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25 janvier 2019

Plus de 70 experts appellent les Etats-Unis à cesser toute ingérence au Venezuela

Le gouvernement des États-Unis doit cesser de s’ingérer dans la politique intérieure du Venezuela, en particulier dans le but de renverser le gouvernement du pays. Les actions de l’administration Trump et de ses alliés sur le continent ne manqueront pas d’aggraver la situation au Venezuela, entraînant des souffrances humaines inutiles, de la violence et de l’instabilité.

La polarisation politique du Venezuela n’est pas nouvelle ; le pays a longtemps été divisé selon des critères raciaux et socioéconomiques. Mais la polarisation s’est accentuée ces dernières années. Cela s’explique en partie par le soutien américain à une stratégie d’opposition visant à renverser le gouvernement de Nicolás Maduro par des moyens extra-électoraux. Alors que l’opposition était divisée sur cette stratégie, le soutien américain a soutenu les secteurs d’opposition purs et durs dans leur objectif d’évincer le gouvernement Maduro par des manifestations souvent violentes, un coup d’État militaire ou d’autres moyens qui contournent les urnes.

Sous l’administration Trump, la rhétorique agressive contre le gouvernement vénézuélien a atteint un niveau plus extrême et menaçant, les responsables de l’administration Trump parlant d’"action militaire" et condamnant le Venezuela, avec Cuba et le Nicaragua, dans le cadre d’une "troïka de tyrannie". Les problèmes résultant de la politique du gouvernement vénézuélien ont été aggravés par les sanctions économiques américaines, illégales en vertu de l’Organisation des États américains et des Nations Unies - ainsi que par le droit américain et d’autres traités et conventions internationaux. Ces sanctions ont coupé les moyens par lesquels le gouvernement vénézuélien pourrait échapper à sa récession économique, tout en provoquant une chute dramatique de la production pétrolière et en aggravant la crise économique, et en causant la mort de nombreuses personnes parce qu’elles ne peuvent avoir accès à des médicaments vitaux. Pendant ce temps, les États-Unis et d’autres gouvernements continuent de blâmer le gouvernement vénézuélien - uniquement - pour les dommages économiques, même ceux causés par les sanctions américaines.

Aujourd’hui, les États-Unis et leurs alliés, dont le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, et le président d’extrême droite du Brésil, Jair Bolsonaro, ont poussé le Venezuela dans le précipice. En reconnaissant le président de l’Assemblée nationale Juan Guaido comme le nouveau président du Venezuela - ce qui est illégal en vertu de la Charte de l’OEA - l’administration Trump a fortement accéléré la crise politique du Venezuela dans l’espoir de diviser les militaires vénézuéliens et de polariser davantage la population, les obligeant à choisir leur camp. L’objectif évident, et parfois affirmé, est de dégager Maduro par un coup d’Etat.

En réalité, malgré l’hyperinflation, les pénuries et une profonde dépression, le Venezuela demeure un pays politiquement polarisé. Les Etats-Unis et leurs alliés doivent cesser d’encourager la violence en faisant pression pour un changement de régime violent et extralégal. Si l’administration de Trump et ses alliés continuent à suivre leur cours imprudent au Venezuela, le résultat le plus probable sera une effusion de sang, le chaos et l’instabilité. Les États-Unis auraient dû tirer des leçons de leurs entreprises de changement de régime en Irak, en Syrie, en Libye et de leur longue et violente histoire de parrainage d’un changement de régime en Amérique latine.

Aucune des deux parties au Venezuela ne peut simplement vaincre l’autre. L’armée, par exemple, compte au moins 235 000 membres de première ligne et il y a au moins 1,6 million de miliciens. Beaucoup de ces personnes se battront, non seulement sur la base d’une croyance en la souveraineté nationale largement répandue en Amérique latine - face à ce qui semble de plus en plus être une intervention dirigée par les Etats-Unis - mais aussi pour se protéger contre une répression probable si l’opposition renverse le gouvernement par la force.

Dans de telles situations, la seule solution est un règlement négocié, comme cela s’est produit dans le passé dans les pays d’Amérique latine où les sociétés politiquement polarisées étaient incapables de résoudre leurs différends par des élections. Il y a eu des efforts, comme ceux menés par le Vatican à l’automne 2016, qui avaient du potentiel, mais ils n’ont reçu aucun soutien de Washington et de ses alliés qui étaient favorables à un changement de régime. Cette stratégie doit changer si l’on veut trouver une solution viable à la crise actuelle au Venezuela.

Dans l’intérêt du peuple vénézuélien, de la région et du principe de la souveraineté nationale, ces acteurs internationaux devraient plutôt soutenir les négociations entre le gouvernement vénézuélien et ses opposants qui permettront au pays de sortir enfin de sa crise politique et économique.

Signé :

Traduction VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

source : https://venezuelanalysis.com/analysis/14249