auteur Jacques-Marie BOURGET

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Rima Hassan face à des hyènes à plumes et caméras : un suicide de la presse

Jacques-Marie BOURGET

Pendant un temps, seul à bord de mon petit pédalo perdu sur la mer d’encre, j’ai tenté de convaincre la défunte profession de journaliste que leur nouvelle mode, celle de mettre dans un même panier la Justice et la Police -pour faire naître un monstrueux service commun « Police-Justice »-, était un mauvais signe. Marier une déesse aveugle avec des lanceurs de LBD chargés d’arracher les yeux, n’était pas une bonne idée.

Mais c’est ainsi. Les arpenteurs de palais de justice et les autres confrères, qui usent leurs rangers dans les commissariats, portent donc le même maillot. Celui d’une équipe qui vous tricote une vérité unique sortie d’un même tuyau. Ainsi, au ciel, les juges Renaud et Pierre Michel peuvent danser la lambada avec Maurice Papon. Ce qui colle à l’air du temps. Cet accouplement du rhinocéros et de Thémis vient de nous servir, bien frais, un scandale exemplaire une accusation unanime. Ne voilà-t-il pas que les tandémistes « justiciers-policiers », ont accusé la députée européenne Rima Hassan de se droguer. Pour la dix neuvième fois, mais toujours vierge de toute condamnation, elle est convoquée dans un commissariat pour y répondre « d’apologie du terrorisme ». On imagine immédiatement qu’ayant fait les louanges de Netanyahou, gibier de potence de la Cour Pénale Internationale, elle doit rendre des comptes à l’humanité. Mais je me trompe de fiche. C’est pour avoir repris une réplique (…)

Quand Benjamin Duhamel et France Inter nient le massacre de Sabra et Chatila.

Jacques-Marie BOURGET

Le 16 septembre 1982, après avoir la planifié l'éradication des Palestiniens des camps de Beyrouth, les Israéliens passent à l'acte et lancent leurs mercenaires Phalangistes dans leur oeuvre d'extermination. Le massacre qui va faire disparaitre 4 000 vies, pour l'essentiel des femmes et des enfants a été reconnu acte de génocide par l'ONU. Aujourd'hui alors que l'histoire ne laisse aucun doute sur la volonté exterminatrice d'Israël, des propagandistes comme Benjamin Duhamel ou Natacha Polony nient ce rôle de l'état hébreux.

Benjamin Duhamel est comme une machine à sous qui sortirait le jack pot à tous les coups. Ayez le courage de l’écouter quelques minutes et voilà une sottise qui tombe, un mensonge qui sort, comme les euros du ventre d’un bandit manchot. Duhamel ne déçoit jamais les amateurs d’Histoire et de vérité. Il les enrage. Sa constance dans la certitude erronée est son label, comme il en existe pour la volaille ou le fromage. En plus, formidable, le robot ment avec la force d’une certitude absolue : Duhamel dit toujours le vrai, il l’oblitère. Un exemple qui m’indigne. Mardi matin 24 mars sur France Inter, en uniforme de cachemire beige, le bambin reçoit David Guiraud, député Insoumis et nouveau maire de Roubaix. Chez les Duhamel on aime si peu les insoumis que la mère du petit journaliste, Nathalie Saint Cricq, s’est fait un jour pincer à l’antenne en brandissant une feuille de papier donnant l’ordre de flinguer Mélenchon. Cette haine est peut être un maladie génétique ? Face à Guiraud, (…)

Huit ans avant leur rencontre les téléphones de Caroline Lang étaient inscrits dans le carnet d’Epstein.

