L’arsenal répressif de l’État bourgeois contre les immigrés
1. Les centres de rétention administrative : objectivement des prisons
Les centres de rétention administrative (CRA) constituent l’un des instruments les plus brutaux du racisme d’État. Ces lieux d’enfermement extrajudiciaire, situés près des aéroports et loin des regards, servent à parquer les sans-papiers avant leur expulsion. En 2024, 16 228 personnes ont été enfermées dans ces centres en France hexagonale. Ce chiffre monte à 40 000 si l’on inclut Mayotte (22 300) et les Outre-mer (Guadeloupe, Réunion, Guyane...) (1).
Pourtant, ces chiffres ne reflètent pas l’escalade répressive engagée par le gouvernement. En mai 2025, Bruno Retailleau a annoncé l’ouverture de trois nouveaux CRA et l’allongement de la durée de rétention à 210 jours (contre 90 actuellement), sous prétexte de retenir des étrangers « aussi dangereux que des terroristes » (2). Une rhétorique mensongère, car, comme le révèle l’émission Complément d’Enquête (France 2, 23/01/2025) :
Cette propagande raciste vise à légitimer le racisme d’État, organiser une politique fasciste et diviser la classe ouvrière.
2. Conditions inhumaines et violations des droits fondamentaux
Malgré les dénégations de l’État, les rapports des associations (La Cimade, Forum réfugiés, Groupe SOS...) décrivent une réalité carcérale :
Les témoignages recueillis par Blast et Off Investigation montrent une logique délibérée de déshumanisation : automutilations, suicides qualifiés de « simulacres » par les autorités, grèves de la faim ignorées (6) (7).
3. La criminalisation des associations et l’opacité des CRA
Mais la bourgeoisie n’aime pas que le peuple mette le nez dans ses crasses, il faut tenir les associations loin des personnes retenues. En mai 2025, le Sénat, sous l’impulsion de la sénatrice LR Marie-Carole Ciuntu, a voté une loi excluant les associations des CRA, confiant leur rôle à l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration), organisme sous tutelle du ministère de l’Intérieur (5).
Cette décision s’inscrit dans une stratégie d’étouffement :
Une opacité que les médias bourgeois sont les premiers à dénoncer lorsque cela concerne des pays non alignés sur l’axe UE-OTAN, alors même que dans nos CRA les violations des droits se multiplient.
4. La militarisation des frontières et les violences policières
L’État ne se contente pas des CRA, il déploie une répression ouverte contre les exilés :
Cette politique s’appuie sur des financements britanniques (traité de Sandhurst) et une collaboration européenne toujours plus répressive.
Derrière ces chiffres et ces violences d’État, se cachent des drames humains souvent absurdes : des familles entières se retrouvent en situation irrégulière à cause de simples retards administratifs dans le renouvellement de titres de séjour, ou d’erreurs bureaucratiques. Comme le révèle le podcast Angles Morts, cette machine répressive, sous des apparences technocratiques, perpétue en réalité une logique coloniale qui suspend les droits fondamentaux de ceux jugés « indésirables ». Cette déshumanisation systématique sert les intérêts du capital : en maintenant les migrants dans la peur et la précarité, la bourgeoisie s’assure une main-d’œuvre docile et exploitable pour les travaux les plus pénibles que refusent les travailleurs français. Un ouvrier sans-papiers menacé d’expulsion acceptera des conditions inhumaines – c’est l’essence même du capitalisme raciste.
Mais pourquoi ces femmes et ces hommes risquent-ils leur vie pour venir en Europe ? Pour comprendre cet exode massif, il faut regarder au-delà de nos frontières, vers ces guerres et ces misères que l’impérialisme français et occidental a contribué à créer.
L’immigration, conséquence de l’impérialisme et des guerres capitalistes
1. Les guerres impérialistes, premières causes de l’exil
La bourgeoisie accuse les migrants d’ « envahir » l’Europe, mais elle oublie ses propres crimes :
Ces guerres détruisent des États entiers, poussant des millions de gens à fuir. Les mêmes États qui refoulent les exilés sont ceux qui :
Cette hypocrisie atteint son paroxysme quand :
2. « Réfugiés légitimes » vs « migrants économiques » : une hypocrisie d’État
L’impérialisme européen, dans sa logique perverse, prétend établir une hiérarchie de la souffrance en distinguant arbitrairement :
Cette dichotomie est une supercherie idéologique qui sert trois objectifs :
Pourtant, la réalité est implacable :
La faim est une arme de guerre : les sanctions économiques tuent parfois davantage que les bombes. L’exploitation néocoloniale (accords de pêche européens pillant les côtes africaines, multinationales volant les terres agricoles) crée artificiellement la famine. Les « migrants économiques » d’aujourd’hui sont souvent les réfugiés climatiques de demain – et là encore, ce sont les pays impérialistes, responsables de 92% des émissions historiques de CO2, qui ont mis le feu à la planète. Les frontières du capital ne protègent pas les peuples : elles servent à diviser les travailleurs, tout en laissant circuler librement les capitaux et les marchandises.
