Hernando CALVO OSPINA
L’auteur n’est pas invité dans nos médias. Pourtant, il vit en France et il connaît bien (trop ?) l’Amérique latine. Trop bien Caracas où on a pu le voir naguère avec un administrateur du GS. C’est par un mail angoissé qu’il nous apprit à l’aube du 3 janvier l’attaque trumpiste contre le Venezuela.
Il a au Venezuela des informateurs, journalistes, responsables politiques qui le positionnent pour bien informer. Nous lui avons demandé un article. Il a pris son temps. On comprend pourquoi quand on le lit.
Le Grand Soir s’honore d’avoir publié plus de 110 fois ce journaliste.
Le Grand Soir.
Environ 200 membres du Delta ont été confrontés aux 32 Cubains. Ici il faut être clair : aucun groupe du premier cercle de sécurité ne possède d'armes de gros calibre...
Je croyais m'être rendormi et que je cauchemardais. Je n’arrivais pas à croire à la réalité des images qui défilaient sur mon écran. Je voyais en boucle surtout celle où neuf hélicoptères volaient en formation, comme s'ils fuyaient une ville qui, disait-on, était Caracas. Il était environ deux heures du matin là-bas. La ville était illuminée, mais à certains endroits, on voyait de grands éclairs qui ne pouvaient être que ceux produits par des explosions de missiles.
On avait dû falsifier les images, car j'en avais déjà vu beaucoup comme celles-là dans des films.
Ne voulant pas réveiller tout le monde en passant des appels, au cas où tout cela ne serait pas vrai, j'ai commencé à écrire à beaucoup d'amis dans la belle ville de Caracas. Oui, les Yankees avaient osé ! Je ne sais pas ce que j'ai ressenti. Si (…)
Hernando CALVO OSPINA
Dans tous les pays du monde, à commencer par les États-Unis et l'Europe, les lois punissent sévèrement les « traîtres à la patrie », ceux qui appellent à l'invasion de leur pays par des puissances étrangères.
Le plus grand porte-avions étasunien se trouve dans les eaux des Caraïbes, accompagné de la dernière génération de navires et d’avions de combat, ainsi que de milliers de marines. Ils viennent, dit-on à Washington, pour arrêter le trafic de cocaïne et d’autres drogues qui, à vrai dire, ne sont pas produites dans la région. On profite aussi de l’opération, bien sûr, pour « sauver » les Vénézuéliens d’une « dictature narco ». Alors, quelques lâches traîtres à la patrie applaudissent et prient pour que cela se réalise...
L'écrivain uruguayen Eduardo Galeano disait : « Chaque fois que les États-Unis sauvent un peuple, ils le transforment en asile ou en cimetière. »
Il a oublié de dire que, dans presque tous les cas où Washington a imposé sa « civilisation » et sa « démocratie », il a compté sur le soutien et les applaudissements de « patriotes » lâches et vendus, qu’on peut aussi appeler traîtres, cinquième colonne, cipayes, pitiyanquis, renégats, collabos, mercenaires et tous les (…)
Hernando CALVO OSPINA
J'ai découvert la misère humaine de ces êtres qui servent et défendent cette classe sociale qui les utilise pour un salaire de misère, mais qui les méprise. Le pire, c'est qu'ils le font tous avec plaisir, parce qu'ils sont malades mentaux ou parce qu'ils croient défendre la « patrie ».
À Quito, le 24 septembre 1985, il y a 40 ans, sous un magnifique soleil de midi, j'ai été arrêté lors d'une opération menée par des membres des services de renseignement militaires équatoriens et colombiens. Pendant douze jours, j'ai été un autre « détenu-disparu ». Ma famille et mes amis ont vécu ce que c'était que d'avoir un être cher dont on ne savait pas s'il était mort, car personne ne donnait de nouvelles de lui, mais qui existait, car il n'y avait pas de cadavre. Les services de sécurité niaient ma détention, même si tout indiquait qu'ils étaient au courant, car de nombreux témoins avaient assisté à mon arrestation. Des témoins qui, lorsqu'on les questionnait par la suite, ne savaient rien, par peur.
Ce furent douze jours de torture, où j'ai vécu dans ma propre chair ce que m'avaient déjà raconté des camarades qui étaient tombés entre les mains de ces malades et qui, comme moi, avaient eu la chance d'en sortir vivants.
Quand ils ont compris que je n'avais rien à voir (…)
Hernando CALVO OSPINA
« Les 40 personnes les plus puissantes de Colombie ». C’est ainsi que le principal magazine colombien, Semana, a intitulé un long article publié en octobre 2001. Sans la moindre pudeur, il reconnaissait que « l’homme le plus puissant de Colombie » était alors le président des États-Unis, George W. Bush.
Avec une dignité nationale au plus bas, il précisait qu'il existait d'autres Etasuniens ayant beaucoup de pouvoir sur le destin de la Colombie et des Colombiens : les sous-secrétaires d'État aux affaires politiques et à la lutte contre le trafic de drogue, l'ambassadrice de l'époque à Bogota, le directeur de la Réserve fédérale, le président du sous-comité des opérations internationales du Sénat et le président de la Chambre des représentants. Cette liste comprenait également le chef de mission du FMI et le président de la Banque interaméricaine de développement (des entités contrôlées par Washington). Semana concluait, cerise sur le gâteau de l’ignominie, en affirmant qu’après la présidence colombienne, la deuxième « institution » la plus « puissante », était « le gouvernement des États-Unis ». Derrière venaient les Forces armées et le Congrès colombien. Selon Semana, ces institutions étasuniennes étaient « essentielles » au moment de décider « qui mènerait la guerre » (contre la (…)
Hernando CALVO OSPINA
Bien qu'il existe des plaintes concrètes liant certaines entreprises bananières en Équateur au trafic de cocaïne, parmi lesquelles Noboa Trading, les enquêtes judiciaires n'ont pas avancé...
Il était président de la Colombie depuis à peine un mois quand Alvaro Uribe Vélez s'est rendu à Washington. Le mercredi 25 septembre 2002, il devait rencontrer son homologue George Bush fils. On raconte que, la veille, on l’avait conduit très discrètement au Département d’État et que, dans un salon à part, on lui montra plusieurs cartons contenant des rapports de renseignement et des mémorandums le liant aux narcotrafiquants du Cartel de Medellín, ainsi qu’aux structures paramilitaires. Lorsqu’Uribe Vélez fit comprendre qu’il avait saisi le message, on l’amena en un lieu où l’attendaient des membres de sa délégation qui furent frappés par sa pâleur. Le National Security Archive a rendu publics quelques-uns de ces documents en juillet 2004.
Si, avant ce jour-là en Colombie, les gringos exerçaient déjà un grand pouvoir, à partir de ce septembre le pays s’est retrouvé à genoux, à leur merci, parce qu'Uribe devait accepter tout ce que Washington lui demandait. Cependant que toute (…)