auteur Julien TERRIE

Résister à l’Hôpital Entreprise

Julien TERRIE

Depuis quelques années, les agents hospitaliers du « meilleur CHU de France » [3] subissent violemment les restructurations et la mise en place des mécanismes facilitant la casse de l’Hôpital Public. Le paiement à l’acte, l’intéressement des praticiens hospitaliers aux résultats financiers de leur service, les dépassements d’honoraires à l’hôpital, l’installation du privé lucratif dans les locaux hospitaliers compromettent un accès aux soins égalitaire et de qualité. Ils sont aussi la source d’une profonde perte de sens des métiers de soignants ou para-soignants (techniciens sur les machines biomédicales, travailleurs sociaux, secrétaires, administratifs ou ouvriers dont l’action a un impact sur les usagers). Les actes de résistance au passage de l’« hôpital excellence » à l’« hôpital entreprise » sont nombreux. Individuels ou collectifs, ils sont à la base de l’élaboration de notre stratégie syndicale.

« Le CHSCT, c'est permettre aux salariés d'améliorer eux-mêmes leurs conditions de travail » Gérard Brégier [2] La souffrance au quotidien La tarification à l'activité [4] est devenue le mode de financement quasi exclusif des hôpitaux depuis 2008. Sous l'impulsion directe de Nicolas Sarkozy, ce mode de financement entraîne une recherche de taylorisation des soins, souvent par des méthodes de lean-managering [5]. Alors que le « prendre soin » constitue une source de sens et d'engagement professionnel fondamental dans tous les métiers hospitaliers, les petites actions qui conditionnent la qualité du soin [6] ne sont plus valorisées par la hiérarchie, et ne sont plus prises en compte pour l'attribution des effectifs ou le remplacement des absences. Le sous-effectif par rapport à la charge de travail réelle est devenu la « règle d'or » de l'austérité à l'hôpital. La situation de souffrance du personnel hospitalier prend alors de multiples formes : épuisement physique dû au (…)

Interview : «  Plà­nio », candidat du PSOL aux présidentielles brésiliennes de 2010.

Julien TERRIE
Plà­nio de Arruda Sampaio ou « Plà­nio » est une figure historique de la gauche brésilienne. A partir de 1962, il participe au gouvernement de João Goulart pour mettre en place le projet de réforme agraire. Après le coup d'état militaire de 1964, il fait partie des 100 premiers brésiliens privés de leurs droits civiques, et s'exile au Chili. Il revient au Brésil en 1976 pour participer au mouvement pour la démocratie, et devient l'un des fondateurs du PT en 1980. A la chute de la dictature, il est élu député constituant, et fait inscrire la réforme agraire dans l'article 184 de la constitution brésilienne, utilisé par le Mouvement des Sans Terre (MST) dans la lutte pour les expropriations de terres. En 2005, il quitte le PT en déclarant que les programmes du PT et du PSDB (libéraux) sont semblables. Il défend désormais les courants révolutionnaires dans le PSOL. Suite à la décision d'Héloïsa Helena, candidate en 2006 (6,85% et 6, 5 millions de votes), de tenter sa réélection comme (…)