3. La réponse révolutionnaire : solidarité internationale et défense des souverainetés nationales contre l’impérialisme
Le chauvinisme est aussi bien incompatible avec la défense de la souveraineté nationale et populaire qu’avec la défense des intérêts de classe des travailleurs du monde. Il crée des antagonismes au sein du prolétariat tout en permettant au capital financier transnational d’exploiter l’ensemble des peuples du monde, y compris les peuples des pays impérialistes eux-mêmes. Rappelons pour nous en convaincre que le RN ne cesse d’assurer qu’il n’est pas question de quitter l’Union européenne, cette union transnationale, anti-populaire et impérialiste du capital financier. C’est pourquoi nous, véritables patriotes et internationalistes, refuserons toujours et sans concession toute forme de nationalisme xénophobe, chauvin, raciste, impérialiste, en gardant à l’esprit ces mots de Jaurès : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène. »
Alors que les impérialistes euro-atlantistes aux abois menacent le monde d’une Troisième Guerre mondiale, il est bon de ce remémorer ces mots d’Alexandra Kollontaï prononcés aux États-Unis en 1915 dans son discours contre la Première Guerre mondiale : « Il appartient à la jeunesse ouvrière de s’attaquer avec un courage nouveau aux nouvelles tâches du mouvement ouvrier. C’est la jeunesse ouvrière qui doit ressouder les liens brisés de l’Internationale. (...) Le mot d’ordre de la nouvelle Internationale doit être : pas de guerre de défense dans le conflit des États capitalistes, mais une guerre agressive de conquête de la classe ouvrière contre le monde capitaliste tout entier. (...) La deuxième pierre angulaire doit être la tactique révolutionnaire et les méthodes de combat du prolétariat organisé. Nous sommes à la veille de luttes révolutionnaires gigantesques et inévitables. (...) La guerre entre les nations et les peuples prive le prolétariat de son arme la plus forte et la seule irrésistible – la solidarité de classe. La guerre affaiblit le sentiment de classe et apporte avec elle la « paix civile », la plus haute aspiration du monde capitaliste. C’est pourquoi le premier devoir de la jeunesse ouvrière est d’utiliser toute son énergie pour répondre à chaque menace de guerre entre les nations par la seule réponse efficace, c’est-à-dire en appelant la « terreur rouge » à la vie. » (10).
Joanna-JRCF
1. RAPPORT 2024 SUR LES CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE [Internet]. La Cimade. [cité 20 juill 2025]. Disponible sur : https://www.lacimade.org/publication/rapport-2024-sur-les-centres-et-locaux-de-retention-administrative/
2. Nouveaux CRA, délai de rétention allongé... Les annonces de Bruno Retailleau [Internet]. 2025 [cité 20 juill 2025]. Disponible sur : https://www.cnews.fr/france/2025-05-02/nouveaux-cra-delai-de-retention-allonge-les-annonces-de-bruno-retailleau-1674886
3. OQTF : quatre lettres qui divisent la France en replay – Complément d’enquête [Internet]. [cité 20 juill 2025]. Disponible sur : https://www.france.tv/france-2/complement-d-enquete/6833485-oqtf-quatre-lettres-qui-divisent-la-france.html
4. Forum réfugiés, France Terre d’Asile, La Cimade, Groupe SOS, Solidarités Mayotte. Forum réfugiés. [cité 20 juill 2025]. Rapport annuel sur la rétention administrative 2023. Disponible sur : https://www.forumrefugies.org/s-informer/publications/rapports/1464-rapport-annuel-centres-retention-administrative-2023
5. Le Sénat vote une loi pour sortir les associations des centres de rétention administrative. 12 mai 2025 [cité 20 juill 2025] ; Disponible sur : https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/12/le-senat-vote-une-loi-pour-sortir-les-associations-des-centres-de-retention_6605546_3224.html
6. Centres de rétention administrative : les PRISONS SECRÈTES