auteur Michel WEBER
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20 décembre 2018
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Les « Gilets jaunes », la Russie, et le début de la fin (du pétrole)
Michel WEBER
« La pensée bourgeoise dit toujours au Peuple : “Croyez-moi sur parole ; ce que je vous annonce est vrai. Tous les penseurs que je nourris ont travaillé pour vous. Vous n’êtes pas en état de repenser toutes leurs difficultés, de repasser par leurs chemins, mais vous pouvez croire les résultats de ces hommes désintéressés et purs. De ces hommes marqués d’un grand signe, ces hommes qui détiennent à l’écart des hommes du commun pour qui ils travaillent, les secrets de la vérité et de la justice.” (*) »
À bien y regarder, point n’est besoin de longues discussions pour baliser un phénomène social dont les enjeux ne sont que trop évidents. Ne suffirait-il pas, en effet, de considérer que la démocratie est le mode de gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple, pour jeter un peu de lumière blafarde sur ce qui se trame dans notre souterrain ? Analytiquement, on peut bien sûr reposer les questions qui fâchent. Elles portent sur la nature du début et de la fin, et sur le modus (…)
4 octobre 2018
L’impossible militantisme de gauche au XXIe siècle
Michel WEBER
Les militants « de gauche » sont maintenant confrontés à la quasi-impossibilité de faire valoir leur point de vue par quelque action que ce soit [1]. Tout ce qu’ils ont fait, font, ou feront sera, d’une manière ou d’une autre, retenu contre eux. Comment en est-on arrivé là ? Avant de faire l’inventaire des entraves actuelles au militantisme de gauche, un bref rappel historique n’est pas inutile pour comprendre la longue descente aux enfers d’un courant de pensée qui fut pourtant, pendant une centaine d’années, disons de 1844 à 1944 [2], la force vive d’un peuple désormais insoumis.
Au moment même où le Programme du Conseil national de la Résistance est adopté dans la clandestinité (le 15 mars 1944), Hayek publie sa Route de la servitude, qu’il a pavée de 1940 à 1943. Son message ? Ce n’est pas parce que le communisme vient, hélas, de remporter une victoire contre le fascisme (et à quel prix !) qu’il faut baisser les bras. Ce n’est pas parce que l’idéal communiste est plus vivace (…)
26 novembre 2017
Pouvoir, sexe et climat
Michel WEBER
« Les meilleurs livres [politiques] sont ceux qui vous disent ce que vous savez déjà. » - (Orwell, 1949)
Pourquoi le Trône de fer — dont le titre original est A Song of Ice and Fire — de George Raymond Richard Martin (1948–), et tout particulièrement son adaptation par HBO (« Home Box Office », une chaîne de télévision payante US-américaine), rencontre-t-il un succès quasiment planétaire ? À cause de la créativité de l’auteur, magistralement mise en image par des producteurs richement inspirés ? Parce que la vie « post-moderne » suscite, plus que jamais, un besoin de fantastique, de rêve et de mystère ? Ou plutôt car cette fiction politique agit comme révélateur de la crise que nous traversons ? Une crise dont les ramifications apparaissent totalement imprévisibles, et qui met en évidence les vices de la finance, la vacuité du politique et la factualité du changement climatique.
Les meilleurs livres politiques — écrivait en substance Orwell — sont « ceux qui vous disent ce que (…)
Capitalisme, technoscience et santé mentale
Michel WEBER
Le génocide est bien le rêve des pouvoirs modernes.
(Foucault, La Volonté de savoir [1]
On suggère le lien existant entre capitalisme, technoscience et manipulation mentale en s’attardant sur l’électrification des « chaînes de soins ». On insiste particulièrement sur le court-circuit immédiat qui eut lieu entre la découverte de l’activité électrique des systèmes musculaire et nerveux central et la volonté de les manipuler.
Trois étapes scandent l’argument : la définition du capitalisme, de son lien avec la technoscience, et l’exploration du rapport historique qui existe entre électroscience et santé mentale.
1. Le capitalisme biocidaire
Le capitalisme est notoirement difficile à définir. Historiquement, il est intrinsèquement lié au libéralisme dont les deux faces, politique et économique, sont inséparables. Pratiquement, il nomme simplement le système social qui attribue tous les avantages politiques aux détenteurs du capital et aucun (ou le moins possible) au (…)
6 novembre 2014
Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement : un traité cryptique aux origines oubliées et aux conséquences secrètement totalitaires
Michel WEBER
Quel sphinx de ciment et d'aluminium a défoncé leurs crânes et dévoré leurs cervelles et leur imagination ?
Moloch ! Solitude ! Saleté ! Laideur ! Poubelles et dollars impossibles à obtenir ! Enfants hurlant sous les escaliers ! Garçons sanglotant sous les drapeaux ! Vieillards pleurant dans les parcs !
Moloch ! Moloch ! Cauchemar de Moloch ! Moloch le sansamour ! Moloch mental ! Moloch le sévère juge des hommes !
Allen Ginsberg, « Howl », II, 1956 [25]
Le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (« Transatlantic Trade and Investment Partnership ») mériterait plus d’attention qu’on ne lui accorde, et pour cause. D’abord, les négociations entre l'Union européenne et les États-Unis ne sont ni plus ni moins que secrètes et ce qui en filtre demande un travail de traduction qui n’est pas à la portée du non spécialiste. Lorsque les médias à l’ordre interrompent brièvement leur silence à son propos, ils se font un devoir de reprendre le mantra néolibéral. Aucun (…)
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