auteur Louise FESSARD

Mort d’Ali Ziri : le crime restera-t-il impuni ?

Louise FESSARD

La justice française mène une guerre d’usure dans l’enquête sur la mort d’Ali Ziri, 69 ans, décédé par asphyxie le 11 juin 2009, deux jours après son interpellation par la police à Argenteuil. La cour d’appel de Rennes vient de confirmer ce 12 décembre 2014 le non-lieu prononcé le 15 octobre 2012 par un juge d’instruction.

La justice française semble déployer une énorme énergie à empêcher toute enquête sérieuse sur la mort d’Ali Ziri, 69 ans. Ce retraité algérien était décédé par asphyxie le 11 juin 2009, deux jours après son interpellation par la police à Argenteuil. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes vient de confirmer le non-lieu prononcé le 15 octobre 2012 par un juge d’instruction. « La chambre de l’instruction a considéré, contre l’avis du parquet général de Rennes, qu’il n’y avait pas lieu à procéder aux actes complémentaires d’instruction (notamment une reconstitution) demandés par l’un des avocats des parties civiles », indique le procureur général dans un communiqué daté du 12 décembre 2014. Ces demandes étaient pourtant élémentaires : la famille voulait une reconstitution, ainsi que l’accès aux bandes de vidéosurveillance montrant l’arrivée d’Ali Ziri au commissariat. Les proches d’Ali Ziri avaient attaqué le premier non-lieu du juge d’instruction devant la cour (…)

L’inamovible infirmerie psy de la préfecture de police de Paris

Louise FESSARD

À Paris, quelque 2 000 personnes passent chaque année par l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, un lieu unique en France. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a demandé sa fermeture, mais la préfecture de police fait de la résistance et veut se contenter de menues réformes.

À Paris, la préfecture de police dispose de son infirmerie psychiatrique, une structure unique en France, financée par le ministère de l’intérieur. Dotée d’un budget de 3,8 millions d’euros, cette survivance du XIXe siècle fait depuis des années hurler les défenseurs des libertés. Mais l'infirmerie psychiatrique (IPPP ou I3P) a jusqu’ici résisté à toutes les tentatives de rattachement au droit commun. À l’automne 2012, un rapport remis à Bertrand Delanoë, le maire (PS) de Paris – et que Mediapart a pu consulter – a pointé le « manque d’impartialité objective dû aux liens qui unissent administrativement l’IPPP et la préfecture de police ». Et conclut que seule la fermeture de l’infirmerie pourrait mettre fin à cette fâcheuse confusion des genres. Mais le préfet de police de Paris, Bernard Boucault, s’accroche à son infirmerie psychiatrique et n’a concédé que quelques réformes à la marge. C’est un bâtiment gris de la préfecture de police, accolé à l’hôpital Sainte-Anne dans le XIVe (…)