auteur Fred REED

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Nous dirigeons-nous sérieusement vers le grand Boom ?

Fred REED

Une excitation agréable se répand dans l’ennui habituel de Washington, et les curiosités résidentes jouissent de frissons exquis, sur la possibilité d’une guerre nucléaire en Ukraine. Un fonctionnaire de l’UE, ou peut-être était-ce un médiocre de la Maison Blanche ayant un problème de truculence, mais quoi qu’il en soit, l’un des génies régissant le destin de la planète a déclaré que si la Russie utilisait des armes nucléaires, l’armée russe serait détruite, grrr, bowwow, woof.

L’auteur de la déclaration n’a pas précisé comment elle serait détruite. Quoi qu’il en soit, les menaces et contre-menaces tournent autour de l’idée qu’une guerre nucléaire entre la Russie et l’Occident pourrait avoir lieu. Peut-être, avec des armes nucléaires tactiques en Ukraine, dont personne ne se soucie. Le monde est plein d’imbéciles. Mais : Les états-majors de la Russie et de la Chine sont, quoi que vous pensiez d’eux, sains d’esprit. Ils connaissent les forces nucléaires massives de l’Amérique. Ils ne vont pas lancer une guerre atomique. On ne peut pas compter sur un comportement sain avec les avocats de seconde zone de Washington, mais les généraux du Pentagone ne sont pas fous. Ils aiment les guerres d’amateurs et les gros budgets, mais si Biden ordonnait une frappe nucléaire, il est probable qu’ils se rappelleraient soudain que le Congrès doit déclarer la guerre et, voyant que leurs écrans radar sont vides de missiles entrants, qu’ils diraient : « Monsieur le (…)

Joe Bageant (1946-2011) ou le socialisme du bouseux

Fred REED
Joe Bageant vient de mourir à l'âge de 64 ans. Ce nom n'évoque sans doute pas grand chose à grand monde ni ici, ni ailleurs. Mais, pour ceux qui l'ont connu, c'est un grand vide. Joe était un vrai socialiste, atypique, bon vivant, il aimait la vie, les gens du peuple, tous ces laissés pour compte de l'Amérique, et les soirées entre amis où on discute de tout jusqu'au petit matin. A refaire le monde. Un monde meilleur. Hélas, la gueule de bois survient quand on reprend pied avec la réalité - où ce monde, non seulement, n'est pas meilleur, mais où il est encore pire que ce qu'on pensait. Et sa plume acérée, sa langue verte et sans fard nous racontait tout cela si bien. Un de ses amis le fait revivre un peu à travers le récit qui suit. Je l'ai traduit (pratiquement intégralement) en hommage à cet homme pour qui j'avais beaucoup d'estime, mais qui, le salaud, était si difficile à traduire parce que sa langue n'appartenait qu'à lui et que le traduire, c'était le trahir. (…)