auteur Fabien PERRIER

Grèce : La révolte des affamés d’Amindeo

Fabien PERRIER

«  Esclavage  », «  Moyen Âge  », «  faim  »… ainsi parlent ces Grecs, ouvriers sur le chantier minier à Amindeo, en grève à 90 % depuis début septembre. Écoutez l’exploitation à laquelle ils sont contraints dans un pays où le chômage frappe 30 % de la population...

Les intervenants à la tribune n’en crurent d’abord pas leurs yeux. D’un coup, 400 gueules noires des temps modernes sont rentrées, fin septembre, dans la salle du centre culturel d’Amindeo, au nord de la Grèce, en plein débat sur l’économie grecque. De la modernité, eux n’ont rien. Des turpitudes des politiques économiques, ils vivent tout. Ils ont décidé de se mettre en grève et de le faire savoir. De dénoncer l’esclavage qu’ils subissent au quotidien sur le site d’Aghi Anargyri 9. Là, des mines à ciel ouvert s’étendent à perte de vue, plaies béantes dans un paysage bouleversé par l’extraction de lignite, dominées par deux centrales électriques, richesses de la région. Ce qu’ils disent résonne comme un coup de grisou : « On a faim ! », « C’est une honte, les salaires que vous versez ! On ne peut même pas se payer le minimum vital : le pain, l’eau, l’électricité »… Dans la salle, le parterre regroupant les notables régionaux – le gouverneur, le vice-gouverneur, leurs (…)

"Die Linke est la seule opposition en Allemagne, la seule contre tous"

Fabien PERRIER

Entretien avec Gregor Gysi.

Lorsqu’il apparaît à la tribune, dans les meetings, Gregor Gysi réveille les foules : il a son franc-parler. Lui qui a fondé le PDS, qui succéda au parti au pouvoir en RDA, puis contribué à le transformer en Die Linke en réunifiant divers partis de la mouvance communiste et mouvements de gauche, mène la campagne pour les législatives. Il analyse pour nous celle de ces législatives outre-Rhin.

HD. vous avez affirmé que Die linke est le seul parti engagé pour la réunification allemande. N’est-elle donc pas achevée, 24 ans après la chute du mur ? GREGOR GYSI. J’ai dit, exactement, que nous sommes « entre-temps » le seul parti de l’unité allemande. Comme nous n’y étions pas favorables au début, je tiens à cette précision ; il ne faut pas réécrire l’histoire. Tous les autres partis ne font rien pour qu’en-fin, entre l’Est et l’Ouest, à travail égal, le salaire soit égal ; rien non plus pour que les retraites permettent d’avoir le même niveau de vie à l’Est et à l’Ouest. Je dis donc cela pour provoquer un peu les autres partis, pour qu’ils évoluent un peu dans cette direction. HD. vous avez placé au coeur de votre campagne, l’introduction d’un salaire minimum, la lutte contre la pauvreté, la retraite à 65 ans au plus... Ces thèmes valent-ils uniquement pour l’ex-RDA ? G. G. Pas du tout ! Ils valent bien évidemment pour l’Allemagne dans son ensemble. Nous voulons (…)