Interpellé par Mme Caroline Yadan, députée représentant les Français établis hors de France inscrite au Groupe Ensemble pour la République dirigé par M. Gabriel Attal, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, a non seulement appuyé sans réserve les propos volontairement inexacts prononcés par celle qui défend ouvertement, à la suite de M. Meyer Habib, les intérêts de l'État d'Israël sur les bancs de l'Assemblée nationale mais demandé, à la surprise de plusieurs diplomates du Quai d'Orsay, la tête de Mme Francesca Albanese, éminente juriste en Droit international, Rapporteur spécial de l'Organisation des Nations-Unies (ONU) sur les Territoires palestiniens occupés. Les gouvernements allemand et autrichien ont emboîté le pas de Paris et le Secrétaire général de l'ONU n'a pas apporté à l'intéressée un soutien manifeste, bien qu'il ait souvent critiqué l'action d'Israël à Gaza.
Mme Caroline Yadan et M. Jean-Noël Barrot, reprochent à Mme Francesca Albanese d’avoir prétendument qualifié l’État d’Israël d’« ennemi commun de l’Humanité » lors d’un colloque tenu à Doha par le journal Al Jazeera, en présence de représentants du Hamas et de l’Iran. Or, elle ne s’est jamais exprimée de la sorte et a publié l’intégralité de son intervention qui visait à dénoncer le système de complicités en faveur de l’action de l’État d’Israël à Gaza, constitué par la mise à disposition de celui-ci de « capitaux financiers, [d’] algorithmes [et] [d’] armes » employés contre la population de l’enclave. Le projet officiel de l’actuel gouvernement des États-Unis de faire de Gaza la « Riviera » du Proche-Orient tend à donner du crédit à l’analyse de Mme Francesca Albanese.
D’ailleurs, celle-ci a pris dans le passé des positions pour le moins gênantes pour l’État d’Israël et ses alliés. Dans un rapport de juillet 2023 présenté devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, elle a indiqué que 800 000 Palestiniens, dont des enfants de douze ans, avaient été arrêtés et détenus par les autorités israéliennes depuis 1967, de sorte que les territoires occupés étaient et restent « une prison à ciel ouvert ».
En mars 2024, elle a publié un rapport sur Gaza au titre dépourvu d’ambiguïté : Anatomie d’un génocide. Au moment où l’État d’Israël, en application de la loi fondamentale du 19 juillet 2018 sur l’ « État-nation du peuple juif » s’emploie à occuper intégralement Gaza – 71 000 morts dont 20 000 enfants ; 80% des immeubles détruits ou endommagés - et intensifie la colonisation de la Cisjordanie – achats contraints de terres, administration de site religieux – pour imposer une véritable annexion illégale des Territoires occupés en 1967, la voix discordante de Mme Francesca Albanese est devenue insupportable au gouvernement israélien et à ses soutiens dans le monde. En France, Mme Caroline Yadan et M. Jean-Noël Barrot s’en sont faits les fidèles relais.
Rappelons toutefois que la Cour internationale de Justice (CIJ), dans un avis du juillet 2024, a clairement qualifié la situation actuelle de la Palestine, analyse à laquelle souscrit Mme Francesca Albanese : « l’utilisation abusive persistante de sa position en tant que puissance occupante à laquelle Israël se livre en annexant le Territoire palestinien occupé et en imposant un contrôle permanent sur celui-ci, ainsi qu’en privant de manière continue le Peuple palestinien de son Droit à l’autodétermination, viole des principes fondamentaux du droit international ».
La Fédération nationale de la Libre Pensée apporte son entier soutien à Mme Francesca Albanese.
Eyschen Christian
Paris, le 17 février 2026