Djamel LABIDI
L'idéologie sioniste historique avait déjà popularisé une image des juifs faite de persécutions, de violences subies, de souffrances, de dangers, de menaces, d'exils, de messianisme. Etrangement, c'est la même image qui va être reprise, reconstruite par la propagande israélienne alors même que cette représentation est supposée n'avoir plus d'objet avec la réalisation du projet sioniste c’est-à-dire l'existence de l'Etat Juif.
Dans la première partie de ce texte (1) nous avions vu qu'Israël était un paradoxe en cela que son existence dépendait d'autres puissances, principalement des Etats Unis sur les plans : militaire, économique. Nous avions vu, que le principal argument d'Israël était que ses ennemis voulaient sa destruction et que cet argument, supposé justifier la politique violente d'Israël, révélait en fait la fragilité congénitale de son existence. Et nous avons découvert stupéfaits que son existence morale, son identité ne dépendaient pas d'une histoire dense, matérielle, documentée, physique comme pour toutes les nations, mais qu'elle ne tenait qu'à un fil, celui d'un récit mythique sur ses origines.
De ces caractéristiques, Il va découler que le récit sur Israël, la propagande et la communication vont jouer un rôle essentiel dans sa relation avec le monde et dans la justification de son existence.
Israël est, sous cet angle, aussi une création de la propagande, et même un chef d'œuvre de la (…)
Djamel LABIDI
Disons-le carrément, Israël est un paradoxe. S'il n'y avait pas les Etats-Unis, Israël n'existerait pas ou plus exactement ne pourrait exister. C'est évident militairement, mais ça l'est aussi économiquement. On peut même dire aussi culturellement car Israël n'a aucune aucun lien culturel, aucune attache, aucune relation, aucune activité culturelles dans la région où il se trouve.
Il n'y est pas inséré, intégré, il est de culture occidentale. De fait, c'est à une autre région, la région européenne, qu'il a été rattaché que ce soit pour les manifestations culturelles internationales (par exemple "l'Eurovision") que pour les manifestations sportives.
Sur le plan militaire, les importations d'armes militaires par Israël des Etats Unis sont pour la plus grande partie financées par l'aide militaire américaine elle-même. Les Etats Unis fournissent 69% des armes conventionnelles d'Israël. Entre 2023 et 2024, période du génocide de Gaza, les États-Unis ont déboursé un record de 17,9 milliards de dollars en aide militaire directe. Le fameux "dôme de fer" est financé essentiellement par les Etats Unis. L'économie israélienne, quant à elle, est profondément dépendante de celle des Etats-Unis, on pourrait dire même imbriquée : en 2025, les échanges commerciaux s'élevaient à 64 milliards de dollars. La plus grande part revient aux services en haute technologie pour (…)
Djamel LABIDI
Je voulais dans cette chronique parler de bien des choses, chacune si importante en elle-même : la résistance glorieuse de l'Iran, le détroit d'Ormuz la tragicomédie burlesque trumpienne etc… Et puis j'ai commencé à parler du Liban et je ne pouvais m'arrêter. Les souvenirs de la guerre civile attisée par Israël remontaient, douloureux, insupportables. L'Histoire va-t-elle se répéter. Les gens ont-ils la mémoire aussi courte ?
18 avril 2026. La mort tragique d'un soldat français de la FINUL (*) au Liban est l'occasion d'un déferlement de rage contre le Hezbollah, avant même les résultats de l'enquête sur les plateaux de la pensée unique. Un agent du Mossad, Raphael Jerusalmy, livre son analyse sur l'un de ces plateaux d'information. C'est un habitué, il y est comme chez lui. Petits yeux cruels, écume aux commissures des lèvres, bouche en rictus permanent, toute la laideur du monde sur un seul visage, il est connu dans la France médiatique qui lui ouvre les bras. Il a justifié en live tous les crimes possibles et imaginables avec une froideur qui devrait donner froid à ses hôtes, tant elle en dit long sur son parcours. Il avait même débordé le Proche Orient et préconisé en direct l'assassinat de Poutine et de bien d'autres. Autant d'appels au meurtre et à la haine qui auraient justifié partout ailleurs une poursuite en justice. Mais le système régnant préfère réserver ses poursuites aux Français qui (…)
Djamel LABIDI
Dix jours se sont écoulés depuis le 5 avril, date à laquelle le président Trump d'abord, puis l'armée américaine ont annoncé que le pilote rescapé du F15 abattu avait été sauvé. Puis plus rien.
Pas une photo de ce pilote, pas un signe de vie ou d'existence. Le silence total des grands médias occidentaux est lui-même intrigant. Personne pour se poser des questions ? Des questions d'abord sur l'incohérence du récit de départ, celui d'explication de la destruction de plusieurs aéronefs, comme de cette disparation, de nouveau, du pilote. On se trouve devant in problème grave d'information et de communication. Y aurait-il un secret ? Serait-il si lourd qu'il puisse aboutir à la peur de parler, à une sorte de loi du silence, une omerta, mais à une échelle jamais connue.
On peut avancer alors une hypothèse certes audacieuse mais qui a le mérite d'expliquer le point essentiel, qui est l'absence d'images ou de photos du pilote sauvé, alors que c'est obligatoire traditionnellement dans ce cas de figure.
L'hypothèse est celle-ci : ce pilote tout simplement n'existerait pas. L'information d'un second pilote aurait alors été donnée pour cacher une autre opération qui a échoué (…)
Djamel LABIDI
Il est étonnant que le chiffre de 30000 à 40000 morts en Iran, dans la répression des manifestations, ait pu être avancé sans qu'il y ait la moindre enquête journalistique contradictoire dans les medias dominants, alors qu'il est au cœur même des justifications de la guerre israélo-américaine contre ce pays.
L'accusation de massacres de population occupe une place récurrente et centrale dans la rhétorique interventionniste occidentale. C'est toujours le cheval de Troie, c'est toujours la première phase, avant, inévitablement, la deuxième, celle qui consiste à mettre le pays à feu et à sang, dans un massacre, celui-là indiscutable. Morne et sanglante routine : Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Libye, et maintenant l'Iran.
Le sauvetage des populations, le "devoir d'ingérence" est le dernier argument lorsque les autres justifications, " armes de destruction massive, droit international, droits de l'homme" etc... ne sont plus présentables. On s'en souvient peut être c'est Bush junior qui avait créé pour l'Irak, cette expression "tuer son propre peuple", l'accent étant mis sur le mot "propre" plein de résonnance émotionnelle. Ensuite Bush junior et ses successeurs, comme ses prédécesseurs, se sont lancés dans le massacre du peuple des autres. L'argument de sauvetage des peuples est d'autant (…)