auteur Guillaume SUING
31 juillet 2026
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Transhumanisme, androïdes et lutte de classe
Guillaume SUING
Avec la promotion du transhumanisme, les êtres bioniques seraient-ils considérés comme des sujets politiques dotés de droits et d’une capacité de décision au même titre que les travailleurs 100% humains ? Tout le monde pourrait-il avoir accès à des “améliorations” technologiques, dont la qualité varierait en fonction de la classe sociale ?
Quel sera le rôle des syndicats d’ici 20 ans ? Vont-ils disparaître avec l’automatisation de masse et l’IA ? A défaut, quel serait l’impact de leur disparition dans ce contexte ?
Je suis toujours tenté de voir, dans les questions sur notre avenir lointain, les symptômes d’une crise en réalité très actuelle. La réduction massive des classes ouvrières sensu stricto dans les pays impérialistes, à mesure qu’ils externalisent leur production industrielle d’une part, et que le développement technologique bondit d’autre part, donne l’impression qu’elles disparaîtront un jour complètement, réfutant le coeur de la théorie marxiste.
L’évolution ou (…)
IA : Apocalypse ou fin de la préhistoire ?
Guillaume SUING
C’est LE sujet du moment, celui de toutes les angoisses, de tous les vertiges dystopiques. Beaucoup penseront d’ailleurs, pourquoi pas, que ce texte est signé ChatGPT. Appel à toutes les intelligences “naturelles” donc, pour s’en assurer ou s’en dissuader...
Nous sommes dans l’oeil d’une crise existentielle cyclonique, bien plus forte que celle de nos aïeuls luddites[1], puisque l’intelligence artificielle (IA) va s’imposer à la quasi-totalité du salariat, et plus seulement, comme c’est déjà le cas, à la seule classe ouvrière, par une automatisation exponentielle de la force de travail.
Crise économique oblige, doublée d’une crise morale, démultipliée par une crise climatique : Tout concourt à rejeter cette révolution technologique, noyés que nous sommes dans des questions de tous ordres sur l’avenir. C’est pourtant l’unanimité du rejet qui devrait nous interroger, par delà les diversions d’une peur du progrès consubstantielle à notre histoire humaine. Au niveau (…)
Pour un Frexit décolonial ?
Guillaume SUING
On s'attend sans doute, pour une critique "marxiste orthodoxe" (c'est un peu mon identité à moi) du livre Beaufs et barbares, le pari du nous (Houria Bouteldja, Editions La Fabrique, 2023), au ton paternaliste et suffisant qu'on prête (souvent à raison) aux communistes "blancs". Il n'en est rien, en tout cas je l'espère, et je veux tout de suite étayer cette précaution
Beaufs et barbares est incontestablement une approche "de classe", donc parfaitement halal pour "l'islamogauchiste" que je suis. Identifier des trahisons de classe, des coalitions transclasses, des constructions raciales issues d'une histoire de classe, c'est encore ce qu'on appelle une approche de classe. La proposition s'appuie, notamment, sur une critique matérialiste du PCF et de la CGT à laquelle je souscris, diagnostic préopératoire que tout révolutionnaire sincère se doit d'intégrer pour l'avenir. Elle conclut, entre autres, sur l'objectif d'un "Frexit" salutaire à la classe, "beaufs" comme "barbares". (…)
3 août 2025
Critique de la critique critique du guesdisme
Guillaume SUING
Réponse aux objections de Gilles Questiaux (blog Réveil communiste) dans son article "Une tentative marxiste de déconstruire la déconstruction du marxisme"
Un débat qui travaille le mouvement communiste français sur ce que d’aucuns appellent avec mépris le « wokisme » prend de l’importance ces dernières années, dans le contexte de la fascisation accélérée qui accompagne la crise capitaliste en Occident. Mon dernier article critiquait la tendance d’une partie de ce mouvement, que je qualifie de « guesdiste », à se démarquer systématiquement des questions « sociétales » (qu’on oppose mécaniquement aux questions « sociales ») pour mimer le purisme d’une lecture « orthodoxe » du marxisme, autrement dit une forme tellement immuable et exégétique qu’elle devient incapable de lutter dynamiquement contre les déviations révisionnistes actuelles (essentiellement post-modernes pour résumer).
Guesde n’est certes pas Doriot. Mais d’une certaine façon, par son « ouvriérisme étroit » et son chauvinisme, il y conduit. Nous y reviendrons.
Les questions qui font polémique -féministe, anticoloniale, antiraciste, écologique par exemple- toutes « (…)
2 juin 2025
Remettre l’intersectionnalité sur ses pieds
Guillaume SUING
Réinstaller le matérialisme dans les luttes actuelles
L’intersectionnalité est un courant de la gauche étasunienne (puis de la gauche occidentale) qui considère, à raison, qu’il faut lutter contre toutes les formes de discrimination sans les opposer les unes aux autres, en les intégrant, au contraire, dans une lutte globale à vocation anticapitaliste. Depuis plusieurs décennies, ce courant est devenu dominant, en concurrence ou en association avec un marxisme considéré comme partiellement obsolète ou révisable.
Face à la radicalisation préfasciste du centre impérialiste en crise, ses activistes ont obtenu depuis quelques années des conquêtes sur le plan idéologique. Il faut reconnaître par exemple une avancée majeure de l’antiracisme politique pour armer l’actuelle lutte contre l’islamophobie (en France), naguère rejetée par toute la gauche (y compris communiste, jusqu’à un certain point [1]) au nom d’un principe universaliste décrétant l’unité a priori de la classe contre toute “section” la composant.
Partant du constat que (…)




