auteur Maurice LEMOINE
30 mai 2026
L’impérialisme, Raúl Castro et la fable des « Frères du Secours »
Maurice LEMOINE
Bienvenue dans la Caraïbe au groupe d’attaque du Nimitz » ! Ainsi le Commandement sud de l’armée des Etats-Unis (Southern Command) salue-t-il l’arrivée du porte-avions à propulsion nucléaire « USS Nimitz » et des forces qui l’accompagnent [1] à proximité de Cuba. La démonstration de force ressemble à s’y méprendre à celle qui, avant le 3 janvier 2026 et avec en vedette le gigantesque porte-avions « USS Gerald Ford », a imposé un blocus maritime au Venezuela avant de l’attaquer militairement. Une accusation de « narcotrafic » servit alors de prétexte pour justifier le kidnapping du président de la République bolivarienne, Nicolás Maduro. En un parfait décalque, un procureur à la solde de Donald Trump vient de lancer des poursuites judiciaires, le 20 mai, contre l’ex-président cubain Raúl Castro.
Dans le cadre d’une « affaire » remontant à 1996 et pendant laquelle il était ministre de la Défense, on l’accuse (ainsi que cinq ex-officiers cubains) de complot en vue d’assassiner des (…)
1er mai 2026
Dans la tempête, le Venezuela plie, mais ne rompt pas
Maurice LEMOINE
A Jo Morlighem, militant antifasciste et anti-impérialiste, bien trop tôt disparu.
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que les victimes se retrouvent transformées en coupables. « Séquestré » le 3 janvier 2026 par une opération militaire étatsunienne violant toutes les normes du droit international, Nicolás Maduro devient, pour l’appareil médiatique global, un président « déchu ». Sous la menace brutale de la Troïka de la tyrannie – Donald Trump (président), Marco Rubio (secrétaire d’Etat), Pete Hegseth (secrétaire à la Guerre) –, la vice-présidente Delcy Rodríguez assume l’intérim et évite un vide de pouvoir à Caracas. Depuis Madrid ou Miami, les exilés dorés de la droite putschiste vénézuélienne vitupèrent : comment et pourquoi l’avoir laissée à la tête du pays ? Chaviste convaincue, Rodríguez n’a-t-elle pas collaboré avec le « dictateur » Maduro pour expédier adversaires politiques et rivaux en prison ? Les poulets sans tête auxquels a été confié le site Web de Radio (…)
30 janvier 2026
Libérez Maduro !
Maurice LEMOINE
Donald Trump, président des Etats-Unis : « Le Venezuela est entièrement encerclé par la plus grande armada jamais rassemblée dans l’histoire de l’Amérique du Sud. Celle-ci ne fera que croître, et le choc pour eux [les Vénézuéliens] sera sans précédent jusqu’à ce qu’ils restituent aux Etats-Unis tout le pétrole, les terres et autres actifs qu’ils nous ont volés par le passé. »
Une semaine auparavant, l’inquiétante flotte étatsunienne présente depuis août en mer des Caraïbes [1] a arraisonné et confisqué un premier pétrolier chargé d’or noir vénézuélien. En clair, mais en « modern’style », il s’est agi d’un acte de piraterie. D’autres, bientôt, suivront.
Donald Trump, toujours à propos de la République bolivarienne, au cas où certaine ne l’auraient pas compris : « Nous ne permettrons pas que des criminels, des terroristes ou d’autres pays volent, menacent ou abiment notre nation, pas plus que nous ne permettrons qu’un régime hostile s’empare de notre pétrole, de nos terres ou (…)
10 décembre 2025
Au Honduras, les dessous du coup d’Etat électoral
Maurice LEMOINE
Première présidente de gauche du Honduras, élue en 2021 sous les couleurs du Parti Liberté et refondation (LIBRE), Xiomara Castro verra son mandat s’achever le 27 janvier 2026. L’élection présidentielle, à laquelle la Constitution lui interdit de se représenter, a eu lieu le 30 novembre dernier (en même temps que les scrutins législatifs et municipaux). D’après le système de « résultats préliminaires » et donc non officiels du Conseil national électoral (CNE), deux candidats de droite, Nasry Asfura (Parti national ; PN) et Salvador Nasralla (Parti libéral ; PL) se sont trouvés pendant neuf longs jours au coude à coude (avec chacun environ 40 % des voix). Au terme d’un processus particulièrement chaotique, du fait de supposées « défaillances techniques », une victoire quasi certaine (mais toujours « préliminaire ») d’Afura, avec 40,52 % des suffrages, a été annoncée le 9 décembre, Nasralla n’en recueillant que 39,20 %.
Le scrutin été souillé et manipulé par la grossière ingérence (…)
1er décembre 2025
Une claque retentissante pour Noboa et son « boss ».
Maurice LEMOINE
En visitant, le 5 novembre, l’ancienne base militaire de Manta, ainsi que celle de Salinas, pour examiner laquelle serait la plus adaptée à la réinstallation permanente de troupes américaines en Equateur, la secrétaire à la Sécurité intérieure des Etats-Unis, Kristi Noem, a mis la charrue avant les bœufs. Jusque-là prohibée par la Constitution de 2008, une telle présence étrangère armée sur le territoire national le demeurera [1]. Invités ce 16 novembre par référendum à supprimer cette interdiction, les Equatoriens, à 60,8 %, ont répondu non.
Trois autres questions entendaient également permettre au président Daniel Noboa de modifier substantiellement le cadre politique et constitutionnel du pays. Toutes ont donné lieu à un rejet massif – à commencer par la convocation d’une Assemblée constituante (61,58 % de « non ») destinée à satisfaire une obsession du chef de l’Etat : enterrer la Constitution de 2008, dite Constitution de Montecristi. Particulièrement progressiste, assise (…)




