auteur Luis MARTINEZ ANDRADE
7 avril 2013
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Boubacar Boris Diop : "Il est temps pour nous, intellectuels d’Amérique Latine, d’Asie, d’Afrique, de montrer que nous vivons dans un monde d’apparences" (Circulo de Poesia)
Luis MARTINEZ ANDRADE
Dans son dernier manifeste, « Lettre à l'Afrique » (1), Hugo Chavez exprime sa conviction totale que tôt ou tard les Africains et les Latino-américains se retrouveront comme un seul et même peuple mais qu'eux seuls sont capables d'accomplir ce destin. Nous publions en ce sens une interview du romancier sénégalais Boubacar Boris Diop (Dakar, 1946), une des plumes les plus importantes de l'Afrique contemporaine. En compagnie d'autres écrivains, il s'est rendu à plusieurs reprises au Rwanda et son roman : « Murambi, le livre des ossements » est un voyage au coeur du génocide qui s'est déroulé entre avril et juin 1994 (2). Cet entretien publié originalement par la revue mexicaine « Càrculo de poesàa » revient sur la nécessité de l'alliance entre Afrique et Amérique Latine, l'échange entre ses intellectuels, la révolution bolivarienne et l'exemple de Chavez, le besoin d'écrire dans la langue vernaculaire ou l'interminable colonialisme de la gauche française et occidentale.
Luis (…)
A propos de paroles ardentes et de rêves rebelles : l’insurrection indigène (Rebelion)
Luis MARTINEZ ANDRADE
Le 1er janvier 1994, dans le sud-est mexicain, un groupe d'indigènes, le visage recouvert d'un passe-montagne et armés de fusils rustiques, défiait le gouvernement et l'armée du Mexique. Ils réclamaient la terre, du travail, un toit, de la nourriture, la santé, l'éducation, la liberté, l'indépendance, la démocratie et la justice pour les 56 ethnies de la République. La nouvelle d'un soulèvement populaire dans le coin le plus pauvre du pays faisait l'effet d'une douche froide autant sur la classe politique que sur les élites patronales, car à cette époque, l'information qui faisait la une des principaux média était la si fameuse entrée du Mexique dans la « modernité » à travers la signature du Traité de Libre Echange. En plus de souligner une relation asymétrique entre deux pays faisant partie du G8 et leur homologue mexicain, ce traité avait pour objectif la consolidation du modèle néolibéral. C'est pour cette raison que le mouvement néo-zapatiste faisait irruption sur la scène (…)
10 février 2010
A propos du film "The Way of a Warrior" d’Andreas Pichler.
Luis MARTINEZ ANDRADE
Dans le cadre de la dixième édition des journées cinématographiques dionysiennes célébrées la première semaine de février à Saint-Denis, 80 films ont été projetés, tous suscitant la discussion autour du fait religieux. Le festival a réuni aussi bien les cinéastes, que les spécialistes en sciences sociales qui ont essayé d’analyser la manière dont, à travers le discours filmique, s’expriment les tensions culturelles et les contradictions sociopolitiques. Tel est le cas du documentaire The Way of a Warrior d’Andreas Pichler.
Le documentaire présente la figure de Michael Nothdurfter, originaire de la région alpine du Tirol, qui guidé par l'ordre franciscaine a reçu une formation élémentaire dans la ville de Bolzano. Après avoir réalisé une partie de ses études supérieures en Angleterre et au Pays-Bas, il est parti en 1982 en Bolivie où, enrichie d'expériences avec les mouvements indigènes, miniers et étudiants, il a rejoint le parti du Bloque Populaire Patriotique (BPP) dirigé par le jésuite Rafael Puente.
En 1987 Michael Nothdurfter et quelques autres membres du BPP abandonnent le bloque afin de créer l'Armée Patriotique de Libération Nationale (EPLN) et transformer la société à l'aide de l'action révolutionnaire. Une de leurs actions a été le séquestre de l'entrepreneur nord-américain Jorge Lonsdale. En effet ce représentant de Coca-Cola a été retenu pendant le deuxième semestre du 1989 par l'EPLN - ladite action politique-militaire a eu comme conséquences la mort de Nothdurfter et de deux autres (…)
Place des martyrs d’Acteal : L’autre mémoire
Luis MARTINEZ ANDRADE
Voilà douze ans qu’a été perpétré un massacre dans la communauté d’Acteal - crime d’Etat toujours impuni - où furent assassinés 45 indigènes tzotziles parmi lesquels se trouvaient des enfants et des femmes enceintes.
Walter Benjamin a écrit dans ses thèse Sur le concept d'histoire que : « Articuler historiquement le passé ne signifie pas le connaître « tel qu'il a été effectivement », mais plutôt devenir le maître d'un souvenir tel qu'il brille à l'instant d'un péril… Le don d'attiser pour le passé l'étincelle de l'espérance n'échoit qu'à l'historiographie parfaitement convaincu que devant l'ennemi, s'il vainc, même les morts ne seront point en sécurité. Et cet ennemi n'a pas cessé de vaincre ».
Voilà douze ans qu'a été perpétré un massacre dans la communauté d'Acteal (située au Chiapas, sud-est du Mexique) - crime d'Etat toujours impuni - où furent assassinés 45 indigènes tzotziles parmi lesquels se trouvaient des enfants et des femmes enceintes. Le gouvernement de Felipe Calderón du Parti d'Action National (P.A.N., parti politique conservateur) et la majeure partie de la classe politique du Mexique ont non seulement maintenu dans l'impunité les auteurs intellectuels qui ont orchestré ce (…)



