auteur Louis MARECHAL

Qui importe le conflit israélo-palestinien ? Du sionisme en politique intérieure

Louis MARECHAL

Si l’on s’en tient au nombre de morts qu’il a engendré depuis ses débuts, il faut reconnaître que le conflit isarélo-palestinien ne mérite peut-être pas l’attention qu’on lui porte (comparé par exemple au conflit congolais qui en a fait plus de 5 millions depuis 1998). Cela dit, il n’en est pas moins qu’il menace comme aucun autre la sécurité internationale et que son champ d’application est bien plus large que le seul Moyen-Orient . Plus qu’un simple problème de politique extérieure, pour nous, occidentaux, il semble avoir de longues ramifications dans la politique intérieure.
A l’occasion du reportage de Caroline Fourest diffusé ce mardi 19 février sur France 2, intitulé «  Les Naufragés de Sion », les ultra-sionistes et les ultra-antisionistes sont renvoyés dos à dos comme étant obsédés du conflit israélo-palestinien. C’est l’occasion de répondre à sa thèse en revenant sur les raisons qui font que ce conflit anime à ce point les passions, et les mécanismes qui en permettent l’importation dans nos sociétés.

La cause palestinienne : obsession pathologique ou intérêt justifié ? Il y a au moins une chose sur laquelle on ne peut donner tort à C. Fourest : la cause palestinienne fait couler beaucoup d'encre. Mais, plutôt que de céder au simplisme en y voyant une obsession antisémite classique, tentons d'expliquer ce phénomène par les faits. Si l'on se place dans la perspective occidentale, le conflit semble important à deux niveaux. Premièrement, au niveau de la politique extérieure, les faits favorisent une lecture symbolique, teintée soit d'anticolonialisme, soit d'anti-impérialisme, soit de droit à l'autodétermination des peuples. Tout d'abord, il faut reconnaître que le cas d'Israël fait tache dans nos sociétés post-coloniales. Alors que l'Europe a subi une vague de décolonisation au cours du XXe siècle, l'État hébreu continue de pratiquer la colonisation de peuplement. En effet, depuis la Guerre des Six Jours en 1967, celui-ci envoie sa population s'établir sur des territoires (…)

«  Obamania », ou le triomphe du vide politique

Louis MARECHAL

A peine Obama vient-il d’être réélu que déjà , je vois fleurir autour de moi nombre de «  Yes we can » et autres approbations bien pensantes de la part de ceux qui se disent progressistes... Les citoyens belges, français et européens se prennent subitement de passion pour les élections américaines et plus particulièrement pour le président sortant. Ils ont certainement oublié la ferveur et l’espoir qui accompagnaient sa première élection en 2008, contrastant avec le bilan que l’on peut en dresser aujourd’hui. Comme nous le verrons dans cet article, à bien des égards, celle-ci n’a pas marqué la rupture avec Bush tant attendue... Dès lors, on est en droit de se demander : d’où vient cette Obamania européenne ? Qu’est ce que cette élection va changer pour nous ? Mitt Romney aurait-il mené une politique fondamentalement différente ? Voici quelques éléments de réponse...

Remontons dans le temps. En 2008, l'un des arguments majeurs avancés par les Obamaniaques était qu'un noir entrait à la maison blanche. A les entendre, une véritable révolution était en marche ; un pays qui avait connu pendant des années la ségrégation allait peut-être devenir enfin le défenseur du peuple noir, du Tiers-Monde, et qui sait, peut-être même de la paix mondiale ! Analyse qui aurait pu être crédible si les États-Unis n'avaient pas été depuis des siècles la matérialisation de l'impérialisme... Au-delà du symbole, qui continue d'en émouvoir certains au point de leur faire oublier les actes bien peu progressistes du président ces quatre dernières années, voir en Obama un défenseur de l'opprimé, c'est faire preuve de naïveté : en effet, on est assez loin d'un Malcolm X ! Mais, sous cette vision quelque peu idéalisante de Barack Obama, se profile un comportement sous-jacent bien plus inquiétant : on soutient désormais un politicien pour sa couleur de peau, et non plus pour (…)

Prix Nobel de la Paix : De Mère Térésa à Van Rompuy, il n’y a qu’un pas !

Louis MARECHAL

De Mère Térésa - élue Prix Nobel de la Paix en 1979 - à l’Union Européenne, il n’y a désormais qu’un pas ! En pleine crise socio-économique, et après une intervention militaire plus que discutable de plusieurs de ses membres en Libye, l’Union Européenne se voit en effet attribuer le Prix Nobel de la Paix à Oslo. Alors que la presse traditionnelle salue à la quasi-unanimité cette décision, insistant notamment sur le rôle unificateur et pacificateur de l’Europe après la seconde guerre mondiale [1], il semble important de rappeler certains faits plus récents et moins glorieux imputables à l’Union Européenne. Cela donnera l’occasion aux citoyens de jeter un regard plus critique - chose que les journalistes mainstream ne semblent plus faire - sur cette récompense contestée par certains, n’en déplaisent à nos médias.

Selon le président du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland, "l'UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les Droits de l'Homme en Europe" (sic). En vue de contrebalancer une pensée officielle plutôt europhile, attardons nous sur la réalité effective de ces différents paramètres, qui ont motivé l'élection du Prix Nobel de la Paix 2012. 1. La paix, la démocratie et les Droits de l'Homme en territoire européen : une spécialité "bien de chez nous" ? Paradoxalement, ce Prix Nobel tombe donc en pleine crise économique, dont la Grèce, l'Espagne ou encore l'Italie sont les exemples les plus criants. Or, les mesures néo-libérales décidées par l'Europe depuis des années, ainsi que les plans de redressement économique (comprenez "mesures d'austérité") adoptés par les pays membres de l'Union Européenne ressemblent plus à l'une de ses causes qu'à sa solution. Cet argument, qualifié par les médias (…)