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25 octobre 2025

La gauche face à la droite rusée : pour une critique lucide et offensive

Ilyes BELLAGHA

Billet d’auteur Ils ont écrit : « Nous choisissons de ne pas publier votre texte. » Une phrase simple, mais saturée de sens. Elle dit tout : la peur du mélange, la fatigue des dogmes, le confort des certitudes. Je ne suis pas dogmatique. Je n’appartiens à aucune chapelle, ni à celle des croyants, ni à celle des sceptiques. J’écris pour comprendre, non pour rallier. La pensée n’a pas besoin d’un camp pour exister ; elle a besoin d’air. On peut refuser un texte, mais on ne peut pas refuser le droit de penser.

La critique n’est pas seulement un jugement ou une condamnation.
Elle est un art du discernement, une manière d’ouvrir les yeux sur ce qui se cache derrière les évidences.
En littérature, elle éclaire ; en art, elle interroge ; en philosophie, elle met à l’épreuve la pensée elle-même.
Mais dans le champ politique, la critique peut devenir un piège : dénoncer sans stratégie, c’est parfois renforcer l’adversaire.

Quand critiquer nourrit le libéralisme

Le libéralisme, on le sait, a l’art de muter.
Chaque fois qu’on le dénonce, il absorbe la critique, la recycle et s’en sert pour se renouveler.
À force de l’attaquer naïvement, on finit par lui offrir des armes.
Une partie de la gauche se laisse prendre à ce jeu : elle s’épuise dans des dénonciations qui nourrissent la machine au lieu de la briser.

Une droite rusée, une gauche naïve

Aujourd’hui, survivre dépend d’une gauche intelligente face à une droite rusée.
La droite maîtrise l’art de détourner, de manipuler les peurs, de retourner les mots contre ceux qui les prononcent.
La gauche, elle, s’égare souvent dans des futilités, des querelles internes ou des débats secondaires imposés par l’adversaire.
Elle se disperse au lieu de concentrer ses forces sur l’essentiel.

La bataille du langage

Le terrain principal de la ruse, c’est le langage.
Tant que la droite tient la main sur le politiquement correct, elle plombe nos analyses et rend nos discours pédagogiques suspects aux yeux de l’auditoire.
L’exemple de l’antisionisme assimilé à l’antisémitisme en est la preuve : une critique politique légitime est transformée en accusation morale, neutralisant toute discussion.
Dans ce cadre piégé, la gauche passe son temps à se justifier, à défendre sa légitimité, et perd la bataille avant même de l’avoir commencée.

Retrouver la force de la vérité

Contrairement à ce qu’on avance, la gauche n’a pas d’abord besoin de se rassembler artificiellement ni de se diversifier encore davantage.
Elle doit surtout retrouver le courage de défendre la vérité qui est la sienne : être toujours du côté du juste, même quand le juste est mal vu, impopulaire ou dérangeant.

La gauche ne triomphera pas en cherchant à plaire, mais en assumant une parole de vérité.
Sa mission n’est pas de suivre le consensus, mais de dire ce que d’autres taisent, défendre ce que d’autres enterrent, tenir bon sur ce qui dérange.
Là réside son intelligence, sa stratégie et sa dignité.

Post-scriptum

Ce texte n’a pas la prétention d’apporter une vérité absolue.
Il cherche simplement à rappeler que la gauche ne survit que lorsqu’elle ose défendre le juste, sans céder aux pièges du langage.