Jeremy R. HAMMOND
Il existe une croyance communément acceptée que la Résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations-Unies a « créé » Israël, en comprenant que cette résolution a partagé la Palestine et que par ailleurs elle a conféré une autorité légale ou une légitimité à la déclaration de l’existence de l’État d’Israël. Or, en dépit de sa popularité, cette conviction ne repose sur aucun fondement concret, comme un retour sur l’historique de la résolution et un examen des principes juridiques le démontrent de façon incontestable.
La Grande-Bretagne a occupé la Palestine durant la Première Guerre mondiale, et en juillet 1922, la Société des Nations lui a confié un mandat pour la Palestine, qui reconnaît le gouvernement britannique comme Puissance occupante et lui confère en réalité la couleur d’une autorité juridique pour administrer provisoirement le territoire (1). Le 2 avril 1947, cherchant à s’extraire du conflit qui a surgi en Palestine entre juifs et Arabes, conséquence du mouvement sioniste pour établir en Palestine « un foyer national pour le peuple juif » (2), le Royaume-Uni a remis une lettre aux Nations-Unies demandant au Secrétaire général « d’inscrire la question de la Palestine à l’ordre du jour de l’Assemblée générale pour sa prochaine session annuelle ordinaire », et demandant à l’Assemblée de « formuler des recommandations, sur la base de l’article 10 de sa Charte, concernant le futur gouvernement de la Palestine » (3). À cette fin, le 15 mai, l’Assemblée générale a adopté la Résolution 106 (…)
Jeremy R. HAMMOND
Après l’annonce de la victoire de Mahmoud Ahmadinejad sur son principal adversaire Mir Hossein Mousavi lors de l’élection présidentielle en Iran le 12 juin (2009), le pays a été secoué par des troubles qui ont éclaté lorsque les partisans de Moussavi sont descendus dans les rues en affirmant que l’élection avait été truquée tandis que les forces de sécurité et les milices réprimaient les manifestants, parfois avec violence. L’Iran affirmait que les troubles étaient provoquées par une ingérence étrangère, une accusation répercutée par les médias occidentaux mais généralement minimisée. Il y a pourtant de bonnes raisons pour penser que les Etats-Unis ont probablement fomenté le chaos qui s’est instauré et que de nombreux commentateurs ont comparé à la révolution de 1979 qui a renversé le Shah.
Le rôle des Etats-Unis dans le renversement en 1953 du Premier Ministre iranien Mohammed Mossadegh, démocratiquement élu, et l'instauration du régime brutal du Shah Mohammad Reza Pahlavi est bien connu. Dans son discours au Caire le mois dernier, le Président Barack Obama a même fait une allusion au coup d'état soutenu par la CIA, en reconnaissant que « En pleine Guerre Froide, les Etats-Unis ont joué un rôle dans le renversement d'un gouvernement démocratiquement élu en Iran » (1)
Cependant, les Etats-Unis ont perdu leur principal allié au Moyen-Orient lorsque le Shah fut renversé par une révolution islamique qui a balayé le pays en 1979 et qui a instauré un régime religieux perpétué à ce jour sous le Guide Suprême le Grand Ayatollah Ali Khamenei, successeur du leader de la révolution, l'Ayatollah Ruhollah Khomeini.
Sous l'administration Reagan, les Etats-Unis ont illégalement vendu des armes au régime iranien tout en soutenant l'Irak de Saddam Hussein dans sa guerre (…)