auteur Michel ROGALSKI
27 février 2016
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Samuel Huntington, le messager qui apporte la mauvaise nouvelle !
Michel ROGALSKI
Peu d’auteurs auront fait l’objet d’aussi nombreux commentaires, pour être décrié ou salué, qu’Huntington qui annonçait en 1993, dans un article de la revue américaine Foreign Affairs [1], que nous étions désormais entrés dans l’ère du « choc des civilisations », thèse qu’il développera dans un livre portant le même titre et paru en 1996 aux États-Unis, puis traduit en France l’année suivante [2].
Le contexte idéologique étasunien de sa rédaction doit être rappelé : dès 1989 Francis Fukuyama, conseiller au ministère de la défense publiait un article intitulé « La fin de l’Histoire » [3], exprimant ainsi l’idée qu’après la chute du Mur de Berlin les valeurs de la démocratie libérale l’avaient définitivement emporté et que le temps des grands conflits idéologiques susceptibles de dégénérer en guerres étaient terminés. Huntington conteste cette vision irénique de l’avenir et pose qu’au contraire, il faut s’attendre à la survenue de conflits qui ne trouveront principalement leurs (…)
6 juillet 2015
L’Iran, le retour.
Michel ROGALSKI
Longtemps écarté de la scène internationale comme acteur de poids, l’Iran est en passe d’y faire un retour remarqué. L’avènement, en 1979, de la République islamique succédant au régime du shah, avait marqué le début de l’isolement du pays et de l’ostracisme que lui témoignaient les puissances occidentales. Après plus d’une vingtaine d’années d’interventions des États-Unis et de leurs alliés dans la région (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) traduites par des échecs et le chaos, la situation est devenue tellement dégradée et incontrôlable qu’il n’est plus possible d’envisager un retour à un minimum de stabilité sans une implication, inimaginable hier encore, de l’Iran qui contrairement à toute attente a pu faire face douloureusement à des décennies de sanctions économiques et montrer, en accueillant les 120 pays participant au 16ème Sommet des Non-Alignés en 2012, qu’on devait encore compter avec lui.
Ce retour reste hypothéqué par la conclusion d’un accord en cours de négociation (…)
27 novembre 2014
La diplomatie française ou le Molletisme en action.
Michel ROGALSKI
Il est vrai qu’une diplomatie ne peut s’inverser en quelques semaines tant il y va de la continuité de l’État et des engagements souscrits. Mais à mi-parcours d’un mandat présidentiel, la marque nouvelle a pu et dû s’imprimer et le sillon se tracer, être compris et pris en compte par la communauté internationale attentive aux nouveaux signaux d’un pays qui reste encore l’une des principales puissances de la planète et dont la diplomatie a rarement été isolée. Un pays dont les atouts, façonnés par l’histoire, ne sont pas mince. Ancien empire colonial sur lequel le soleil ne se couchait jamais, partie prenante du côté des vainqueurs de deux conflits mondiaux, détenteur de l’arme nucléaire et donc assurée de la pérennité de son siège permanent au Conseil de sécurité, dotée d’une langue largement partagée dans le monde, et enfin grande puissance maritime par l’étendue de ses côtes, la France est un pays qui compte encore sur la scène mondiale même si elle ne fait plus jeu égal avec (…)
BNP Paribas, victime expiatoire ?
Michel ROGALSKI
« Même pas mal ! », auraient pu dire les dirigeants de BNP Paribas après l’accord négocié avec la justice américaine les condamnant à verser près de 9 milliards de dollars d’amende pour infraction à la réglementation bancaire édictée par les autorités américaines.
En effet, l’équivalent d’une année de profits ou 10 % de ses fonds propres n’allaient pas mettre la banque à genoux, même si cette amende ne sera pas déductible des impôts. D’ailleurs le cours de l’action ne s’est pas effondré. Tout ceci a surtout permis d’éviter un procès dont personne ne voulait. Car comme on le sait aux États-Unis la transaction et le marchandage sont toujours préférés au droit et à la recherche de la vérité. Tout doit concourir à un bon arrangement dont les conditions sont discrètement négociées par une nuée d’avocats.
Les peines « annexes » sur lesquelles on s’est moins focalisé sont peut être plus redoutables. Car les Américains ne plaisantent pas. Derrière l’institution, ce sont des hommes qui commettent des délits. Des têtes ont donc été exigées. Et elles sont tombées. En tout une trentaine de hauts cadres licenciés en quelques mois. Pour pouvoir conserver sa licence, la banque a dû accepter de suspendre pour un an à partir du 1er janvier 2015 ses (…)
20 mai 2014
Les enjeux du traité transatlantique
Michel ROGALSKI
Dans la tradition d’un Jacques Delors qui expliquait que « l’Europe devait avancer masquée » un nouveau saut vers l’inconnu se prépare, hors de tout débat et à l’insu des opinions publiques. La Commission européenne s’est ainsi vu confier en 2013 un « mandat de négociation » afin de créer un « Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement » entre l’Union européenne et les États-Unis. Les dirigeants européens justifient la « diffusion restreinte » mise sur le contenu du mandat de négociation afin, affirment-ils, de rendre le travail des négociateurs plus efficace.
À l’heure où les téléphones portables des dirigeants européens sont écoutés par la NSA et où sont révélées les intrusions massives des services américains dans l’observation des communications mondiales, on reste confondu par de tels arguments. D’autant que les protestations européennes ont bien été timides, au regard notamment de celle du Brésil. Quant à la docilité française, elle s’est manifestée (…)




