Eduardo FEBBRO
Les experts du Vatican expliquent que le pape Benoît XVI avait décidé de démissionner dès le mois de mars de l’année dernière, après un retour de voyage au Mexique et à Cuba. A cette période, le pape, qui incarne ce que le spécialiste et universitaire français Philippe Portier appelle une « lourde continuité » avec son prédécesseur Jean Paul II, découvre la première partie d’un rapport élaboré par les cardinaux Julián Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi. Dans ce document sont résumés les abîmes, en rien spirituels, dans lesquels l’Eglise est tombé : corruption, finances occultes, guerres fratricides pour le pouvoir, vol massif de documents secrets, luttes entre factions et blanchiment d’argent. Le résumé final insistait sur la « résistance au changement de la part de la curie et des nombreux obstacles posés aux actions demandées par le pape pour promouvoir la transparence ».
Le Vatican est un nid de hyènes enragées, un pugilat sans limites ni morale quelconque où la curie assoiffée de pouvoir fomente les dénonciations, les trahisons, les traquenards, le blanchiment d'argent, des opérations secrètes pour préserver ses prérogatives et privilèges face aux institutions religieuses et financières. Très loin du Ciel et très proche des péchés terrestres. Sous le mandat de Benoît XVI, le Vatican a été l'un des Etat les plus opaques du monde. Si Josef Ratzinger a soulevé le voile du silence sur les curés pédophiles, il n'a en rien modernisé l'Eglise, ni tourné la page de l'héritage d'affaires troubles léguées par son prédécesseur Jean Paul II.
Ce premier rapport des trois cardinaux a conduit, en août de l'année dernière, à la nomination du Suisse René Brülhart, un spécialiste en blanchiment d'argent qui a dirigé pendant huit ans la Financial Intelligence Unit (FIU) du Liechtenstein, autrement dit l'agence nationale chargée d'analyser les opérations (…)
Eduardo FEBBRO
Entretien exclusif avec Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, pour le journal argentin Página 12.
Il est 10 heures du matin en ce mardi de printemps. Le siège de campagne du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, se trouve dans une banlieue populaire du nord de Paris et il porte très bien son nom : « La Fabrique ». C'est un immense hangar qui servit autrefois de fabrique de chaussures et qui a été réaménagé pour cette période de bataille électorale. Le soleil brille aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur de ce vaste local où ce que l'on respire, ce n'est pas une mise en scène apprêtée mais la vie même, humble, saine, compliquée, solidaire, laborieuse, humaine. Il fait soleil avec les derniers résultats des sondages d'opinion qui ont placé le mouvement conduit par Mélenchon à la troisième place des intentions de vote pour les élections présidentielles des 22 avril et 6 mai prochains : ces 15% ont fait de Mélenchon le « troisième homme » qui a fait basculer (…)
Eduardo FEBBRO
Meïr Margalit analyse les contradictions en Israël : comment il se fait que les gens en aient assez de l’occupation mais votent pour les partis de droite. Et il reconnaît qu’une crise conduit la gauche de son pays à être plus que minoritaire.
23 septembre 201 - Depuis Jérusalem - Il y a des gens qui ne perdent ni leurs convictions ni leur lucidité même quand la société dans laquelle ils vivent, et la planète elle-même, vont à l'encontre des valeurs qu'ils défendent ou bien qu'elles font la sourde oreille à la voix de l'histoire. Meïr Margalit en fait partie. A sa manière joviale et engagée, Margalit est un survivant politique actif dans un contexte où l'option qu'il défend, la gauche, a peu de perspectives. Appartenant à la municipalité de Jérusalem, secrétaire générale du Mouvement Israélien contre la Démolition des Maisons (palestiniennes), l'ICAHD, Margalit est dans un pays armé un pacifiste dont le calme et la détermination forcent des barrières infranchissables.
Il est né en Argentine mais vit en Israël depuis 1972. A 18 ans, il a intégré la section d'infanterie de l'armée israélienne et a été blessé un an plus tard lors de la guerre de Yom Kippour. Depuis lors, il a abandonné les armes pour une collaboration (…)
Eduardo FEBBRO
Ce qui a commencé comme un échange prometteur entre Fidel, Garcàa Márquez et la CIA, s’est terminé avec cinq agents cubains emprisonnés et tout un mouvement solidaire pour que les espions soient libérés et puissent retourner à Cuba.
Un cauchemar de la première jusqu'à la dernière ligne, comme sont les histoires réelles quand les intérêts des États jettent dans un précipice la vie des individus. Le premier chapitre est constitué par une série de sabotages et attentats perpétrés à Cuba à partir de 1997 contre des hôtels de la capitale, La Havane. Le 4 septembre, un de ces actes terroristes perpétré dans l'hôtel Copacabana a provoqué le mort d'un touriste italien, Fabio di Celmo. Le second chapitre est une note envoyée par Fidel Castro au président des Etats-Unis de l'époque, Bill Clinton, par le biais de l'auteur colombien Gabriel Garcàa Márquez. La note, entre autres, disait : « Une importante affaire. On maintient des plans d'activité terroriste contre Cuba, payés par la Fondation Cubano-américaine en utilisant mercenaires centroaméricains. Deux nouvelles tentatives ont été menées pour faire exploser des bombes dans nos centres touristiques avant et après la visite du Pape ». Dans le même texte Castro disait (…)