auteur Hassane ZERROUKY

Sétif, Guelma, l’autre 8 mai 1945

Hassane ZERROUKY
Rappel des faits, par Hassane Zerrouky. Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger. La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes. Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l'emblème algérien, scandant des mots d'ordre revendiquant l'indépendance de l'Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d'Algériens répondent à l'appel du PPA. À Sétif et Guelma, cependant, l'événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe (…)

Un échec américain en Syrie

Hassane ZERROUKY

Mercredi, 11 Mars 2015 L'Humanité. La dissolution du mouvement Hazem, sur lequel comptait Washington pour mettre en place une force armée «  modérée  », est un revers pour Obama.

L’information est passée presque inaperçue. Pourtant, l’annonce, le 1er mars, par le mouvement Hazem (alliance de plusieurs groupes armés islamistes dits modérés) de sa « dissolution et l’intégration de ses combattants au Front du Levant », front dominé par le groupe salafiste Djeich al-islam (Armée de l’islam) de Zahran Allouch, risque de contrarier la stratégie de Washington en Syrie pour former une force d’opposition modérée. Cette mesure a été prise après que Hazem a été chassé samedi par le Front al-Nosra (branche syrienne d’al-Qaida) d’une ex-base militaire près d’Alep (nord). Au moins 73 combattants de Hazem ont été tués, 80 missiles antichars TOW et d’autres matériels sophistiqués livrés par Washington et ses alliés, dont Paris, sont tombés aux mains des djihadistes. L’effondrement de Hazem signe-t-il la fin de toute opposition islamiste armée dite modérée dans la région d’Alep et d’Idleb (Nord syrien) ? Toujours est-il qu’il intervient après la déconvenue, en novembre (…)

Irak, Syrie, Libye, massacre et destruction à tout-va !

Hassane ZERROUKY
Commençons par ces images diffusées par l’Etat islamique (EI) montrant des djihadistes détruire joyeusement des statues, frises et autres trésors pré-islamiques du musée de Mossoul, réduire en miettes à coups de masse des statues de l’époque mésopotamienne déboulonnées de leur socle, utiliser un perforateur pour défigurer un imposant taureau ailé assyrien en granit, sur le site archéologique de la porte de Nergal de Mossoul. Toujours est-il qu’en quelques instants, le passé de l’Irak a été effacé. « Fidèles musulmans, ces sculptures derrière moi sont des idoles pour les peuples d'autrefois qui les adoraient au lieu d'adorer Dieu », explique un djihadiste, sûrement le chef d’équipe de ces ouvriers d’un jour, face à la caméra. Arguant que « les soi-disant Assyriens, Akkadiens et d'autres peuples avaient des dieux pour la pluie, pour les cultures, pour la guerre ». En clair, à voir les illuminés de l’EI qui se veulent plus musulmans que les musulmans, on se demande pourquoi au 7e (…)

« Mettre de l’ordre là où ils ont semé le désordre »

Hassane ZERROUKY

En 2006, la secrétaire d’État des États-Unis, Condoleeza Rice, qualifiait l’implosion de l’Irak de « chaos créateur », en référence à la stratégie de l’Administration Bush de « remodelage du Moyen-Orient ». Huit ans après, le « chaos créateur » a fait plus que son œuvre.

L’Irak a de fait implosé. Et ce qui reste comme Etat n’existe pratiquement plus depuis l’irruption de l’Etat islamique sur un territoire à cheval sur le nord de l’Irak et une partie de la Syrie, avec à l’horizon la possibilité d’un Etat kurde indépendant. La Syrie est dans le même cas de figure : elle est le théâtre d’une guerre destructrice. Plus à l’ouest, en Libye, pays sans Etat où les rivalités politico-religieuses structurent plus que tout le champ politique, la situation ne prête guère à l’optimisme. Partout dans ce « Moyen-Orient compliqué » comme le qualifiait le général De Gaulle, mais aussi au Maghreb, aucun pays, pas même l’Algérie, n’est pratiquement à l’abri de ce « chaos créateur ». C’est dans ce contexte que Barack Obama, ne pouvant plus maîtriser les « monstres djihadistes » que lui et ses alliés arabes et occidentaux ont créés pour combattre le régime de Bachar al-Assad, a dû se résoudre à mettre en place une coalition internationale pour soi-disant les (…)

Quand Londres et les capitales occidentales découvrent la barbarie djihadiste

Hassane ZERROUKY

Quand on écoute David Cameron fustiger les « terroristes » et affirmer qu’« avec l’Etat islamique, nous sommes confrontés à la menace la plus grave que nous ayons jamais connue », ou Barack Obama dénoncer la barbarie de l’Etat islamique (EI) après l’assassinat barbare de James Foley et avant-hier celle de Steven Sotloff on a envie de lui dire en face : arrêtez de mentir à vos opinions publiques !

Le même reproche peut être fait à Hollande et, partant, à tous ces dirigeants occidentaux qui feignent d’avoir pris la mesure de la menace djihadiste alors qu’ils sont plus que responsables dans l’émergence du terrorisme islamiste et de la déstabilisation du Proche et du Moyen-Orient. Rappelons que c’est un certain Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter et conseiller de Barack Obama pendant la dernière campagne présidentielle, qui a été dans les années 1970 le promoteur de la doctrine de la ceinture verte consistant à utiliser la mouvance islamiste, avec pour pays pivots les pétromonarchies du Golfe, la Turquie et le Pakistan, pour combattre le communisme soviétique. L’Afghanistan aura été le terrain d’expérimentation de cette stratégie. Et depuis, malgré l’effondrement de l’URSS et la fin de ce qu’on appelait le « camp socialiste » en Europe de l’Est, Washington et ses alliés ont poursuivi cette stratégie à l’endroit des pays arabes et (…)