Jacques-Marie BOURGET
C’est juré craché sur la Roche de Solutré : Jack Lang et sa fille Caroline n’ont rencontré Jeffrey Epstein qu’en 2012. C’est ce que répète en crédo l’ancien ministre de la Culture et de l’Education Nationale dans sa célèbre langue de Blois. Pour être précis il ajoute que si cette rencontre a eu lieu, lors d’un repas partagé au domicile de l’agent pédocriminel 22 avenue Foch, c’est pour répondre à une invitation lancée par Woody Allen. Pourquoi pas, le cinéma avant toute chose. Notons que l’examen des mails et SMS de Caroline Lang, ceux échangés avec Epstein ou ses secrétaires, nous indiquent que ce dîner n’a pu avoir lieu qu’entre le premier janvier et ... avril. En effet, les documents produits par la Justice des États-Unis nous informent que le 23 avril 2012, Caroline Lang et Epstein se connaissaient déjà. Ce mois précis une « assistant » du criminel annonce à « Caroline » que le maître va débarquer à Paris, et qu’il souhaite la rencontrer, d’abord le 12 mai, puis « le date » est (…)

Quand France 2 et "Complément d’Enquête" flinguent l’Algérie.

Jacques-Marie BOURGET

Cogner sur l'Algérie et les musulmans est le mot d'ordre qui mobilise la grande Nation Française qui rêve d'une police semblable à ICE, celle qui fonctionne si bien aux Etats-Unis. Contre Alger pas de nuance et ne jamais retenir ses coups. L'émission Complément d'Enquête a suivi cet ordre qui flotte dans l'air du temps. Et ce n'est pas mettre à l'honneur du service public, si indépendant.

Comme ce soir là il n’y avait ni foot ni film pour moi appétissants à la télévision, j’ai décidé de regarder, en décalé, le « Complément d’Enquête » consacrée par France 2 aux relations entre la France et l’Algérie, sous le titre « Rumeurs et coups tordus ». J’ai eu raison car c’était passionnant. Passionnant pour celui qui s’intéresse au journalisme, à ses règles, et aux références de la profession qui sont contenues dans « La Charte de Munich ». Ici j’ai sous les yeux deux des dix articles de la Charte en question, le 8 et le 9. Ils définissent la frontière entre le « journalisme » et la « communication ». En appuyant son reportage sur les propos de l’ambassadeur de France à Alger, aujourd’hui replié à Paris, « Complément d’Enquête » a ouvertement claironné la propagande de l’Elysée. Le diplomate questionné n’étant qu’un porte parole façon perroquet. Martelant que le Sahara Occidental était bien une terre marocaine . Le journalisme ne doit pourtant, nous dit la « Charte », se (…)

Le Macron kaki, un homme de guère

Jacques-Marie BOURGET

En écoutant les propos ahurissants d'Emmanuel Macron, lors de ses voeux adressés aux Armées, on tremble. Impossible de se coucher sans avoir regardé si un agent de Poutine ou Poutine lui-même n'est pas caché sous votre lit prêt à vous égorger. Il est surprenant que ce délire présidentiel n'ait pas provoqué des hurlements de protestation, non seulement de la part des "pacifistes", mais simplement de citoyens non encore touchés par cette contagion guerrière.

« La première victime de la guerre c’est la vérité ». C’est très pédant de citer Eschyle -le tragédien grec vieux de cinq siècles avant notre ère- en commençant cet article dont l’objet est de parler de l’air du temps. Mais aucune plume n’a écrit mieux depuis. Et si j’évoque le son des canons, alors que vous l’ignorez peut-être, c’est que nous sommes en guerre. C’est ce que j’ai cru comprendre en écoutant Emmanuel Macron présenter ses vœux à l’Armée française. Dans les accents du président j’ai entendu une mélodie de la trompette de Déroulède, ce forcené du XIXe siècle, prêt à déclencher une bataille par jour et à envoyer tous les hommes mourir au front, sauf lui. Donc Macron veut, très vite, plus de chars, d’avions de canons de drones et autres ferrailles mortelles parce que, a-t-il répété, la guerre n’attend pas : elle marche déjà aux pas de nos portes. D’ailleurs le président anticipe, montre l’exemple en expédiant 15 chasseurs alpins tricolores occuper les défenses d’un (…)