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18 avril 2026

Cuba est un État qui résiste, un État qui crée et, n’en doutez pas, un État qui vaincra !

Miguel Diaz-Canel

Discours prononcé par Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, lors de la cérémonie pour le soixante-cinquième anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution cubaine, au carrefour des 23e et 12e rues, Plaza de la Revolución, le 16 avril 2026, « An du centenaire du commandant en chef Fidel Castro Ruz ».

Vive Cuba libre ! (Vivats.)

À bas le blocus ! (Cris de « À bas ! »)

Combattants héroïques de Playa Girón présents ici ;

Chers amis solidaires de Cuba, qui participez au Cinquième Colloque international Patria ;

Cher et héroïque peuple cubain ;

Compatriotes (applaudissements),

Il y a soixante-cinq ans, des femmes et des hommes aussi jeunes ou plus jeunes que nous tous qui remplissons ces rues aujourd’hui – peut-être des grands-mères, des grands-pères, des mères ou des pères de certains d’entre nous – se sont réunis ici pour écrire un chapitre vraiment épique dans les annales du monde contemporain.

Ce jour a changé l’histoire, et pas seulement pour Cuba. Alors qu’une invasion s’approchait de nos côtes, dont on ignorait encore la destination, mais dont on était conscients que les envahisseurs bénéficiaient du soutien total du puissant gouvernement des États-Unis, la voix du commandant en chef Fidel Castro Ruz, presque brisée par l’effort d’heures d’insomnie et de tension, s’est élevée au-dessus de la foule qui envahissait ce carrefour historique pour déclarer que nous étions ce que nous continuons d’être : Une révolution socialiste juste sous le nez de l’empire ! (Applaudissements.)

Cette déclaration est capitale dans l’histoire de Cuba car elle marque le cap définitif du processus révolutionnaire qui a commencé avec le triomphe de 1959 et qui, en 1961, s’était profondément radicalisé au profit des dépossédés de toujours.

Les mercenaires s’apprêtaient à se lancer contre la nation qui les avait vu naître, convaincus que rien ne pouvait s’opposer à la protection que leur garantissait l’Empire. Mais l’Histoire serait implacable avec eux.

Ils s’attendaient à la peur et ils ont trouvé du courage. Ils misaient sur la trahison et ils se sont heurtés à un peuple uni. Ils croyaient leurs propres mensonges et la vérité les attendait, les fusils prêts et chantant les notes de l’Hymne de Bayamo. [Hymne national]

Le peuple cubain est parti d’ici pour le combat, et du combat vers la victoire ! Moins de soixante-douze heures plus tard, une petite nation qui venait de sortir de la guerre infligerait sa première grande défaite à l’impérialisme dans les Amériques.

À partir de cet avril milicien, tous les peuples de la région seraient un peu plus libres.

Cuba a changé à jamais. Le peuple qui s’est battu sur les sables de Playa Girón pour le socialisme avait d’ores et déjà entamé sa transformation culturelle grâce à une Campagne d’alphabétisation qui permettait aux petites gens de rêver des salles de cours universitaires.

Le développement humain atteindrait des cotes que seule une société juste peut garantir. Cette Révolution des petites gens, avec les petites gens et pour les petites gens irait si loin qu’un petit cireur de chaussures dans le capitalisme deviendrait le premier cosmonaute d’Amérique latine ; que des jeunes d’Afrique et de tout le Tiers-monde deviendraient des professionnels dans les écoles cubaines ; que nous partagerions le sang et le sort avec les oubliés et les méprisés de toujours (applaudissements).

Et nous avons vaincu l’apartheid, l’analphabétisme et les maladies curables dans d’autres pays du monde où nous avons envoyé des médecins et non des bombes, des enseignants et non des bombes. C’est ça, le socialisme : la société où l’homme est un frère, et non un loup, pour l’homme ! (Applaudissements.)

Lorsque, dans les amères années 90, la pratique socialiste s’est autodétruite en Europe, accompagné des basses conspirations de ses adversaires impérialistes, Cuba a résisté et s’est transformée pour finir par se relever par sa propre force et avec le soutien de la solidarité internationale.

Chávez n’avait pas encore triomphé au Venezuela, et la décennie d’intégration que la Révolution bolivarienne avait éveillée était sur le point de commencer.

Fidel – Fidel encore lui ! – comme il l’avait fait à Playa Girón en dirigeant les combats et en avançant sur un char à l’avant-garde, a mené ce combat surhumain pour préserver le socialisme cubain à une époque d’avancée fébrile du néolibéralisme et de l’unipolarité.

Tandis que d’autres privatisaient jusqu’aux cimetières et aux squares, croyant aveuglément à ce conte du marché comme régisseur tout-puissant d’une richesse qui n’est jamais arrivée, notre pays a construit une œuvre monumentale grâce à la science, au travail humain et au potentiel scientifique formés par la Révolution et grâce à l’héroïsme et à la résistance créative du peuple cubain.

Et notre armée du peuple est allée semer et construire, démontrant ce qu’avait dit Raúl : « Oui, on peut ! » Et nous avons pu ! C’est ça, le socialisme ! (Applaudissements.)

