auteur Djamel LABIDI

Etats-Unis-Iran. L’accord qui fait enrager…certains.

Djamel LABIDI

Inattendu. La plupart des medias lourds européens se déchainent, rageusement, contre les accords irano-américains : "capitulation de Trump en rase campagne", "humiliation des Etats Unis", "lâchage d'Israël" etc.." les mots ne sont pas assez forts pour décrire leur désappointement.

La contradiction est époustouflante. Au début de la guerre, les gouvernements européens et les medias avaient dénoncé "le viol du droit international" dans l'agression conjointe d'Israël et des Etats Unis contre l'Iran, et ils avaient refusé de s'y joindre de quelque façon que ce soit. Et voilà que maintenant, pour la plupart, ils témoignent, de peu enthousiasme à l'arrêt des hostilités. Le président Macron et le G7, donc en présence du président Trump, se sont félicités très officiellement du protocole d’accord signé le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis. Mais les grands médias, sur lesquels les gouvernements ont évidemment quelque influence, eux , critiquent âprement l'accord. Certains reprochent carrément au président Trump " de s'être arrêté en cours de chemin, de ne pas être allé jusqu'au bout". D’autres en viennent même "à reprocher aux Etats Unis de n'avoir pas déployé des troupes au sol". C'est le cas en particulier d'Israël et de ses partisans qui dévoilent, ainsi, (…)

Donald Trump, un président qui ment

Djamel LABIDI

Lundi 18 mai, les medias du monde entier diffusent le dernier mensonge de Trump. Il déclare reporter les frappes générales contre l'Iran prévues pour le lendemain Mardi, et cela" sur la demande" des Etats du golfe. Ceux-ci démentent et disent qu'ils "n'étaient même pas au courant".

Les Etats-Unis ont-ils honte de leur président ? Peut-être même pas. Le président des Etats-Unis ment. Dans la plupart des cultures et des sociétés qu'il qualifie de "barbares", ceci serait d'une gravité extrême. A tel point, qu'on a peine même à prononcer ce mot, tellement il est chargé de honte. J'ai d'ailleurs hésité à en faire le titre de cet article. Mais je l'ai fait puisqu'aux Etats Unis même on le dit. Le Washington Post (1) a dit avoir recensé plus de 30 000 mensonges de Trump commis lors de son dernier mandat, mensonges purs et simples, fausses évaluations délibérées, informations inexactes, ou promesses vite oubliées etc. ; Et pourtant il a été élu. Tout le problème est là. Il faut ajouter au mensonge, bien d'autres choses aussi graves ou plus : l'affaire Epstein, les conflits d'intérêts pour lui et sa famille -mais cette corruption est presque normale aux USA- , les assassinats ciblés, les liquidations de ses homologues, chefs d'Etats ou dirigeants, et , comme (…)

Israël, un chef d’œuvre de propagande

Djamel LABIDI

L'idéologie sioniste historique avait déjà popularisé une image des juifs faite de persécutions, de violences subies, de souffrances, de dangers, de menaces, d'exils, de messianisme. Etrangement, c'est la même image qui va être reprise, reconstruite par la propagande israélienne alors même que cette représentation est supposée n'avoir plus d'objet avec la réalisation du projet sioniste c’est-à-dire l'existence de l'Etat Juif.

Dans la première partie de ce texte (1) nous avions vu qu'Israël était un paradoxe en cela que son existence dépendait d'autres puissances, principalement des Etats Unis sur les plans : militaire, économique. Nous avions vu, que le principal argument d'Israël était que ses ennemis voulaient sa destruction et que cet argument, supposé justifier la politique violente d'Israël, révélait en fait la fragilité congénitale de son existence. Et nous avons découvert stupéfaits que son existence morale, son identité ne dépendaient pas d'une histoire dense, matérielle, documentée, physique comme pour toutes les nations, mais qu'elle ne tenait qu'à un fil, celui d'un récit mythique sur ses origines. De ces caractéristiques, Il va découler que le récit sur Israël, la propagande et la communication vont jouer un rôle essentiel dans sa relation avec le monde et dans la justification de son existence. Israël est, sous cet angle, aussi une création de la propagande, et même un chef d'œuvre de la (…)

Israël, un paradoxe.

Djamel LABIDI

Disons-le carrément, Israël est un paradoxe. S'il n'y avait pas les Etats-Unis, Israël n'existerait pas ou plus exactement ne pourrait exister. C'est évident militairement, mais ça l'est aussi économiquement. On peut même dire aussi culturellement car Israël n'a aucune aucun lien culturel, aucune attache, aucune relation, aucune activité culturelles dans la région où il se trouve.

Il n'y est pas inséré, intégré, il est de culture occidentale. De fait, c'est à une autre région, la région européenne, qu'il a été rattaché que ce soit pour les manifestations culturelles internationales (par exemple "l'Eurovision") que pour les manifestations sportives. Sur le plan militaire, les importations d'armes militaires par Israël des Etats Unis sont pour la plus grande partie financées par l'aide militaire américaine elle-même. Les Etats Unis fournissent 69% des armes conventionnelles d'Israël. Entre 2023 et 2024, période du génocide de Gaza, les États-Unis ont déboursé un record de 17,9 milliards de dollars en aide militaire directe. Le fameux "dôme de fer" est financé essentiellement par les Etats Unis. L'économie israélienne, quant à elle, est profondément dépendante de celle des Etats-Unis, on pourrait dire même imbriquée : en 2025, les échanges commerciaux s'élevaient à 64 milliards de dollars. La plus grande part revient aux services en haute technologie pour (…)

Chronique du jour d’avant demain - Le Liban toujours debout

Djamel LABIDI

Je voulais dans cette chronique parler de bien des choses, chacune si importante en elle-même : la résistance glorieuse de l'Iran, le détroit d'Ormuz la tragicomédie burlesque trumpienne etc… Et puis j'ai commencé à parler du Liban et je ne pouvais m'arrêter. Les souvenirs de la guerre civile attisée par Israël remontaient, douloureux, insupportables. L'Histoire va-t-elle se répéter. Les gens ont-ils la mémoire aussi courte ?

18 avril 2026. La mort tragique d'un soldat français de la FINUL (*) au Liban est l'occasion d'un déferlement de rage contre le Hezbollah, avant même les résultats de l'enquête sur les plateaux de la pensée unique. Un agent du Mossad, Raphael Jerusalmy, livre son analyse sur l'un de ces plateaux d'information. C'est un habitué, il y est comme chez lui. Petits yeux cruels, écume aux commissures des lèvres, bouche en rictus permanent, toute la laideur du monde sur un seul visage, il est connu dans la France médiatique qui lui ouvre les bras. Il a justifié en live tous les crimes possibles et imaginables avec une froideur qui devrait donner froid à ses hôtes, tant elle en dit long sur son parcours. Il avait même débordé le Proche Orient et préconisé en direct l'assassinat de Poutine et de bien d'autres. Autant d'appels au meurtre et à la haine qui auraient justifié partout ailleurs une poursuite en justice. Mais le système régnant préfère réserver ses poursuites aux Français qui (…)