L’opposition à l’extradition s’inscrit dans un contexte de popularité relativement faible pour Assange lui-même.
Alors que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, reste dans les limbes de l’extradition, une nouvelle enquête de Morning Consult montre que les Américains, les Européens et les Australiens sont beaucoup plus enclins à dire que le ressortissant australien a eu "raison" plutôt que "tort" de faire la lumière sur les politiques du gouvernement américain, comme la surveillance secrète des citoyens américains, et peu souhaitent le voir extradé pour faire face à des accusations d’espionnage aux États-Unis.
Peu d’Américains, d’Européens et d’Australiens disent qu’Assange a eu tort de publier des informations sensibles sur les États-Unis.
On a demandé aux adultes de chaque pays si le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, avait eu raison de sensibiliser le public aux politiques et aux actions du gouvernement américain, comme la surveillance des citoyens américains.
Peu d’Occidentaux soutiennent l’extradition d’Assange.
M. Assange, qui a fondé WikiLeaks en 2006, fait appel de la décision prise le 17 juin par le gouvernement britannique de l’extrader vers les États-Unis afin qu’il y soit jugé pour espionnage pour avoir publié des documents du gouvernement américain, ce qui pourrait entraîner une peine de 175 ans de prison.
Le gouvernement américain a accusé M. Assange d’un certain nombre de crimes, notamment d’avoir conspiré avec l’ancienne analyste de l’armée Chelsea Manning pour pirater les mots de passe du ministère de la défense afin d’obtenir et de diffuser des rapports militaires classifiés sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Mais l’équipe juridique d’Assange affirme qu’il n’a jamais agi qu’en tant que journaliste, en recevant et en publiant des documents divulgués par des sources, et qu’il ne bénéficiera pas d’un procès équitable s’il est envoyé aux États-Unis.
Les cinq plus grandes économies européennes et l’Australie ne sont pas favorables à l’extradition d’Assange. Seuls 21 % des Australiens sont favorables à l’extradition, contre 46 % qui y sont opposés, mais ce sont les Allemands qui sont les plus opposés à cette idée : Seuls 18 % souhaitent que l’extradition d’Assange ait lieu, contre 52 % qui s’y opposent. L’opposition l’emporte sur le soutien par 12 points de pourcentage en France, 13 points en Espagne et 27 points en Italie.
Seuls les Américains sont beaucoup plus susceptibles de soutenir l’extradition que de s’y opposer : Le soutien est de 40 %, soit presque le double des 21 % d’adultes qui y sont opposés. Au Royaume-Uni, le soutien à l’extradition l’emporte également sur l’opposition, mais l’écart est beaucoup plus étroit : 30 % des adultes britanniques sont favorables à l’extradition d’Assange, contre 26 % qui y sont opposés. Mais nombreux sont ceux qui, dans les deux pays, disent ne pas avoir d’opinion : 39 % aux États-Unis et 44 % au Royaume-Uni.
En fait, dans tous les pays interrogés, une proportion non négligeable des personnes interrogées ont déclaré ne pas connaître ou ne pas avoir d’opinion sur les activités d’Assange. C’est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de fuites particulières.
Les publications de WikiLeaks ont plus de chances d’être soutenues que rejetées, mais beaucoup de gens ne savent pas comment réagir.
Pourcentage d’adultes dans chaque pays qui soutiennent ou s’opposent à chacune des publications suivantes de WikiLeaks concernant des données sensibles du gouvernement américain :
De nombreux Occidentaux n’ont pas d’opinion sur certaines publications de WikiLeaks.
Sondages réalisés les 5 et 6 août 2022 au Royaume-Uni, du 7 au 9 septembre 2022 aux États-Unis et les 16 et 17 août 2022 en Australie, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, auprès d’échantillons représentatifs d’au moins 1 000 adultes dans chaque pays, avec des marges d’erreur non pondérées pouvant atteindre plus ou moins 3 points de pourcentage.
Alex Willemyns - MorningConsult - 19 septembre 2022
Traduction texte et illustrations sondages : #Unity4JFrance https://vk.com/@toutelafranceavecassange-de-nombreux-occidentaux-soutiennent-les-fuites-dassange-mais