À de nombreuses reprises au cours de ces années, alors que le pays s’efforçait de corriger, de perfectionner et d’adapter une économie meurtrie sous l’encerclement du blocus, nous avons été en butte à d’innombrables invasions silencieuses : lois pour codifier le blocus, attentats terroristes, campagnes de diffamation, sabotages constants de tous projets d’intégration, de solidarité et de coopération.

Chaque bombe silencieuse tombée sur les projets de développement a laissé une blessure dans la société cubaine. L’une d’elles, très douloureuse, est la migration de jeunes promesses, éduquées gratuitement dans nos écoles et nos universités, dont le capitalisme vole la capacité et le talent pour lesquels il n’a rien investi, tout en accusant la société qui les a formés de ne pas leur garantir ce que leur offre son marché prédateur.

Disons-le tout net : ce potentiel humain qui impressionne et qui se taille une place et gagne en importance dans tout pays où il arrive a été formé par le socialisme ! (Applaudissements.) Seul le socialisme a transformé les enfants des ouvriers et des paysans en professionnels de première ligne, et non à titre d’exception comme dans le capitalisme, mais massivement (applaudissements).

Pour cacher la nature génocidaire et multidimensionnelle d’un blocus de six décennies qui étouffe tout un peuple et ne peut être qualifié d’embargo que dans les documents de ceux qui l’appliquent, les États-Unis ont bâti un récit menteur et très cynique : Cuba en tant qu’État raté.

Les effets de décennies de blocus et de traque financière sont très visibles dans nos foyers, dans nos industries, dans la pénurie de biens, même essentiels, et dans le manque de presque tout, jusqu’à ce qu’il y a de plus élémentaire et de plus indispensable à la vie,

Elles sont également visibles les erreurs inhérentes à ce processus de construction sociale aux caractéristiques particulières et très cubaines, dans lesquelles nous sommes engagés à contre-courant, en surmontant des obstacles infinis. Mais tant que le blocus sera maintenu comme un nœud coulant serré autour du cou de l’économie, personne ne pourra nier – je le répète : personne – ne pourra nier qu’il est le coupable absolu de la douleur causée aux familles cubaines ! La principale cause de nos problèmes est le blocus génocidaire du gouvernement des États-Unis contre notre peuple ! (Applaudissements et cris de « À bas le blocus ! »)

Les menteurs peuvent aussi faire fond sur l’intoxication induite dans les cerveaux d’un monde contaminé par les préjugés et empoisonné par l’anticommunisme depuis que la Révolution d’Octobre a élevé les au pouvoir créateurs de richesses.

Toutes les expériences socialistes ont fait l’objet d’agressions et de blocus brutaux, et même ainsi il est impossible de nier tout ce qu’elles ont apporté d’équilibre et de bien-être à l’humanité. On ne pourra pas non plus effacer de l’Histoire la contribution colossale de l’URSS à la défaite du fascisme et à la conquête du cosmos ; on ne pourra pas non plus ignorer le développement éblouissant d’une nation gigantesque, issue de la famine et de la pauvreté généralisée, la République populaire de Chine, et un petit pays courageux, qui a subi trois guerres et qui force aujourd’hui l’admiration du monde entier par sa croissance dynamique, le Vietnam héroïque et fraternel (applaudissements.)

Le socialisme est la seule garantie de justice sociale, la seule voie vers le véritable affranchissement de toutes les personnes. Dans notre cas, il a été et il reste, en plus, la possibilité réelle de donner une réponse collective à la punition collective qu’on nous inflige depuis tant d’années.

Non, messieurs de la manipulation et du mensonge, Cuba n’est pas un État raté ; Cuba est un État assiégé ; Cuba est un État confronté à une agression multidimensionnelle : guerre économique, blocus renforcé et blocus énergétique. Cuba est un État menacé qui ne se rend pas ! (Applaudissements.) Malgré tout, et grâce au socialisme, Cuba est un État qui résiste, un État qui crée et, n’en doutez pas, un État qui vaincra ! (Applaudissements.)

Compagnes et compagnons :

Aujourd’hui, 16 avril, nous commémorons des jalons fondamentaux de notre histoire récente : la réponse héroïque et massive du peuple au prélude à l’invasion mercenaire, autrement dit les attentats criminels du 15 ; la déclaration du caractère socialiste de la Révolution, faite par Fidel lors de l’enterrement des premières victimes de l’agression en cours ; et, ce même jour, bien que beaucoup ne l’aient pas su à l’époque, la naissance de notre Parti communiste.

C’est Fidel qui l’a affirmé ici même : « C’est lors de Playa Girón que le caractère socialiste de notre Révolution a été proclamé ; c’est lors de Playa Girón que notre Parti s’est pratiquement forgé. » Aussi considérons-nous le 16 avril comme la date de fondation du Parti, du Parti de l’unité, du Parti de la nation cubaine, du Parti de l’organisation et de la direction des efforts de tous pour le bien de tous. (Du public, on crie : « Vive le Parti communiste de Cuba ! » et vivats.) Mais l’Histoire ne vaudrait guère si nous n’apprenions pas de ses leçons, si nous ne prenions pas note de ses régularités et ne les transformions pas en des apprentissages définitifs.

