auteur Mohammed OMER

Gaza : les Palestiniens veulent reconstruire, mais les matérieux nécessaires restent interdits (Middle East Eye)

Mohammed OMER

Alors que des camions de nourriture et d’autres marchandises entrent dans Gaza, les matériaux necéssaires à la reconstruction et promis dans l’accord de cessez-le-feu restent inaccessibles.

Rafah - Au moment où Mounir al-Ghalban a entendu parler des conditions du cessez-le-feu, il a appelé tous les membres de son personnel du côté palestinien de la frontière de Kerem Shalom à revenir au travail. Peu après, des camions chargés avec des marchandises et de l’aide humanitaire entraient dans la bande de Gaza déchirée par la guerre. Mais al-Ghalban attend toujours les matériaux de construction dont ont désespérément besoin les habitants du territoire assiégé, et il n’y a aucun signe indiquant qu’ils arriveront de sitôt. Des chaises en plastique, des boissons gazeuses, des bonbons, des boîtes de conserve, des chaussures et du papier toilette : al-Ghalban décompte tous les produits attendus à travers le passage de Rafah, mais ce ne sont pas les seules choses dont les habitants de Gaza ont besoin, dit-il. Des Gazaouis comme Abou Khaled al-Jammal attendent aussi des sacs de ciment. Il y a plusieurs années, al-Jammal a perdu sa maison, détruite par des missiles (…)

Gaza : Après la dévastation, l’humiliation (Middle East Eye)

Mohammed OMER

Les soldats israéliens humilient un Imam qui a survécu aux bombardements, en le forçant à se mettre tout nu devant sa famille, puis l'utilisent comme bouclier vivant.

KHUZA'A, au sud de la bande de Gaza - Khalil al-Najjar se trouvait chez son frère avec sa mère, ses frères et soeurs, la famille de sa femme et ses enfants - 15 personnes en tout. Ils ont été attaqués toute la nuit par l'artillerie israélienne, craignant pour leur vie à chaque seconde et n'ayant qu'une seule certitude : les bombes pleuvaient. "Nous avons été touchés par l'obus d'un tank et une épaisse fumée noire est sortie du bâtiment, alors nous avons couru nous cacher sous l'escalier," a dit Najjar. Au milieu des bombes, nous avons entendu des automatiques : "Nous avons crié que nous étions des civils. Mais ils ont continué à tirer comme si nous n'avions rien dit," a expliqué Najjar, un Iman de 55 ans connu et respecté de sa communauté. Quelques minutes plus tard, un chien de l'armée a bondi à l'intérieur en effrayant les enfants ; de derrière le mur troué par les tirs, l'Iman a crié en hébreu aux soldats : " Nous sommes des civils, il y a des enfants et des bébés avec (…)

En cette fin de Ramadan, les Israéliens se livrent à leur sport favori : tuer ! (Middle East Eye)

Mohammed OMER

Cette année les 170 000 Gazaouis déplacés ne pourront pas fêter l'Eid al-Fitr mais ils ne perdent pas courage vu que c'est la seule chose qui leur reste.

GAZA CITY - Amjad Habeeb devait être en train de célébrer l'Eid al-Fitr ce lundi avec ses enfants et sa femme. A la fin du saint mois de Ramadan, les musulmans fêtent l'Eid al-Fitr en échangeant visites et cadeaux. Cette année, l'opération israélienne "Bordure Protectrice" a comme conséquence dévastatrice que cet homme de 33 ans n'a rien d'autre à offrir à sa famille que sa bonne volonté. Il n'a plus de maison pour recevoir sa famille et ses amis car sa maison se trouvait dans le quartier de Shejaiya qui a été rasé par les frappes israéliennes. Cette année, Amjad dépend de ce que l'Agence pour les réfugiés palestiniens de l'ONU (UNRWA) peut lui offrir - lui et sa famille se sont réfugiés dans une école de l'UNRWA. Il est inutile de lui demander ce qu'il ressent. Il gagnait sa vie comme électricien mais maintenant il ne peut plus loger ni nourrir sa famille. “La semaine dernière nous avons dû nous enfuir de chez nous," dit-il avant de s'interrompre pour regarder ses quatre (…)

Peur de dormir, peur de se réveiller

Mohammed OMER

Alors que les troupes israéliennes pénétraient plus avant dans Gaza, Mohammed Omer, un journaliste gazaoui blessé par la police d’Israël l’an dernier, et actuellement hospitalisé à Amsterdam, joignait par téléphone certains de ses contacts, ainsi que des amis à Gaza.

"Nous dormons la peur au ventre et nous nous réveillons dans l'horreur", s'écrie Zahrah Salem, la voix tremblante et bouleversée. Cette femme de 64 ans, qui a 4 enfants et 15 petits enfants, se console en se disant qu'au moins, toute sa famille est encore vivante. Cependant, autour de chez elle à Deir al-Balah, la mort plane chez ses voisins. Les avions de guerre israéliens continuent de bombarder la ville et l'offensive terrestre a commencé. En dépit de tout ce qui se passe autour d'elle, elle s'accroche à l'espoir que les efforts diplomatiques du président français, Nicolas Sarkozy porteront leurs fruits et que les bombardements cesseront. (NDT : nul n'est Prophète en son pays.) "Je fais plus confiance à ce français qu'aux dirigeants arabes", me dit-elle au téléphone. "J'espère qu'il va faire cesser cette guerre". Un de ses fils est moins optimiste, disant que personne n'a intérêt à ce que cessent les attaques israéliennes, pas même les pays arabes. "Je n'ai jamais pensé (…)