente
Pas facile de concilier secret médical et exploitation des bases de données de la Sécu
Par Alexandre Piquard
transfert.net, 29 octobre 2003
Le département de pharmacologie de l’université de Bordeaux mène actuellement une étude pour réévaluer le service médical rendu par certains anti-inflammatoires très répandus et très coûteux. Cette enquête est inédite en France, car elle étudie la façon dont des médicaments déjà en vente sont utilisés dans la réalité sur les patients.
Pour cela, les chercheurs ont été autorisés à identifier des noms dans les bases de données des 48 millions de patients répertoriés par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Avec un déficit record de la Sécu attendu cette année (10,6 milliards d’euros), les autorités sanitaires acceptent d’ouvrir les dossiers médicaux afin de déterminer si le prix très élevé des médicaments "innovants" est bien justifié. Une démarche qui choque certains praticiens, inquiets de voir lever le secret médical de leurs patients sans leur consentement préalable. Les chercheurs de Bordeaux assurent que la confidentialité est strictement respectée dans le protocole qui les lie au ministère de la Santé, avec l’accord de la Cnil. Leur étude devrait prendre deux ans. D’autres sont déjà programmées.