Les attaques contre les aéroports de Ciudad Libertad à La Havane, de Santiago de Cuba et de San Antonio de los Baños en prélude à l’invasion, avec des frappes chirurgicales au moyen d’avions portant faussement les couleurs cubaines ; l’utilisation soutenue par les médias de la désinformation et du mensonge en vue de tromper la population, de pair avec la guerre économique, les pressions diplomatiques pour isoler la Révolution et les menaces constantes, telles ont été les pratiques et les méthodes retorses qu’ont utilisées ceux qui nous attaquaient alors et qui continuent aujourd’hui d’y recourir contre nous et dans le reste du monde.

Ils ont tant répété leur formule agressive et interventionniste, ils ont menacé et attaqué tant de nations et tant de processus au fil des années que, malgré leur déploiement technologique, militaire et médiatique tous azimuts, une vague de solidarité avec Cuba continue de monter, ce qui prouve l’isolement de la politique impériale qui cherche notre reddition en nous asphyxiant.

Depuis cette tribune historique, où résonnent encore les paroles de Fidel appelant le peuple à trouver sa place dans le combat à venir, et d’où nous rendons aujourd’hui un hommage bien mérité aux héros et martyrs de ce jour où la Patrie a porté fièrement l’uniforme de la milice, nous appelons à lancer un mouvement national et international de solidarité qui fasse parvenir la vérité de Cuba aux quatre coins de la planète, qui fasse connaître la souffrance du peuple due aux actions de blocus et de guerre économique multidimensionnelle, aggravée par le blocus énergétique, un blocus qu’on peut qualifier de génocidaire en raison des niveaux extrêmes de privation auxquels il nous soumet tous.

Le quotidien cubain fait mal, depuis le repos vital interrompu d’abord par la coupure de courant puis par son retour après de longues heures, de sorte que les tâches ménagères doivent se faire de nuit, jusqu’à la paralysie des industries, des transports, des productions et services vitaux, car le carburant manque pour presque tout.

La liste est très longue, tout simplement parce qu’un simple décret exécutif nous a taxés de « menace inhabituelle et extraordinaire », ce que, justement, nous ne sommes pas !

Compatriotes,

Le moment est extrêmement difficile et nous appelle à nouveau, comme le 16 avril 1961, à être prêts à faire face à de graves menaces, y compris à une agression militaire. Nous ne le voulons pas, mais c’est notre devoir de nous préparer à l’éviter et, si elle est inévitable, de la gagner ! (Applaudissements.) Nous avons cette foi en la victoire que Fidel nous a inculquée.

Nous croyons au dialogue et au pouvoir extraordinaire de la paix pour préserver la vie sur la planète. L’histoire du différend entre Cuba et les États-Unis a montré qu’il est possible d’y arriver. Il faut penser à tout ce que cela coûterait en vies humaines si nos deux peuples étaient entraînés à un conflit insensé, illogique, dépourvu de prétextes et de justifications, alors que nous pouvons faire tant de choses ensemble.

Au commandant en chef Fidel Castro Ruz, dont nous célébrons le centenaire cette année-ci, nous rendons le plus grand hommage à l’occasion du soixante-cinquième anniversaire de cette grande épopée (applaudissements ; du public, on crie : « Vive Fidel ! », et vivats.)

Fidel n’a pas seulement dirigé la bataille de Playa Girón. Fidel a été et il est Playa Girón ! (Applaudissements.) Fidel est cette conviction qu’un peuple uni peut vaincre un empire ! (Applaudissements.)

Résister à l’assaut des invasions quotidiennes est l’épopée que nous écrivons aujourd’hui, le plus beau legs à ceux qui sont tombés, à ceux qui ont donné leur vie en avril 1961 pour l’indépendance et le socialisme. Tant qu’il y aura une femme et un homme prêts à donner leur vie pour la Révolution, nous vaincrons ! (Applaudissements.)

Le caractère socialiste de notre Révolution n’est pas une phrase du passé, c’est le bouclier du présent et la garantie de l’avenir ! (Applaudissements.)

Playa Girón, c’est aujourd’hui et c’est à jamais !

Cuba ne se rend pas ! (Applaudissements.)

Ici, personne ne se rend ! (Applaudissements.)

Ici, nous nous battrons !

Ici, comme le dit la chanson : Nous ferons feu ! (Applaudissements.)

Vive la dignité rebelle de notre peuple ! (Vivats.)

Vive le socialisme ! (Vivats.)

La Patrie ou la mort !

Nous vaincrons !

(Ovation.)

Miguel DIAZ-CANEL

(Versions sténographiques - Présidence de la République)
Traduit par Jacques-François Bonaldi

source : http://[http://www.cubadebate.cu/opinion/2026/04/16/diaz-canel-cuba-es-un-estado-que-resiste-crea-y-no-lo-duden-un-estado-que-vencera/->http://www.cubadebate.cu/opinion/2026/04/16/diaz-canel-cuba-es-un-estado-que-resiste-crea-y-no-lo-duden-un-estado-que-v